Mur d'honneur de Sobey
Colonne
42
Rangée
21
Guenther Weber, sa famille et leur histoire du Quai 21
Guenther Carl Heinrich Weber et Margarethe Elisabeth Weber (veuve Hoppe) ainsi que leur fille, Anngret Hiskea Hoppe, ont quitté l’Allemagne de l’Est pour s’installer en Allemagne de l’Ouest en 1946. Ils ont quitté l’Allemagne de l’Ouest pour venir au Canada, car ils craignaient une nouvelle guerre en Europe.
Le visa pour le Canada qu’ils ont reçu n’était valable que pour trois mois, puisqu’ils devaient prouver qu’ils n’avaient pas la tuberculose. Comme ils ne pouvaient emporter que 50 $ par personne, ils ont acheté un appareil photo et des jumelles afin de les revendre au Canada. Il leur a été difficile de décider de quitter l’Allemagne, car Guenther y avait un bon emploi d’ingénieur et il pensait que ses perspectives d’emploi au Canada seraient réduites en raison de ses compétences limitées en anglais.
Ils sont partis alors que Guenther avait 36 ans, que Margarethe en avait 34 et qu’Anngret était âgée de 9 ans. Leur cabine était située à l’intérieur, près du moteur, et était donc bruyante et chaude. Leur cabine comptait trois lits, mais il n’y avait pas d’eau et les toilettes se trouvaient à un autre niveau du navire. Guenther et Grete ont payé leur propre passage (tarif de la classe la plus basse). Ils ont quitté Hambourg le 7 février 1952 et sont arrivés à Halifax le 16 février 1952. Grete a eu le mal de mer pendant tout le voyage, à l’exception d’une journée, et a donc passé presque tout son temps dans la cabine. Anngret a eu le mal de mer à quelques occasions, et Guenther a eu la chance de ne pas du tout souffrir du mal de mer. La nourriture à bord était bonne. La plupart des passagers du navire étaient originaires d’Allemagne, bien que le navire ait fait escale en Angleterre et en France. Le navire appartenait à des Italiens, pesait 10 000 tonnes et son équipage était allemand. Guenther et Grete pensaient s’installer à Toronto, car c’était là que se trouvaient les entreprises aéronautiques et Guenther avait travaillé dans l’industrie aéronautique pendant la guerre.
Leur navire, le Homeland, a accosté au Quai 21 d’Halifax dans la matinée et, après avoir passé environ huit heures au Quai 21 et à Halifax, ils ont pris le train en direction de Montréal. Ils ont acheté des provisions de voyage avant de monter à bord du train, y compris des oranges, ce qui fut un grand plaisir, car Anngret n’avait alors mangé qu’une seule orange dans sa vie. Le train était vieux et bondé. Le voyage n’a donc pas été agréable. En regardant par les fenêtres du train, ils ont vu un paysage inhabité, enneigé et stérile, ce qui a semé un doute dans leurs esprits quant à leur décision d’immigrer au Canada. Ils sont arrivés à Montréal le lendemain soir.
De là, ils sont montés à bord d’un train de nuit à destination de Toronto, où il n’y avait que des places debout. Une fois à Toronto, Guenther s’est rendu au bureau de l’immigration pour trouver un emploi et Grete s’est mise à la recherche d’un endroit où habiter. Anngret s’est assise sur leurs bagages à la gare Union Station et a dû surveiller leurs affaires pendant 4 ou 5 heures.
Guenther a immédiatement trouvé un emploi d’ouvrier général dans une entreprise de pièces d’avions. Il gagnait 1 $ de l’heure, un bon salaire à l’époque, et pouvait faire un nombre illimité d’heures supplémentaires. Grete a trouvé une chambre dans une maison de chambres (une chambre mansardée à Cabbagetown) où ils s’assoyaient et dormaient au sol. L’une de leurs malles leur servait de table et ils ont déménagé dans un logement plus agréable une semaine plus tard. Il y avait des coquerelles dans la maison et ils partageaient la salle de bain avec d’autres familles. Anngret a été inscrite à l’école de leur nouveau quartier et la secrétaire de l’école a raccourci son nom à Ann. Ce fut son nom pour le reste de sa vie.
Guenther se rendait au travail en autobus et a travaillé 60 heures par semaine pendant un an, tout en apprenant l’anglais et en postulant à d’autres emplois. Il a obtenu un emploi chez GSW et la famille a déménagé à London, en Ontario. Il s’agissait d’un poste de direction, un grand pas en avant pour lui, et un poste qu’il n’avait pas osé espérer pouvoir atteindre au Canada.
À London, ils ont acheté une petite maison, puis une plus grande dans un meilleur quartier. Ils ont eu un fils, Thomas, en 1956 et une fille, Katherine, en 1962. Ann s’est mariée et a eu trois enfants (Geoffrey, Jennifer et Christopher) et sept petits-enfants. Katherine s’est mariée (puis s’est divorcée) et a eu deux filles (Marta et Michelle) et cinq petits-enfants. Leur fils Tom est resté célibataire et a passé son temps libre à voyager et à profiter de la nature.
Guenther et Grete étaient d’avis que le Canada avait été bon envers eux. Ils ont trouvé que les Canadiens et les Canadiennes les ont traités avec respect et courtoisie, et qu’ils étaient un peuple généreux.



