Les nouveaux arrivants sont confrontés à un choix impossible : Qui encourager lors de la Coupe du monde?

Quinze personnes applaudissant, portant les couleurs de différentes équipes de soccer, ils forment deux rangées, et une femme est allongée sur le sol devant eux.

Les membres du personnel du Musée portent leurs couleurs pour soutenir les équipes du monde entier.

Le soccer est le sport le plus populaire au monde. Alors que le jeu prend de l’ampleur au Canada et des récents succès de l’équipe nationale, nous avons demandé à quatre personnes qui elles soutiennent et pourquoi.

Saïd (Maroc)

Saïd est gestionnaire adjoint de l’apprentissage au Musée. Il est arrivé au Canada il y a trois ans. 

Saïd, à son bureau, avec une photo de l’équipe nationale marocaine de soccer sur son écran.

Avec l’aimable autorisation de Saïd Allibou.

“« Je soutiens le Canada à coup sûr, 100 %. L’équipe canadienne de soccer joue bien ces jours-ci. Depuis qu’ils ont participé à la Coupe du monde du Qatar, c’est incroyable de les voir grandir. Ils ont de jeunes joueurs. Je peux facilement me reconnaître dans l’équipe, car la plupart d’entre eux ont des racines africaines. Et ils jouaient du soccer enthousiaste comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. L’une des équipes qu’ils ont affrontées était celle du Maroc, mon équipe d’origine. Le Maroc les a battus. C’était aussi une question d’expérience — certains joueurs en étaient à leur deuxième ou troisième participation. Et le Maroc s’est rendu en demi-finale. »

« Au Canada, la fièvre qui entoure le soccer n’est pas la même que dans d’autres pays. Au Maroc, c’est comme une deuxième religion. Toute la fin de semaine, tous les cafés sont pleins et tout le monde regarde partie après partie après partie après partie. »

« Dans mon cœur, je me sens Canadien. Je les encourage, j’encourage le Maroc, j’encourage le Brésil et l’Espagne aussi. En prenant de la maturité, on encourage l’équipe locale, mais aussi du bon sport et l’esprit sportif. Et le soccer, ce n’est pas seulement une question de victoire, il s’agit aussi de joueurs, qui donnent tout ce qu’ils ont pour leur pays. »

Nathaline, vêtue d’un maillot de soccer de la Colombie, pose sur une promenade.

Avec l’aimable autorisation de Nathaline Piedrahita-Budiman.

Nathaline (mère de Colombie)

Nathaline est coordonnatrice des communications et médias sociaux au Musée. Elle est née à Toronto. 

« La Colombie. Le Canada est probablement ma deuxième équipe.

« On se réunissait pour regarder les parties de la Colombie. Chaque fois qu’arrivait la Coupe du monde, nous devenions très excités. Il y a une partie? Barbecue. C’est l’heure de regarder la partie? Tout le monde était enfermé dès que la présentation télé commençait. Ça fait partie de mes meilleurs souvenirs d’enfance. Le rassemblement. »

« Plus vous soutenez d’équipes, plus vous avez de chances de gagner. L’un de mes oncles est chilien. Et nous regardions toujours les parties du Chili. Et l’un de mes autres oncles venait d’Uruguay. Nous les encouragions donc aussi, nous trouvions des moyens de nous rapprocher et de célébrer les autres pays qui faisaient partie de nos réseaux, de nos familles, pour que la fête continue, pour continuer à trouver des occasions de nous réunir. »

John (Angleterre)

John est le gestionnaire des ressources humaines du Musée. Lui et sa femme vivent au Canada depuis 25 ans.

« Je ne porterai jamais les couleurs de l’Angleterre. Jamais, au grand jamais. Je pourrais porter un maillot du Canada si j’en avais un. »

« Je suis originaire du nord-ouest de l’Angleterre, de la région de Liverpool. De nombreux habitants de Liverpool ne se considèrent pas comme Anglais. Ils sont Scouse. »

« Si l’Angleterre devait jouer contre le Canada à la Coupe du monde cet été, je pencherais probablement pour le Canada en raison de cette relation d’amour-haine liée à Margaret Thatcher — et il y a une longue histoire. Liverpool est, typiquement, une ville très de gauche et socialiste. Bien sûr, Margaret Thatcher était tout le contraire. À sa mort, il y a eu des fêtes à Liverpool. C’est dire que le sentiment était fort. Des fêtes de rue. Très étrange. »

« S’il s’agissait d’une finale de Coupe du monde et que nous jouions contre le Canada? Je pencherais probablement pour le Canada. Ça n’arrivera jamais, de toute façon. Aucune des deux équipes ne se rendra en finale. »

Alejandro (Argentine)

Alejandro est enseignant à Halifax et vit au Canada depuis 25 ans.

Un homme applaudit devant une télévision montrant l’équipe de football argentine championne du monde en 2022.

Alejandro célèbre la victoire de l’Argentine à la Coupe du monde 2022. Avec l’aimable autorisation d’Alejandro Cohen.

Alejandro est enseignant à Halifax et vit au Canada depuis 25 ans.

« Je prendrais toujours pour l’Argentine. En tant qu’immigrant, cette nouvelle expérience se crée où, oh, attendez une seconde, j’appartiens à deux pays, l’un où je suis né, par hasard, et l’autre où je vis actuellement. J’ai fait près de 50 % [de ma vie] au Canada. Si l’Argentine jouait contre le Canada, j’encouragerais l’Argentine, ce serait ma première réaction. Si l’Argentine était éliminée [du tournoi], aucun doute que je ferais du Canada ma deuxième équipe. »

« En Argentine, le soccer est comme le hockey pour les Canadiens et les Canadiennes. C’est plus qu’un simple sport.
C’est probablement, à tous égards, plus proche d’une religion. Les Argentins sont très, très passionnés de soccer. »

« Lorsque nous regardons une partie, nous sommes peut-être 20 ou 30 personnes. Chaque centimètre carré est occupé par une chaise, une personne ou un coussin au sol. Nos enfants invitent souvent des amis. Ils veulent que leurs amis participent à cet événement social. »

« [Dans le cas improbable où le Canada battrait l’Argentine], je serais triste. Mais je verrais le bon côté des choses : ce serait bien pire de perdre contre le Brésil. »

Le beau jeu

Le soccer, souvent appelé « le beau jeu », peut rapprocher les gens, relier les nouveaux arrivants à leur pays d’origine et approfondir des liens avec un nouveau pays.

La Coupe du monde de cette année verra-t-elle un plus grand nombre de personnes porter fièrement le rouge et le blanc? Le Canada se qualifiera-t-il pour les séries éliminatoires? Offrira-t-il une surprise de taille face à une superpuissance du soccer?

Les semaines à venir nous le diront.

Si vous souhaitez entendre d’autres histoires sur la façon dont le sport unit les gens et bâtit des communautés, écoutez la saison 7 du balado du Musée, D’innombrables voyages.