Skip to the main content

Après presque 60 ans, une famille se retrouve

Nous recevons beaucoup de demandes de recherche, ici au Centre d’histoire familiale Banque Scotia et aucune n’est plus difficile à effectuer que la recherche de parents vivants. La plupart des dossiers que nous utiliserions pour retracer des personnes, comme les certificats de naissance, de mariage et de décès, ne sont pas accessibles en raison des lois provinciales ou fédérales concernant la protection de la vie privée. Cela signifie qu’il faut utiliser d’autres moyens qui ont tendance à offrir moins de détails et peuvent nous mener vers une fausse route, voire une impasse. Cependant, ce ne sont pas toutes ces recherches qui aboutissent d’une telle façon. L’histoire qui suit en est un bon exemple. Tout a commencé quand je suis arrivée au travail un bon jour de mai 2012 pour y découvrir ce beau courriel d’un monsieur de l’Angleterre :

Bonjour du Sud de l’Angleterre !

Notre famille a récemment découvert un ancêtre inconnu, William Oliver Lewendon, tragiquement tué dans le Nord de la Grèce, deux semaines après que la paix ait été déclarée dans la région à la fin de la Première Guerre mondiale. Sa courte vie a été une grande tragédie du début à la fin, sa mère étant morte en lui donnant naissance en 1891, son père a été obligé de le placer en famille d’accueil et le reste de la famille s’est démembrée au début des années 1890.

Il a eu une fille, qu’il n’a probablement jamais rencontrée, Lily E. Lewendon. Elle a épousé Albert Richardson à Hendon, au Royaume-Uni en 1942 et ils ont eu deux fils : Ian M.J., en 1948, et Peter A.O., en 1950. On sait que la famille a émigré au Canada en décembre 1953, arrivant à Halifax à bord du M.V. Nova Scotia, le 12 décembre.

C’est là que la piste s’arrête. Ma question est de savoir si des dossiers d’immigrants sont conservés au sujet de leur arrivée à Halifax, et si les destinations prévues dans le Canada étaient elles aussi enregistrées.

Il est peu probable qu’Albert ou Lily soit encore en vie, mais leurs fils le sont peut-être, et tout indice que vous pourriez me donner quant au lieu où ils se trouvent serait bienvenu.

Mes salutations les plus sincères,
Malcolm Lewendon

Après avoir lu le courriel de Malcolm, j’ai commencé ma recherche en son nom. La première chose que j’ai trouvée était une inscription de la famille sur une liste de départ du Royaume-Uni. Malheureusement, ces listes ne sont jamais très détaillées et n’indiquent pas l’endroit au Canada où une famille se dirige. Un autre obstacle à la recherche était que les dossiers d’immigration canadienne pour toute personne arrivant après 1935 ne sont pas encore publics. Ce dossier indiquerait sûrement la destination de la famille, mais hélas, seules les personnes qui ont immigré elles-mêmes ou leurs proches peuvent en faire la demande auprès de Citoyenneté et Immigration Canada, à Ottawa.

Dans son courriel, Malcolm disait croire qu’Albert et Lily étaient décédés, je me suis donc lancée dans la recherche d’un avis de décès en ligne à l’aide de Google. Curieusement, j’en ai trouvé un, mais pas au Canada… au Royaume-Uni ! Il y avait une Lily Richardson, épouse d’Albert, qui était décédée à Biddulph, dans le comté de Staffordshire, en Angleterre. Même les prénoms des enfants étaient les bons. Le fait qu’elle soit morte en Angleterre n’était pas si inhabituel non plus. Parfois, les personnes qui immigraient au Canada ne restaient que quelques années pour ensuite retourner dans leur patrie ou immigraient dans un autre pays. C’était donc une possibilité réelle. Malheureusement, après que Malcolm ait examiné cette piste, il a déterminé que ce n’était pas la bonne famille. Me revoilà dans un cul-de-sac !

De retour sur Google… où j’ai trouvé cet avis de décès :

RICHARDSON, Peter Anthony Oliver - 56 ans, de Halifax, est décédé le dimanche 9 septembre 2007, à l’aile Victoria General du Queen Elizabeth II. Né à Great Yarmouth, en Angleterre, Peter était le fils d’Evelyn (Lewendon) et de feu Albert Richardson. Il a immigré à Halifax en 1953, à l’âge de trois avec ses parents et son frère, Ian. Il était diplômé de l’Université Dalhousie, avec un baccalauréat ès Arts, en psychologie. Peter trouvait son bonheur dans les petits plaisirs de la vie, tels que la musique et le jardinage, et il a conservé une attitude positive dans son combat de toute une vie contre l’arthrite rhumatoïde. Il laisse dans le deuil sa mère, Evelyn Richardson, son frère Ian et son épouse Sylvia, sa sœur Anne et son mari Donald Auby, ses neveux David, Gregory, Douglas, James et Colin, et ses nièces Laura et Joanna. Les funérailles auront lieu à 14 h 30, le jeudi 13 septembre, à la maison funéraire J.A. Snow, située au 2 666 rue Windsor, à Halifax. Une réception suivra. La famille de Peter tient à exprimer ses sincères remerciements envers le personnel de l’unité 5A de l’aile VG du QEII, pour leur compassion. Les dons peuvent être faits à la Société de l’arthrite ou à la Société canadienne du cancer.

L’avis de décès de Peter, daté de 2007, indiquait que sa mère Lily était encore en vie, tout comme son frère Ian. Étant donné que le patronyme Richardson est assez commun, je savais qu’il serait beaucoup plus difficile de retracer Ian. Heureusement, une de ses sœurs était également mentionnée dans la notice nécrologique et son nom d’épouse, Auby, n’est pas très commun, surtout en Nouvelle-Écosse. Une recherche en ligne sur Canada 411 a résulté en un numéro de téléphone pour Anne et son mari, Don. J’ai rapidement transmis toutes ces nouvelles informations à Malcolm et il appela aussitôt Anne et Don. Voici le courriel de réponse de Malcolm à ce sujet :

Je viens de parler à Don Auby, il s’agit bien de la famille que je recherchais depuis deux ans… au mauvais endroit ! Il travaille justement sur leur arbre généalogique ! Nous allons correspondre davantage.

Malheureusement, Lily est décédée il y a deux ans - certaines questions resteront sans doute encore sans réponse.

Sincères salutations... Mal

Croyez-le ou non, le processus complet n’a pris qu’environ trois heures, un vendredi matin. Vous seriez étonné de la quantité d’informations que l’on peut trouver sur Internet !

Faisons une « avance rapide » de quelques mois et qui donc entrent au Centre d’histoire familiale Banque Scotia à la mi-octobre de 2012 ? Malcolm et sa femme Maggie et le clan Richardson : Anne et Don, et Ian et Sylvia ! Quelle agréable surprise ! Les Lewendon étaient arrivés à Halifax la veille pour enfin rencontrer les Richardson, qui avaient été séparés de la famille 60 ans plus tôt. Malcolm et Anne avec eux les notes de recherche sur leur famille et quelques belles photographies anciennes.

Deux hommes et une femme étant debout.

À partir de la gauche, les cousins Ian, Anne et Malcolm, en octobre 2012

Leur histoire est si intéressante que j’ai demandé à Malcolm d’écrire un peu au sujet de sa famille afin d’en partager davantage avec nous. Cliquez ici pour lire un texte de la plume de Malcolm.

Avez-vous déjà tenté de retrouver un parent disparu ? Quel a été le résultat de votre recherche ? Partagez vos expériences avec nous !