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L’immigration d’après-guerre au Quai 21

Le jour de la Victoire en Europe le 8 mai 1945 marquait non seulement le début du retour au bercail pour les militaires canadiens, mais aussi une nouvelle période d’immigration pour le Canada. Pendant la guerre, l’immigration avait presque complètement cessé. La situation d’après-guerre a certainement renversé cette tendance. Des arrivants de partout en Europe ont alors commencé à se côtoyer au Quai 21, qui est devenu le port d’entrée océanique le plus achalandé du pays. Les circonstances des immigrants variaient énormément d’une personne à l’autre. Certaines étaient des épouses de guerre qui venaient rejoindre leurs maris, des soldats canadiens, d’autres étaient des personnes déplacées et réfugiés politiques échappant à la destruction de leurs demeures, environnements et sécurité, alors que d’autres encore cherchaient tout simplement une terre d’opportunité.

Épouses de guerre

Même avant la fin de la guerre, les femmes qu’on appelait « épouses de guerre » et qui avaient marié des soldats canadiens à l’étranger ont commencé à arriver au Canada. Ces 44 000 femmes et leurs 21 000 enfants étaient presque toutes britanniques; les autres provenaient de plusieurs autres pays européens. Elles sont presque toutes arrivées par le Quai 21.

« On a vérifié mes derniers documents et Orwell, qui n’en pouvait plus d’attendre, a sauté les barrières pour me prendre dans ses bras et me faire le meilleur câlin de tous les temps. J’en ai perdu mon chapeau, j’en ai échappé mon sac à main, et son contenu s’est éparpillé partout sur le plancher... »
—Myra D. Ennis, arrivée d’Écosse, 1946. [S2012.2164.1]

Un homme et une femme en uniformes militaires, bras dessus, bras dessous, sur une route de terre.

« Prise pendant le service avec la WAAF (Women’s Auxiliary Air Force), lorsque j’ai rencontré mon mari pour la première fois.

Crédit : Photographie d’Ethel Violet et William Keogh, février 1942 Musée canadien de l’immigration du Quai 21[ZDI2016.156.1]

Personnes déplacées et réfugiés

En 1947, le Canada a commencé à accepter les personnes déplacées et les réfugiés en provenance d’une Europe déchirée par la guerre. Jusqu’en 1952, presque 200 000 personnes sont entrées au Canada avec la vague des personnes déplacées. Le boum économique canadien avait créé un manque de main-d’œuvre, alors bon nombre d’entre eux sont arrivés comme travailleurs. D’autres avaient été parrainés, mais certains entraient même sans parrainage assuré, sans papiers de voyage ou sans papiers d’identité. Un grand nombre de personnes déplacées arrivées au Quai 21 venaient de la France, de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne. Les réfugiés politiques, eux, venaient généralement de l’ancienne Tchécoslovaquie, de l’Union soviétique, de la Yougoslavie, de la Pologne ou de la Hongrie.

« Ces gens n’avaient presque pas d’objets de valeur; leurs quelques effets personnels étaient transportés dans des sacs de toutes sortes et quelques valises en carton abîmées. Ils venaient d’horizons très variés : agriculture, métiers industriels, marchandisage et, dans bien des cas, de milieux professionnels. Les ravages de la guerre avaient emporté leurs maisons, leurs moyens de subsistance et, dans de trop nombreux cas, leurs proches. »
—Arthur J. Vaughan, douanier au Quai 21, 1945 à 1965. [S2012.808.1]

Un formulaire jaune couvert de texte dactylographié et d’étampes, avec deux photos de jeunes femmes.

Certificat d’identité délivré aux réfugiés lettons Veita et Ingeborga Saulite, 1950.

Crédit : Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [DI2014.460.5]

Immigrants européens d’après-guerre

Beaucoup d’immigrants au Canada dans la période d’après-guerre sont arrivés tout simplement pour trouver de meilleures opportunités. Ils venaient de partout en Europe, la majorité du Royaume-Uni, de l’Italie, de l’Allemagne de l’Ouest, des Pays-Bas et de la Pologne. Ils se sont installés à travers tout le pays, à la fois dans les régions urbaines et rurales. Surtout en raison du boum économique d’après-guerre, ces nouveaux arrivants ont trouvé des emplois en agriculture, en fabrication, en construction.

“…« En 1952, mon père a reçu une lettre d’un de ses amis, lui aussi originaire de Steenwijk, aux Pays-Bas... Il vantait les mérites du Canada, cette terre d’opportunité pour tous ceux qui faisaient preuve d’ambition et de persévérance. Mon père était certain que le Canada était parfait pour lui. Ma mère, elle, n’en était pas convaincue...”
—Albert deVos, arrivé des Pays-Bas, 1953. [S2012.1881.1]

Un homme sur une charrue tirée par deux chevaux dans un grand champ de verdure.

La famille Timmerman au travail dans la ferme de betteraves à sucre de la famille Dorner, à Tupperville, en Ontario, vers 1952.

Crédit : Musée canadien de l’immigration du Quai 21. [DI2013.1529.2]