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La Pensée historique (1) : Pratiquer l’histoire au Musée

Durant l’été 2012, nous avons offert une « visite guidée d’historiens » de notre exposition temporaire : Façonner le Canada : l’exploration de nos paysages culturels. Plus qu’une simple visite détaillée de l’exposition elle-même, cette visite utilisait des parties de Façonner le Canada comme base pour discuter du processus historique à notre musée. Nous avons adopté cette approche pour un certain nombre de raisons.

En premier lieu, nous voulons être aussi transparents que possible à propos de notre travail : comme institution du patrimoine public, nous souhaitons que les membres du public puissent venir nous voir et nous parler de la façon dont nous envisageons le passé et du lien que nous entretenons avec ces études et expositions spécifiques.

En second lieu, nous croyons que la pratique de l’histoire publique comporte toujours une portion d’enseignement de la discipline elle-même. Si nous aidons nos auditoires à élargir leur pensée critique historique, ils auront une lecture plus approfondie de notre institution et seront mieux en mesure de contribuer avec nous à donner un sens au passé.

Enfin, les Canadiens et Canadiennes sont partout exposés à des représentations publiques de notre passé ! Une structure de litératie historique nous aide tous à prendre de meilleures décisions pour déterminer quelles représentations sont authentiques et lesquelles sont douteuses.

La première chose que nous devons faire est de présenter nos prémisses pour cette « visite guidée d’historiens » y compris une définition de l’histoire : pour nous, la discipline historique est un processus visant à comprendre le changement à travers les époques. Les gens qui œuvrent à tirer un sens de ce processus sont des historiens. Ce travail se déroule dans des contextes variés : certains historiens travaillent et enseignent dans des universités, d’autres travaillent pour des firmes professionnelles de recherche, des ministères provinciaux ou fédéraux ou encore pour des musées et lieux historiques.

À titre d’historiens, cependant, notre approche du passé est semblable peu importe qui nous emploie. Ce processus est dans une certaine mesure personnel. Par exemple, chaque historien a sa propre manière d’écrire ou d’étudier en détail les éléments probants. Bien que chacun de nous ait ses propres habitudes, le champ de l’histoire possède un ensemble de principes de base indispensables à une approche responsable et honnête du passé.

De nombreux efforts distincts ont été faits afin de dresser une liste exacte et définitive de ces idées, aucune n’étant tenue pour contraignante. Nous avons choisi d’adopter un modèle élaboré ici au Canada : le projet de la Pensée historique (informations disponible à l’adresse http://penseehistorique.ca/). En vertu de ce modèle, six concepts majeurs sont indispensables à la litératie historique :

  • Établir la pertinence historique
  • Utiliser des sources primaires
  • Définir la continuité et le changemen
  • Analyser les causes et les conséquences
  • Adopter une perspective historique
  • Comprendre la dimension éthique des interprétations historiques

Chacun de ces concepts s’applique à l’étude d’un cas d’espèce ou à un problème de recherche auquel nous avons fait face au cours de la création de Façonner le Canada. Ce blogue sera suivi d’énoncés sur chacun des concepts en regard de notre exposition. Nous espérons qu’au delà d’une réflexion sur notre exposition, ces outils vous permettront de porter un jugement critique sur notre représentation du passé. Le passé sert souvent à justifier des opinions sur le présent et ces idées pourront vous aider à décider si on vous a fourni des arguments historiques crédibles et judicieux.

Quelques images de l’exposition Façonner le Canada : l’exploration de nos paysages culturels du Musée.