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Une petite coïncidence

Aventures généalogiques au Centre d’histoire familiale Banque Scotia

Le 13 mars 2012, j'ai reçu un courriel de Bonnie Pollock de la Nouvelle-Écosse qui voulait en savoir plus au sujet de son arrière-arrière-grand-père, George. Celui-ci avait quitté l'Irlande pour le Canada peu avant 1837 et s'était établi à Prospect, en Nouvelle-Écosse. Il n'existe toutefois aucune trace de son arrivée parce que le Canada n'a commencé à tenir des registres sur les arrivées d'immigrants qu'à partir de 1865. Les manifestes datant de cette époque sont rares, peu d'entre eux ayant survécu au temps. Sachant qu'il allait m'être impossible de savoir à bord de quel navire il était venu au pays, j'ai décidé de concentrer mes recherches sur l'endroit précis d'où pouvait venir la famille Little en Irlande. J'ai commencé par faire quelques premières recherches généalogiques sur George Little et sa famille en Nouvelle-Écosse, ce qui m'a permis de trouver avec qui il s'était marié et qui avaient été ses enfants. J'ai découvert que George a épousé Mary Coolin et qu'ils ont eu les enfants suivants : James (né en 1840), Thomas (né en 1841), John (né en 1844), Peter (né en 1847), Ann (née en 1848), Margaret (née en 1854), George (né en 1856) et Mary (née en 1858).

Le 28 mars 2012, j'ai reçu un courriel de Patricia Desjardins-Galley du Québec, qui voulait en savoir plus sur sa grand-mère, Mary Ann McGivern. Le père de Patricia lui avait dit que Mary Ann était née en Nouvelle-Écosse; elle voulait vérifier cela et désirait en savoir davantage au sujet de son rattachement à la province. Le premier document que j'ai trouvé m'a informée du mariage de la grand-mère de Patricia au Québec en 1903 avec George Galley. Ce document comportait le nom de ses parents : Thomas McGivern et Ann Little. J'ai ensuite consulté les recensements canadiens pour y trouver Mary Ann et son mari George dans celui de 1911, établissant donc que Mary Ann était née en Nouvelle-Écosse. En retournant consulter les recensements canadiens, j'ai découvert qu'elle vivait avec ses parents au Québec en 1901 et en 1891 et à Halifax en 1881. On y disait que le père de Mary Ann, Thomas McGivern, était né en Irlande, mais que sa mère, Ann (née Little), était née en Nouvelle-Écosse. C'est alors que je me suis dit : « Un autre “Little” de la Nouvelle-Écosse ? Comme c'est étrange ! Et ce n'est pas un nom très commun par ici. » Mary Ann avait deux frères plus âgés, Michael et George, tous deux nés aux États-Unis. J'ai été intriguée !

J'ai alors concentré mes recherches sur la mère de Mary Ann, Ann McGivern (née Little), puisque Patricia voulait en savoir plus sur sa famille en Nouvelle-Écosse. Dans les documents de recensement, la date de naissance d'Ann était toujours enregistrée comme étant en août 1848. Comme par hasard, il y avait une Ann Little dans la famille de Bonnie qui avait été baptisée le 17 août 1848 comme étant la fille de George Little et de Mary Coolin. S'agirait-il de la même Ann ?

Il me fallait trouver le lien; l'objet recherché allait être un acte de mariage ! Toutefois, après avoir consulté toutes les ressources de la Nouvelle-Écosse auxquelles j'avais accès, je n'avais toujours rien trouvé. Comme les deux premiers enfants de Thomas McGivern et d'Ann Little étaient nés aux États-Unis, j'ai pensé qu'ils avaient pu s'y marier… mais où exactement? L'expérience m'a appris que de nombreux Néo-Écossais ont immigré au Massachusetts au milieu du 19e siècle. C'est donc par là que j'allais poursuivre mes recherches.

J'ai donc finalement trouvé l'acte de mariage stipulant que Thomas McGivern et Ann Little s'étaient mariés le 14 mars 1875 à Gloucester, au Massachusetts. Le document établissait également qu'Ann était née à Prospect, en Nouvelle-Écosse. Malheureusement, les noms de ses parents qui étaient inscrits étaient ceux de John Little et d'Ann Coolin, ce qui ne correspondait pas à ceux que j'aurais dû trouver; ce sont les noms de George Little et de Mary Coolin qui m'auraient permis d'établir un lien définitif avec la famille de Bonnie.

Quel mystère ! J'avais appris au cours de mes recherches que, au moment de la naissance d'Ann Little, la seule famille Little vivant à Prospect, en Nouvelle-Écosse, était celle de George et de Mary Little de l'arbre généalogique de Bonnie. George Little avait-il un frère qui aurait, lui aussi, épousé une Coolin avant de déménager ? Pourquoi n'existe-t-il aucun acte de mariage pour John Little et Ann Coolin ? Pourquoi n'y a-t-il pas d'acte de naissance pour Ann Little fille de John et d'Ann, mais seulement un acte de naissance pour Ann Little fille de George et de Mary ? Se pourrait-il que la personne qui a enregistré les informations dans le document d'église de 1875 n'ait pas connu les noms des parents d'Ann Little ?

Je savais qu'il devait y avoir un lien entre les familles de Bonnie et de Patricia, mais je n'arrivais pas à le prouver. J'ai alors contacté Bonnie et lui ai dit que j'avais une autre cliente qui pouvait être généalogiquement liée à elle. J'ai informé Bonnie au sujet des McGivern et elle m'a aussitôt fourni la preuve que je cherchais. Un avis de décès datant de 1900 de son arrière-grand-père, Peter Little, le fils de George Little et de Mary Coolin, établissait qu'il avait une sœur toujours vivante, « Mme McGovern », à Montréal ! Le lien a donc été établi à la grande satisfaction de tous !

Vieille coupure de nécrologie effacée de presse'

Nécrologie de Peter Little

Traduction du la nécrologie:

DÉCÈS DE PETER LITTLE

Le décès de Peter Little, débardeur réputé, âgé de 70 ans, a eu lieu samedi soir à la résidence de son fils, au 57 rue Cunard. Le défunt était parmi les débardeurs ayant déchargé le premier bateau à vapeur à entrer au quai d’Halifax et avait fait partie de l'équipe de tir à la corde des débardeurs en 1896. Il laisse derrière lui deux sœurs, Mme McGovern, de Montréal, et Mme John Tough, de Pennant (Nouvelle-Écosse), deux filles et quatre fils, James Foreman, du service des poissons séchés chez H.P. Silver & Co., Peter, à l'emploi de Dominion Express Co., Martin, employé de l'Imperial Oil Co. et John, avec M. Killen. Le défunt avait été paralysé suite à un accident vasculaire cérébral il y a quelques semaines. Sa femme l'avait déjà quitté quelques années auparavant.

Bonnie et Patricia ont immédiatement exprimé leur désir de prendre contact l'une avec l'autre. J'ai donc, avec la permission de Patricia, fourni les coordonnées de cette dernière à Bonnie. Depuis, elles s'écrivent par courriel pour partager de l'information au sujet de leur famille et pour compléter les branches de leur arbre généalogique.

« J'ai eu des nouvelles de Bonnie Pollock et mes yeux se sont remplis avec des larmes lorsque j'ai lu son courriel. »

- Patricia Desjardins-Galley

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