
Confronter un passé inconfortable, c’est aussi une partie importante du travail de tout musée d’histoire nationale. Le Musée canadien de l’immigration du Quai 21 explore l’histoire des personnes qui sont venues s’installer dans ce qui est aujourd’hui le Canada. Cela inclut les migrations forcées qui ont eu lieu dans le cadre de la traite transatlantique des esclaves.
L’exposition Une histoire révélée : L’esclavage des Noirs au Canada a été lancé au Musée en août 2024 et a depuis commencé à visiter des sites de partout au Canada. Elle traite d’un chapitre sombre et méconnu de notre histoire nationale.
Elle a récemment reçu une invitation spéciale aux Nations Unies.
Une histoire révélée
De nombreux Canadiens et de nombreuses Canadiennes sont fiers de l’histoire de leur pays, qui a accueilli des réfugiés, y compris des personnes qui ont fui l’esclavage en Amérique, explique Dan Conlin, conservateur du Musée aujourd’hui à la retraite et coorganisateur de l’exposition. Pourtant, selon M. Conlin, « un très grand nombre de Canadiens et de Canadiennes ne savent pas du tout que l’esclavage a duré plus de deux siècles, ici même, au Canada. Cette partie sombre de notre histoire doit être racontée. »
« Bien des gens pensent qu’il s’agit d’une histoire caribéenne ou américaine, explique M. Conlin. Mais cela a touché de nombreuses nations. Et le Canada y participait activement, par ses liens avec le commerce des Antilles et par son rôle dans le transport maritime et l’Empire britannique. »
L’Empire britannique a aboli l’esclavage en 1834. Les États‑Unis ont poursuivi cette pratique jusqu’en 1865.
L’exposition a été créée par le Musée en partenariat avec le Black Cultural Centre for Nova Scotia, qui a offert l’expertise de consultants et a contribué à l’élaboration de contenu. Une version Web du projet est en cours de développement. Afua Cooper, Ph.D., éminente spécialiste de l’histoire des Canadiens et des Canadiennes noirs et poétesse, a été la conservatrice invitée du projet, en collaboration avec Dan Conlin.
M. Conlin déclare qu’elle « a beaucoup offert à cette exposition : des perspectives, des idées, des exemples qui ne me seraient jamais venus à l’esprit. Elle a donné à l’exposition des niveaux de profondeur et de passion, ainsi qu’une connaissance approfondie du sujet. »
Une invitation des Nations Unies
« J’ai reçu un appel téléphonique de Sara England, conservatrice des expositions temporaires et itinérantes du Musée, qui m’a dit : “Devine quoi? L’ONU est intéressé!” », se souvient M. Conlin.
Chaque année depuis 2008, le 25 mars, les Nations Unies célèbrent la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves. L’ONU accueillera l’exposition du 17 mars au 19 avril 2026 dans le cadre de la commémoration de 2026, et elle sera vue par des dizaines de milliers de personnes du monde entier qui visiteront le siège de l’ONU à New York.
Cette invitation est importante : « C’est significatif, explique Dan Conlin. Il s’agit d’une excellente occasion de parler de cette histoire à un public plus vaste. »
Il se rendra aux Nations Unies et prendra la parole lors de l’inauguration de l’exposition. Il a également été invité à faire des visites guidées pour quelque 300 étudiants du secondaire provenant de toute la ville de New York.
L’exposition, installée dans le hall à l’extérieur de l’Assemblée générale, sera également visitée par des délégués du monde entier. « C’est vraiment excitant, affirme Dan Conlin. Par ailleurs, le bâtiment des Nations Unies du Midtown de Manhattan se trouve dans un important quartier touristique. Tous les visiteurs de New York qui se rendront à l’ONU comprendront comment les personnes mises en esclavage ont enduré et résisté à l’esclavage au Canada. »
« Je sais que certaines personnes, aux Nations Unies, espèrent que d’autres pays et sociétés seront incités à aborder un sujet difficile, eux aussi, en suivant l’exemple du Canada. »