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Un goût différent : Adapter la nourriture à un nouveau pays

S'installer dans un nouveau pays peut présenter plusieurs défis pour les immigrants.

Les barrières linguistiques, les différences culturelles et bien souvent, la difficulté à s'adapter au nouveau climat, ne sont que quelques exemples. Bien que nous pourrions parler d'une foule d'autres ajustements par lesquels doivent passer les immigrants, celui de l'adaptation à une nouvelle nourriture est non seulement important, mais compréhensible pour tout le monde.

Au Canada, nous nous retrouvons inévitablement en contact avec de la nourriture provenant de partout au monde, tout particulièrement lors des festivals d'été qui permettent les échanges culturels. Découvrir des cuisines nouvelles et exotiques lors d'un festival peut être une expérience très amusante et excitante, mais pour les immigrants, s'habituer à la nourriture de leur nouveau pays peut aussi être difficile et déroutant.

Parfois, les immigrants s'installent dans des régions où la nourriture et les ingrédients de leurs pays sont très difficiles à trouver. Quand la nourriture traditionnelle n'est pas disponible, vous pouvez craindre de ne pas consommer tous les nutriments nécessaires, car vous n'êtes pas familier avec les ingrédients de ce que vous mangez.

Plusieurs immigrants peinent donc à préparer des repas sains. Il peut être difficile d'acheter certains aliments avec votre budget, car plusieurs articles sont plus dispendieux que ce à quoi vous êtes habitué. Apprendre à reconnaître les aliments sains qui sont disponibles dans un nouveau pays est un long processus.

De plus, quand je suis arrivée au Canada, je n'arrivais pas à trouver un aliment avec lequel j'ai grandi et qui était pour moi une source de confort. Cet aliment est l'ubugali, un porridge ferme fait de poudre de racines de manioc. C'est un plat très commun du Burundi, mon pays d'origine.

J'en voulais, mais la majorité des boutiques africaines d'Halifax n'ont pas la même sorte d'ubugali que celle que l'on retrouve chez moi. J'ai donc appelé ma meilleure amie qui habite à Montréal et je lui ai demandé s'il y en avait là, car c'est une grande ville et on y retrouve souvent plus de choix qu'à Halifax. Elle a effectivement réussi à en trouver et à m'en faire parvenir. L'opération a cependant été coûteuse et il n'aurait pas été possible de répéter la chose très souvent.

Bien sûr, je ne suis pas la seule immigrante qui a fait face au défi de s'ajuster à la nourriture du Canada. Heureusement pour nous, le Quai 21 est un musée qui rassemble les histoires des gens qui sont venus et qui continuent de venir au Canada pour en faire leur pays. Pour vous faire goûter (jeu de mots intentionnel) à l'une des nombreuses histoires que le Quai 21 a à offrir, explorons l'expérience de Mireille Thomas :

« Je suis arrivée de Marseille, en Provence, qui est une région réputée pour ses légumes. J'ai toujours mangé—nous avons maintenant un terme—un régime méditerranéen—mais je n'y avais jamais pensé en ce sens. Il y avait toujours de l'huile d'olive dans notre maison, ainsi que des tomates, des légumes et des fruits frais, parce que d'où je viens, c'est ce qui est considéré comme normal », explique Mireille Thomas, qui a immigré à Saint John, à Terre-Neuve, en 1964.

« Quand je suis allée à l'épicerie, il n'y avait pas de poisson frais. À l'époque, les seuls légumes frais qui étaient disponibles étaient les carottes, les navets, les patates et les oignons. » Elle ajoute qu'« il était un peu difficile de s'ajuster ». « Il y avait beaucoup de nourriture en conserve. Il n'y avait pas de café, que du Nescafé. Le seul poisson disponible était du poisson salé, qui était parfois congelé. Qu'est-ce qu'il y avait d'autre—de la viande, c'était souvent de la viande congelée. Je me souviens cependant avoir trouvé du steak de baleine dans l'une des petites épiceries qui était encore ouverte. J'ai donc goûté de la baleine, produit qui n'est maintenant plus disponible. C'est mon histoire. L'adaptation a été difficile, mais j'ai réussi parce que je suis comme ça, c'est ma personnalité. »

Tout comme Mireille Thomas, je me suis adaptée à la nourriture canadienne. Mais de temps à autre, j'ai encore envie du goût familier et réconfortant de l'ubugali. J'ai inséré la recette ci-dessous, pour que ceux qui habitent dans une grande ville puissent avoir un petit aperçu du goût de mon pays.

Donc, si vous avez récemment immigré au Canada, quels sont les autres défis auxquels vous faites face ?

Vous sentez-vous concerné par les défis dont j'ai parlé ci-dessus ?

Quelle est votre nourriture de base traditionnelle ?

Si vous désirez en apprendre davantage sur les expériences alimentaires des immigrants, venez visiter le Musée canadien de l'immigration du Quai 21.

Recette d'ubugali

Une masse ronde d'une matière ressemblant à du pain, placée dans une assiette carrée de couleur blanche.

Voici une image de ce à quoi ressemble l'ubugali lorsqu'il est prêt.

  • Faire bouillir de l'eau dans une casserole. Verser lentement la farine dans l'eau bouillante. Éviter de former des grumeaux.
  • Mélanger de façon continue tout en écrasant les grumeaux qui se sont formés. Ajouter de la farine jusqu'à ce que le mélange soit plus épais que de la purée de pommes de terre.
  • Cuire pendant trois à quatre minutes tout en mélangeant. (Continuer de mélanger pendant que l'ubugali épaissi est la clé du succès, c'est-à-dire un ubugali sans grumeaux.)
  • Couvrir et garder au chaud.
  • Servir immédiatement avec de la viande, un ragoût de légumes, des haricots ou du poisson.