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Quitter les États-Unis

La vie pour une famille laissée pour compte - Cathy Wirick

Longueur 0:02:43

Transcription :
(Traduit d'anglais)

Mes parents nous ont reniés parce que nous quittions le pays. Mon père a dit à mon époux de mettre ses pantalons et d'être un homme. Alors, c'était difficile. Laisser tous les amis de mon village derrière moi, um, mon école secondaire, mes... Tout ce qui m'était familier. Ce n'était pas comme lorsque je suis allée à New Haven, au Connecticut, parce que là je sentais que j'étais encore aux États-Unis. Venir au Canada... Il n'aurait pas... Mon ex-mari n'aurait plus été capable de quitter le Canada. Il aurait était recherché par le FBI. Alors c'était très difficile. Mes parents ont fini par changer d'avis. Mon père a affiché, dans la fenêtre de sa boutique de bijoux, avec des obus provenant de son char d'assaut : « Ces armes de guerre sont obsolètes. La guerre ne devrait-elle pas l'être aussi? » C'était le 17 octobre 1969. Ça ne lui a donc pas pris beaucoup de temps : voyons voir... Juillet, août, septembre, octobre... Donc, pendant ces quelques mois, à partir du moment où nous sommes partis, il a finalement fait ses propres recherches et en est venu à la conclusion que se battre au Vietnam n'était pas une bonne idée. Je l'adorais pour ça. Il a reçu de vives critiques de la part des gens du village, tout particulièrement parce qu'à l'époque, quand vous aviez votre propre petite entreprise dans un village, vous deviez avoir l'air respectable et agir d'une certaine façon. Mon père a balancé ça par la fenêtre et a simplement publiquement dit ce qu'il voulait dire. Alors c'était difficile. Et alors, um, les parents de mon époux nous appuyaient. Quand nous sommes venus au Canada, mon― son père faisait du covoiturage pour se rendre au travail. Tous les jours, tout le monde à bord lui faisait la vie dure, car son fils était un conscrit réfractaire. C'était bien triste. Le FBI a rendu visite deux fois à sa mère à Newark, au Delaware, pour lui dire que son fils serait pardonné d'avoir quitté le pays si elle arrivait à le convaincre de revenir et de se battre pour eux. Deux fois, qu'ils lui ont rendu visite! Alors, vous savez, toutes ces choses étaient difficiles...

L’histoire orale16.03.02CW avec Cathy Wirick
Musée canadien de l’immigration du Quai 21