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Des Philippins à Neepawa : Expériences d’immigration dans un village des Prairies

Transcription :
(Traduit de l'anglais)

Neepawa est un petit village de l’ouest du Manitoba, dans les Prairies canadiennes.

Neepawa sert de centre de services pour des exploitations céréalières et d’élevage. et compte un peu moins de 5 000 habitants et le village s’est développé au cours de la dernière décennie : entre 2011 et 2016, sa population a connu une augmentation de 27 %.


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27% ↑
2011 – 2016
Source: Statistique Canada


Les immigrants des Philippines ont été, de loin, le groupe de nouveaux arrivants le plus important.

Pourquoi?

Les Philippins ont commencé à arriver comme travailleurs étrangers temporaires en 2008.

La plupart de ces travailleurs étaient des hommes. Plusieurs d’entre eux sont restés, ont obtenu leur résidence permanente, puis ont fait venir leur famille qu’ils n’avaient pas vue depuis bien longtemps.


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De nombreux travailleurs étrangers temporaires ont demandé leur résidence permanente dans le cadre du Programme des candidats des provinces du Manitoba (MPNP).
Source : gouvernement du Canada


La majorité des Philippins à Neepawa sont arrivés comme travailleurs temporaires recrutés par l’usine locale de transformation de viande.

Un effet d’entraînement a vu le jour. Les conjointes de ces travailleurs ont elles aussi trouvé du travail en ville, puis les familles ont acheté des maisons.

Ces Philippins font du bénévolat, participent à des activités religieuses et ont créé une association culturelle.

Ils relèvent des défis et contribuent à leur communauté générale.

Je m’appelle Emily Burton. Je suis spécialiste en histoire orale au Musée canadien de l’immigration.

Je me suis rendue à Neepawa en 2017, pour mener des entrevues auprès des membres de la communauté, au musée Margaret Laurence Home. J’y ai rencontré des gens merveilleux et chaleureux, et j’ai découvert leurs expériences professionnelles, familiales et communautaires.

Ensemble, nous avons documenté la présence philippine à Neepawa.

Travailleurs étrangers temporaires : Des Philippines au Canada
Le premier groupe : Demande à Manille

Eleazer Resolis :
Et j’ai acquis un peu d’expérience dans la petite boucherie de ma ville natale, alors ils nous ont qualifiés. Ils nous ont qualifiés et ils m’ont placé parmi le premier groupe de six personnes à venir à HyLi― à Springhill, aujourd’hui HyLife. C’était le 23 novembre 2008.

Arriver à Neepawa : Comme un barangay

Greg Pepino :
Et puis nous sommes arrivés ici, à Neepawa. On peut penser que le Canada est― le Canada est si grand, et puis on arrive ici, c’est un petit village.

Eriza Pepino :
Un très petit village.

GP :
Oh, c’est ça le Canada. Certains des camarades de mon groupe : « Oh, c’est, seulement... nous avons un ba—village, c’est comme un barangay. »

EP :
Chez nous, si nous appartenons à une petite communauté, nous l’appelons barangay. C’est donc comme un petit barangay..

Différents postes à l’usine

Ted (Teodoro) Bacalzo :
J’ai essayé le service d’assainissement, qui est un travail très, très difficile. C’est étouffant et il faut passer sous le tapis roulant, il faut passer en dessous. C’est difficile. J’ai dit que je ne pouvais pas le faire. Je suis revenu sur le plancher de découpe. Ils m’ont mis sur la ligne d’épaules.

Alberto Latag :
À l’époque, j’ai donc été posté au service des expéditions. J’y suis encore. C’est un bon emploi. Il y a quelque chose à apprendre tous les jours. Comment l’entreprise procède, comment expédier, comment facturer, comment numériser, tout. Même comment utiliser des outils industriels, comme les transpalettes électriques, en hauteur. J’aime cet emploi.

Résidence permanente : Des familles réunies et des conjointes trouvant du travail à Neepawa
« Es-tu vraiment mon père? »

Ronald Ignacio :
Toines avait 4 ans quand je suis parti, et Ram avait 11 ans. Il a donc fallu 4 ans. Donc, c’est vraiment difficile, c’est vraiment difficile pour moi de seulement les voir sur vidéo. C’est vraiment difficile. Ça l’est encore, des deux côtés. À un moment donné, j’ai eu deux semaines de vacances. C’était difficile. Je me souviens que Toines m’a touché sur le côté et m’a dit : « Es-tu vrai? » J’ai demandé pourquoi cette question. Elle a répondu : « Tu n’es que dans les vidéos. » Puis : « Es-tu vraiment mon père? » « Bien sûr, regarde-moi. » Il lui a donc fallu deux jours, je crois, et ensuite elle s’est vraiment ajustée.

Enseignante, femme au foyer, agente d’intégration

(Rosario) Myla Ignacio :
Et puis j’étais si heureuse d’être une femme au foyer pour la première fois. Je ne travaille pas. Être professeure, c’est très prenant, et puis aux Philippines, je faisais aussi ma maîtrise. Alors quand nous sommes arrivés ici, wow, d’accord, je peux simplement cuisiner, nettoyer et tout ça. Mais Ronald a dit : « Tu dois trouver du travail. »

Ram :
C’est tellement drôle parce que...

MI :
Nous devons être pratiques, donc nous avons celui-là. Puis, au bout d’un mois, j’ai été embauchée comme réceptionniste dans un centre d’établissement de Neepawa. Et au bout d’un an, je suis devenue une agente d’intégration.

Soins attentionnés au travail

Analyn Resolis :
En tant que Philippin, si vous êtes vraiment travaillant, vous aimez votre travail et vous démontrez toujours votre compassion et votre tendresse. Vous ne travaillez pas seulement pour gagner de l’argent, non. Tant que vous faites de votre mieux et que vous les traitez comme, pas seulement comme des personnes souffrant de handicaps. Vous faites preuve de soins attentionnés... Ils le ressentent et vous traitent bien en retour.

Vie communautaire dans un village des Prairies
Changer les perceptions

Ted Bacalzo :
Au fond, nous ne sommes pas de mauvaises personnes. Nous voulions simplement être, nous réunir les fins de semaine, préparer un peu de nourriture, comme, manger sur le, sur le, à l’arrière de leur maison. Certains adolescents n’aiment pas ça. Ils pensent, ils pensaient que nous établissions un gang, mais ce n’est pas le cas. Alors, ce que j’ai fait, je me suis porté volontaire au COPP, le « citoyen en patrouille ». Et après ça, je vais toujours au McDonald’s où les personnes âgées vont toujours prendre un café à huit heures du matin. Alors, je leur ai parlé, je leur ai expliqué comment étaient les Philippins. Bon, alors, petit à petit, ils ont compris, mais avant ils pensaient que nous prenions leurs emplois. En y réfléchissant bien, ils ont réalisé que non, les Canadiens ne veulent pas de cet emploi.

Bénévolat

Nena Latag :
Et puis je suis aussi catéchiste bénévole à St. Dominic. Je fais aussi de la lecture à l’église. J’y ai aussi ma chorale. Et chaque fois qu’il y avait un truc de bénévolat, pendant mes six premiers mois ici, je faisais― j’ai fait du bénévolat à la garderie, j’ai fait du bénévolat à l’école de ma fille. Tous les genres de bénévolat que je vois dans les journaux, juste pour m’occuper, je fais du bénévolat, je m’implique dans la communauté

FANA (Filipino Association of Neepawa and Area - Association philippine de Neepawa et des environs)

Ronald Ignacio :
Ici, nous sommes membres d’une communauté philippine. C’est comme ça que nous appelons–

Myla :
Philippine–

Ronald :
FANA ou l’Association philippine de Neepawa et des environs, puisque nous desservons non seulement Neepawa, mais aussi d’autres régions comme...

Ram et Ronald :
Gladstone, Minnedosa

Myla :
Pendant― ici, quand nous avions encore le Festival des lys et que nous étions dans la FANA, nous participions à la danse dans les rues et à tout le reste, et puis– mais principalement, tout récemment, nous avons le Festival culturel philippin par l’entremise de l’église St. Dominic. Nous avons aussi― ça fait maintenant deux ans que nous le faisons.


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En 2018, le Canada a délivré 84 229 permis de travail dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Cette même année, 56 369 personnes qui étaient auparavant titulaires d’un permis de travail sont devenues des résidents permanents.

Source : Rapport annuel au Parlement sur l’immigration, 2019


Eleazer :
Je tiens également à remercier la ville de Neepawa, la communauté, car nous ressentons l’accueil chaleureux qui nous est réservé.

Eriza :
Merci de nous avoir donné l’occasion de vous raconter notre histoire.

Intervieweur :
Un grand merci à vous.

Ronald, Ram, Toines et Myla :
Malaming salamat.