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Vanessa Martins
Obtenir son premier emploi dans une épicerie

Longueur 0:02:48

Transcription :

Et en arrivant au—au supermarché, j’avais vu une affiche que c’était écrit : on cherche des caissières. Et j’ai dit—j’ai pensé : Hm, je crois que je vais—tenter ma chance pour mon premier travail ici parce que, euh, on avait lu le blogue d’une française qui était venue en—comme immigrante aussi au Québec, et elle avait travaillé dans un commerce, un petit commerce, elle a dit que c’était très bien pour faire des échanges et s’habituer à l’accent québécois.

J’ai dit : « Ok, je vais faire ça. » Ça faisait comme trois heures qu’on était descendus de l’avion. Et j’ai demandé à la fille de la caisse : « Ben, est-ce que vous avez besoin d’aide? » (faire signe) Et elle était en train de mettre mes affaires dans un sac. Elle a dit : « Non, non, non, je peux très bien mettre vos affaires dans le sac sans aide. » Et sa collègue : « Non, non, non c’est pas ça qu’elle demande, elle demande de l’emploi. Si vous avez un emploi pour elle. » « Oh, c’est ça que vous demandez d’aide? » Et j’étais : « Oui. » Peut-être que j’ai mal commencé mon québécois. Ici, on dit carrément : « Je cherche un emploi », pas « est-ce que vous cherchez d’aide? » « Oh, Ok. On va parler donc avec le—» Oh mon dieu, «—le—le responsable, et on va voir, madame. » « OK. » Elle a appelé le monsieur, j’ai expliqué la situation que je venais d’arriver au Canada je crois qu’il était—il avait pas vraiment compris que je venais là, là, là d’arriver. « Donc vous cherchez un travail? » « Mais oui, j’aimerais vraiment m’intégrer à la société québécoise, j’aimerais, euh, m’habitué à l’accent québécois parce que vous entendez là. » Il a dit : « Oui, oui, oui. Vous avez un accent français. » (rire) Oh, mais j’aimerais bien avoir un accent français, mais il ne connaissait pas les accents brésiliens à ce moment. « Ok, oui à peu près ça, j’aimerais changer cet accent si jamais avec votre aide, hein, parce que moi je crains pas le challenge, hein. J’ai jamais travaillé comme caissière, mais je peux très bien me débrouiller. » Il a dit : « Ok. On va voir qu’est-ce que ça va donner. On—va voir, je veux vous donner une réponse trois jours après. » Ben, il nous appelé pour dire que oui, il serait content de m’avoir parmi le staff.

Ok, j’étais allée faire la petite, euh, formation—Oh la, la. J’avais le cœur qui faisait—parce que je ne connaissais rien. Je—D’abord que l’accent était vraiment trop différent de l’accent, euh, genevois. Je ne connaissais pas aucune des produits parce que je ne mangeais pas de—à ce moment, je ne mangeais pas les mêmes choses et les clients venaient me demander : « Ben, c’est où que ça reste les Cheese Whiz. » J’ai : « Cheese quoi? » Le [inaudible]. Qu’est-ce qu’il parle? Je ne connais pas ce qu’elle parle, je ne connais pas, euh, Cheese Whiz et je—Mais c’est quoi ça? La personne me regardait comme oh, des grands yeux comme ça : Mais elle est folle ou quoi? Elle rigole de moi. « Cheese Whiz, là. Vous ne savez pas qu’est-ce que c’est, le Cheese Whiz? » « Non, monsieur; ça fait quatre jours que je suis au Canada. J’ai pas eu le temps de faire connaissance avec le Cheese Whiz. » « Oh ben ça, ben bon, Cheese Whiz, c’est ceci. »

Biographie :
Vanessa Martins est née à Ipatinga, au Brésil, en 1976. Après avoir reçu son diplôme en orthophonie, Vanessa a quitté le Brésil afin de rejoindre son fiancé qui étudiait en Suisse. À cet endroit, Vanessa a travaillé comme gouvernante et professeur de portugais. Le jeune couple savait qu’obtenir la citoyenneté suisse serait vraiment difficile, alors ils ont commencé à faire des recherches afin d’immigrer vers d’autres pays.

Vanessa et son mari sont venus au Canada parce qu’ils souhaitaient avoir un enfant et voyaient dans le Canada un pays aux valeurs familiales fortes. En octobre 2006, la jeune famille s’est établie à Montréal, au Québec et Vanessa a trouvé rapidement du travail dans une épicerie. Deux mois plus tard, elle a commencé à travailler dans une librairie. Son mari Clayton a complété son doctorat et travaille maintenant dans un laboratoire de Montréal. Au moment de l’entrevue, Vanessa suivait des cours de tenue de livres.

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