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N’importe qui peut devenir un réfugié; personne ne choisit d’être un réfugié

Lorsqu’un pays est en guerre, ses citoyens peuvent éprouver des difficultés à le quitter... Les gens perdent tout et quittent leurs demeures afin de fuir vers les pays avoisinants. Ou ils restent et font le tour du pays en attendant de pouvoir rentrer chez eux.

Les gens de chacune de ces catégories vivent des défis différents. Le plus grand défi à surmonter, et certainement celui dont nous avons tous déjà fait l’expérience, est la peur.

J’ai grandi au Burundi pendant la guerre civile, où la violence était chose quotidienne. Ma famille a fait face à tant de difficultés, mais... nous avons réussi à demeurer au pays. En grandissant, il a été déchirant de voir mes amis et mes voisins se faire chasser de chez eux ou de voir leurs maisons être incendiées. Mes yeux ont vu des gens souffrir et tout ce que j’ai vécu m’a donné beaucoup d’expérience de vie.

Les gens qui ont été déplacés et les réfugiés étaient relogés près de chez moi. Ils vivaient dans des conditions misérables. Il n’y avait pas de nourriture dans les camps. Les camps étaient surpeuplés et les malades ne recevaient pas de soins de santé. Les maladies contagieuses ont touché beaucoup de ces personnes.

Pendant cette crise, les membres des communautés jouaient un rôle très important en aidant les gens qui vivaient dans ces camps. Ce défi ne comportait pas seulement un aspect matériel. Nous avons passé tant de jours à leur rendre visite. Nous nous sommes assis avec eux et nous les avons écoutés, nous avons essayé de les réconforter, nous les avons laissés pleurer sur nos épaules. Puis, j’ai réalisé que la communauté peut effectivement et réellement aider, de plusieurs façons, ceux qui vivent de tels événements. Elle peut subvenir à certains besoins de base, comme la nourriture, les vêtements et les abris...

Cependant, le plus grand défi est sans aucun doute le traumatisme émotionnel et psychologique. Ces sentiments ne sont pas considérés. Ils demeurent non reconnus, non documentés, mais... ils laisseront fort probablement une cicatrice qui durera longtemps.

Tout récemment, le Musée canadien de l’immigration du Quai 21 a présenté Refuge Canada, une exposition temporaire créée à l’interne. Cette exposition a exploré les thèmes suivants : la vie avant, la peur, le déplacement, le refuge, et la vie au Canada. Refuge Canada présentait plusieurs éléments interactifs afin d’engager nos visiteurs, mais deux éléments m’ont tout particulièrement rappelé mon expérience.

Le premier élément interactif utilisait une technologie de détecteur de mouvement et des haut-parleurs directionnels afin d’inviter les visiteurs à ouvrir trois portes en simulant des cognements lorsqu’ils s’en approchaient. En ouvrant les portes, les visiteurs révélaient des images représentant les traumatismes auxquels les réfugiés font face (des gens avec des fusils faisant des prisonniers et une famille autour d’un cercueil). Cet élément a grandement aidé les visiteurs à en apprendre davantage sur les expériences que vivent les réfugiés. C’était vraiment une façon puissante de transmettre certains des sentiments des réfugiés et de livrer ce message aux gens qui, contrairement à moi, n’ont peut-être jamais eu l’occasion de côtoyer des réfugiés.

Le deuxième élément interactif de l’exposition que j’ai aussi beaucoup aimé était une activité au cours de laquelle les gens étaient invités à partager leurs propres expériences concernant l’impact que les réfugiés ont eu sur leurs communautés.

Voici quelques réponses offertes par notre public :

Plusieurs post-it notes avec l’écriture sur eux s’assoient sur une table

« Changer mon cœur et penser à accepter les autres comme des êtres humains comme moi. Je vous remercie!! »

« Ça nous aide [à] comprendre que nous ne somme[s] pas seul au monde. »

« C'était difficile pour toi mère de déménager une personne de 16 ans. Je t'aime. »

« Amis, voisins et concitoyens canadiens font de mon Canada un lieu de vie plus vivant et plus dynamique! »

« Sensibilisation et connaissance d’une culture et d’une langue différentes. Rappel d'être reconnaissant chaque jour. »

« Dr. Mehlomakulu - Un médecin et réfugié a sauvé la vie de mes jumeaux à cause de l'asthme et de crises d'épilepsie. »

« Mes étudiants qui sont des réfugiés me rappellent de la résilience de l'esprit humain. Un courage que mes grands-parents ont dû avoir aussi lorsqu’ils sont partis de l'Italie dans les années 1950. »

En y repensant et maintenant que j’habite au Canada, je crois que, d’une certaine façon, ce fût un privilège d’avoir été témoin de ce que j’ai vu, bien que cela ait été très difficile.

Si vous n’avez pas encore eu la chance de voir Refuge Canada au Musée canadien de l’immigration du Quai 21, ne vous en faites pas. L’exposition se promène maintenant à travers le pays. Son prochain arrêt sera la Peel Art Gallery à Peel, en Ontario. L’exposition y ouvrira ses portes au mois de juin.