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Voix d’immigrants : Diverses réactions à la traversée transatlantique de l’Europe aux rivages du Canada

Entre 1928 et 1971, le Quai 21 était un hangar d’immigration en activité. Plus d’un million d’immigrants, de réfugiés, d’épouses de guerre et d’enfants déplacés ont franchi ses salles avant de s’établir un peu partout au pays pour entreprendre leur nouvelle vie au Canada. À leur arrivée à Halifax et durant les années subséquentes, plusieurs personnes nous ont transmis leur histoire d’immigration et ces histoires constituent aujourd’hui une partie importante du patrimoine du Musée. Au Musée, notre Collection d’histoires est l’un de nos plus précieux atouts. Cette collection comprend surtout des récits de ce que cela représentait de venir au Canada, y compris : la traversée en bateau, les premières impressions du Quai 21 et d’Halifax et la traversée du pays en train. Ci-après, je partagerai certains de ces récits afin d’attirer l’attention sur une partie de notre collection accessible en ligne.

Cette expérience de quitter l’Europe et de traverser l’Atlantique vers l’Amérique du Nord a suscité une multitude de réactions diverses de la part de personnes et de familles désireuses de recommencer leur vie au Canada. Par exemple, le 14 février 1948, l’orpheline de guerre juive Celina Lieberman à bord du General S.D. Sturgiss, débarquait au Quai 21. Fuyant la dévastation résultant de cinq années de guerre en Europe, Mme Lieberman se rappelait que « pour ceux d’entre nous qui avaient enduré tant de choses durant la guerre, traverser l’océan n’était pas une si grande aventure, notre plus grande aventure ayant été de survivre ». Selon elle, le voyage transocéanique n’était qu’une question de nécessité ou encore « quelque chose que nous devions faire » [1]

Réfugié letton, Ernests Kraulis notait que l’océan était demeuré calme et qu’il avait apprécié la compagnie des dauphins qui escortaient son navire, le Capry, en août 1948. Mais plus tard durant la traversée, le temps changea, amenant des vagues « hautes comme des édifices de deux étages… ». Kraulis redoutait aussi que la tempête sur l’Atlantique puisse éventuellement « avaler notre navire et tout ce qui se trouvait à bord ».[2]

Bien que certaines personnes aient considéré leur traversée de l’Atlantique comme une expérience positive, d’autres voyaient les choses différemment. L’immigrante hollandaise Hendrika Los fit la traversée à bord du Beaverbrae, arrivant à Halifax le 24 février 1950. Elle mentionne que : « Le navire n’était pas un luxueux paquebot et ce n’était pas une croisière de lune de miel pour Jake et moi. Ce fut un grand désappointement. Il n’y avait rien à faire à bord. Mais ce qui était le plus désespérant, c’étaient les arrangements pour dormir. Jake et moi dormions dans des quartiers séparés. Jake dormait à l’avant du navire et moi au milieu. Je dormais dans un vaste dortoir avec environ 90 autres femmes et enfants. Tu parles d’une lune de miel! »[3]

Emilio Poggi et sa famille entreprirent d’immigrer de Gênes, en Italie, où ils habitaient. Un mauvais coup du sort fit que le navire qui devait les amener au Canada, l’Andrea Doria, fit naufrage à l’été de 1956. Conséquemment, la famille fut obligée de partir de Naples à bord du Saturnia. Poggi raconte que « le départ s’avéra l’une des expériences les plus affreuses et les plus désorganisées que nous ayons jamais dû subir. On aurait vraiment dit qu’ils embarquaient des animaux et non des passagers qui avaient payé le plein prix pour le voyage. » La famille Poggi arriva enfin au Quai 21 le jour de Noël 1956.[4]

Durant sa dernière année d’activité comme hangar d’immigration, le Quai 21 fut témoin d’une diminution du nombre de nouveaux venus arrivant au Canada par bateau. L’immigrant anglais Peter Matthews arriva au Canada à bord de la dernière traversée transatlantique du Nieuw Amsterdam, des lignes Holland America. Matthews remarqua que le navire offrait un bon service et son fils, en particulier, considérait la piscine du navire comme « l’expérience ultime en matière de bain ».[5]

Bien que la traversée de l’Atlantique pour bien des immigrants, réfugiés et orphelins de guerre ait varié, plusieurs d’entre eux se souviennent de leur arrivée comme d’une rencontre positive avec les officiers des douanes et les agences de service bénévole, y compris l’Armée du Salut et les Sœurs de service. Durant les prochains mois, je souhaite mettre davantage en lumière l’expérience des nouveaux venus au Canada alors qu’ils arrivaient au Quai 21 puis s’établissaient de façon permanente dans tout le Canada.

Vous pouvez trouver actuellement sur notre site Web notre Collection d’histoires qui se divise en 10 catégories : Les enfants déplacés britanniques, Les enfants orphelins britanniques, Les enfants immigrants, Les personnes déplacées et les réfugiés, Les réfugiés de la Révolution hongroise, Les immigrants, Les orphelins de guerre juifs, Les membres du personnel et les bénévoles du Musée, Les anciens combattants et Les épouses de guerre.

Parcourez la Collection d’histoires en ligne à l’adresse http://www.quai21.ca/histoires/recherche (Les histoires sont disponibles dans la langue où elles ont été transmises).

Restez en ligne !


  1. Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (ci-après MCIQ21), Collection d’histoires, Orphelins de guerre juifs, Celina Lieberman, le 14 février 1948.
  2. MCIQ21, Collection d’histoires, Personnes déplacées et réfugiés, Ernests Kraulis, le 20 août 1948.
  3. MCIQ21, Collection d’histoires, Immigrants, Hendrika Los, le 24 février 1950.
  4. MCIQ21, Collection d’histoires, Immigrants, Emilio Poggi, le 25 décembre 1956.
  5. MCIQ21, Collection d’histoires, Immigrants, Peter Matthews, le 21 juin 1971.