Deux artistes autochtones invitent les visiteurs à regarder cette carte du Canada autrement

Une carte murale en verre du Canada est ornée de plus de soixante-dix œuvres d’art miniatures de couleurs, de formes et de tailles différentes.

Bienvenue sur l’île de la Tortue, une nouvelle installation artistique de Melinda Robertson et Shannon Monk, a été installée sur la carte en verre du Canada dans l’exposition sur l’Histoire de l’immigration canadienne du Musée.
 

Melinda Robertson et Shannon Monk ont été enthousiasmées par la carte du Canada en verre du Musée, dont les lignes délimitent les frontières nationales et provinciales. Elles y ont vu l’occasion de raconter une histoire.

Les Autochtones, explique Melinda, « voyageaient à travers l’île de la Tortue. Nous n’avions pas de limites ou de frontières. »

L’installation artistique du couple, Bienvenue sur l’île de la Tortue, a été installée en décembre. L’île de la Tortue est un nom utilisé par de nombreux peuples autochtones pour désigner l’Amérique du Nord. L’œuvre d’art est composée de 71 œuvres d’art miniatures en verre, avec des représentations de plantes, de personnes, d’activités, et bien plus encore. Les images en verre sont apposées sur la carte et symbolisent de nombreux aspects des modes de vie autochtones sur l’ensemble du territoire aujourd’hui connu sous le nom de Canada et au-delà.

Deux femmes autochtones aux cheveux grisonnants sourient, les bras enlacés, devant leur œuvre d’art.

Melinda Robertson, à gauche, et Shannon Monk, à droite, ont terminé l’installation en décembre.

Une rencontre fortuite

Les deux artistes se sont rencontrées parce que, comme l’explique Melinda, « sa fille était mariée à mon fils... Ils se sont séparés, mais pas nous. »

« Que nous soyons toutes les deux si liées et aussi des artistes du verre était assez fou, affirme Shannon. C’était le destin. »

Et pourtant, les deux apportent des forces différentes à leur travail.

« Je me considère comme une universitaire », dit Shannon. En ce qui concerne Melinda, « C’est une artiste verrière de premier ordre... elle m’a vraiment aidée à affiner mes compétences. »

Représentation autochtone

La tâche de représenter la vie autochtone sur un territoire aussi vaste est intimidante. La paire a réfléchi à plus de 200 idées. Comme il était pratiquement impossible de représenter toutes les nations du territoire, elles ont décidé de se concentrer sur les familles linguistiques tribales. « Nous avons estimé qu’il s’agissait d’une façon très équitable de procéder, explique Shannon, parce que tout le monde est affilié à l’un ou l’autre groupe linguistique. »

La représentation des Autochtones dans un Musée de l’immigration est importante. La présence et l’impact des premiers établissements coloniaux et de l’immigration ultérieure sur les peuples autochtones sont une partie fondamentale, mais souvent oubliée de l’histoire. « La réaction et le point de vue des Premières Nations sur l’immigration n’étaient pas aussi bien représentés dans les musées auparavant, explique Shannon. Nous avons pensé que ce serait une bonne façon de raconter cette histoire, surtout en cette période de réconciliation. »

« Ce n’est qu’au cours des 10 ou 15 dernières années que nous avons vu une représentation moderne des peuples autochtones. » Au contraire, explique-t-elle, lorsqu’on en parlait, ils étaient présentés dans un contexte historique. « Les peuples autochtones du Canada sont des sociétés florissantes et dynamiques qui existent encore aujourd’hui. »

Une histoire continue

Pour le couple, l’histoire de l’immigration, tout comme celle des peuples autochtones, est en constante évolution. « Notre peuple a toujours voyagé et commercé sur l’île de la Tortue et au-delà. Nous voulions renforcer l’idée que les cultures évoluent, grandissent et s’adaptent, explique Shannon, et que l’immigration fait partie de cette histoire, car les gens continuent à tisser leurs identités ensemble et à en former de nouvelles, comme dans le cas des Métis, par exemple. »

Les visiteurs peuvent voir Bienvenue sur l’île de la Tortue dans l’exposition sur l’Histoire de l’immigration canadienne. Un livre accompagnant l’exposition explique chacune des 71 œuvres. L’installation sera présente au Musée jusqu’à la fin de l’année 2027.