De banquière à entrepreneure culturelle – Un hymne à la Joy

Portrait de Joy Bullen, une femme souriante à la peau foncée et portant des lunettes.

Photo avec l’aimable autorisation de Joy Bullen.

Joy Bullen n’a pas commencé comme impresario musical. « Avant, je travaillais à la Banque TD, explique-t-elle, où j’ai exercé des fonctions diverses et variées. »

Mais ce qui l’animait vraiment, c’était l’art, la culture et la musique.

« J’ai commencé à regarder du côté du secteur à but non lucratif », se souvient Joy.

« je pouvais aider »

Elle a entre temps remarqué que de nombreux jeunes musiciens et musiciennes noirs faisaient des choses qui n’étaient pas « typiques » des musiciens et musiciennes noirs et que ces derniers étaient confrontés à des défis.

« Le défi venait de l’exposition, le défi était financier, et je me suis dit, bon, que j’avais l’expérience et l’envie, et que je pouvais aider. »

Après avoir quitté la banque, elle a été approchée par son cousin, Eddie Bullen, un musicien de jazz à succès. Il avait mis sur pied un spectacle avec son fils Quincy. Le spectacle, intitulé Duelling Pianos, mettait en scène le père et le fils s’affrontant, jouant ensemble et racontant l’histoire de l’éducation musicale de Quincy, qui devait notamment se réveiller à 5 heures du matin pour pratiquer son art.

Joy a été inspirée. « J’ai vu un immigrant, un homme noir, un père de famille. Et je me suis dit que ce que je voyais venait réfuter bon nombre des préjugés absurdes que l’on entend au sujet des Noirs. »

Il s’agissait d’une image et d’une histoire qu’elle voulait partager.

Elle a appelé la Banque TD, qui avait mis en place des programmes pour soutenir les jeunes musiciens et la programmation du Mois du patrimoine africain, pour savoir si l’entreprise était intéressée à l’idée de commanditer le spectacle.

La réponse a été un oui retentissant. Non seulement la Banque TD était intéressée, elle a aussi demandé si Joy pouvait produire le spectacle dans quatre villes canadiennes en février.

C’était alors le mois de décembre. L’échéancier était intimidant.

« J’ai répondu : “Bien sûr!” »

En l’espace de deux mois, Duelling Pianos a été présenté à Vancouver, à Calgary, à Ottawa et à Halifax, au Musée canadien de l’immigration du Quai 21.

Entrepreneure Culturelle

Voilà maintenant plus de 10 ans que Joy travaille avec des musiciens, se concentrant sur les spectacles organisés pendant le Mois du patrimoine africain, en février. Elle se qualifie elle-même d’entrepreneure culturelle. « C’est un mot inventé, dit-elle, la façon dont je m’étiquette est sans importance comparativement à ce que je fais. »

« Ces événements offrent aux musiciens une aide financière, de la visibilité et l’occasion de continuer de se développer tout en divertissant et en éduquant le public canadien. »

« Je me concentre sur la musique me donnant l’occasion de faire une déclaration. »

Cette déclaration : Que les Noirs ont leur place. Sur toutes les scènes, dans tous les genres musicaux et dans tous les espaces.

Elle a présenté du calypso, du country, du jazz, de la musique classique et de l’opéra — une musique qui, dit-elle, « nourrit mon âme ».

« Il n’y a pas de tribune, pas de ville, pas d’endroit où nous n’ayons pas notre place, parce que nous avons accompli tant de choses. »

À l’occasion d’un spectacle, elle a communiqué avec quatre jeunes musiciens classiques et les a invités à présenter au public un compositeur classique noir. Il s’agissait entre autres du compositeur du 18e siècle Joseph Bologne, Chevalier de Saint-Georges, fils d’une femme noire réduite en esclavage et de son esclavagiste, un aristocrate français.

L’année dernière, elle a présenté une série de concerts intitulée We are Country.

« J’ai été inspirée par l’album Cowboy Carter de Beyoncé, qui a remis les racines noires de la musique country sous les feux de la rampe, explique Joy. Je veux aussi m’assurer que les gens savent que tous les genres de musique nous appartiennent. » L’édition d’Halifax du spectacle mettait en vedette l’auteur-compositeur-interprète primé Julian Taylor.

Célébrations et Révélations

Le 6 février 2026, Julian Taylor revient au Musée, partageant l’affiche avec l’artiste reggae local bien-aimé Jah'Mila à l’occasion d’un spectacle intitulé Célébrations et Révélations. À Toronto, plus tard dans le mois, Julian Taylor jouera au TD Music Hall. « Nous sommes à guichets fermés à Toronto. Il restait un billet hier et avant que je puisse le prendre, quelqu’un d’autre l’a acheté », dit-elle.

Bien que le message d’appartenance soit important pour le public noir, il est clair que ces spectacles s’adressent à tout le monde. « Je veux un vaste public ressemblant au Canada », dit-elle. Elle s’appuie sur des partenaires locaux, comme le Musée, à Halifax, pour attirer ce public.

« J’apprécie l’occasion qui m’est donnée de m’associer au Musée, au Groupe Banque TD et aux musiciens et musiciennes noirs, déclare Joy, pour montrer aux Canadiens et aux Canadiennes que les Noirs ont offert et continuent d’offrir une importante contribution au Canada. »

Les billets pour le concert du 6 février au Musée peuvent être réservés ici.