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Sister Florence Kelly
Sisters of Service

Located at Column 20, Row 29

Biographie personnelle

Soeur Florence Kelly
Bénévole des Sœurs de Service
Édifice de l’immigration du Quai 21

Inscription sur la croix portée par les Sœurs de Service – « Je suis là pour servir »

Née à Windsor, en Ontario, Florence Kelly a déménagé avec ses parents à l’âge de 7 ans vers une ferme de Greenock Canton, comté de Bruce, en Ontario, où elle a passé ses années de scolarisation. Durant cette période, elle a appris beaucoup de choses, l’autonomie, l’indépendance et ce que signifie vraiment travailler dur. C’était une battante, pleine d’entrain, prompte à faire des blagues et sans la moindre crainte quand elle décidait de prendre position. Ce que vous reteniez d'elle à prime-abord, c’était son rire cascadant et la chaleur qu’elle apportait à chaque rencontre. N’ayant pas d’enfant, elle devint la tante aimante des enfants partout.

Ce n’était pas une « sœur ordinaire ». Le jour où elle est entrée au couvent, son jeune frère paria qu’elle n’y resterait pas longtemps, peut-être en considérant le fait que la veille encore, elle était sortie avec un cavalier. Plus tard, au cours de ses 55 ans de vie religieuse, elle empocha le vingt-cinq sous qu’il avait parié.

Elle arriva au Quai 21 en 1950, et Halifax deviendrait son chez-soi pour les cinq années suivantes. Des navires arrivaient chaque jour, parfois 3 dans la même journée, amenant leur flux d’immigrants provenant des camps de personnes déplacées dans cette Europe d’après-guerre, certains portant encore des médailles comme des chiens. Il y avait des femmes venant rejoindre leur mari arrivé plus tôt, avec deux ou trois enfants et apportant tous leurs biens terrestres, ayant bravé 10 ou 12 jours sur l’Atlantique et arrivant vers je ne sais quoi et je ne sais où. Les nouveaux arrivants avaient le plus grand besoin d’un « agent d’ordonnancement », et Florence Kelly répondait certainement à ce besoin. Elle veillait sur eux durant le processus, gardait les enfants occupés, aidait à les guider à travers les papiers administratifs, traduisait pour le personnel, s’assurant qu’ils prennent le bon train vers leur nouvelle existence, quelque part. Une journée typique de travail pouvait se prolonger jusqu’à 3 heures du matin, et Sœur Kelly se retrouvait souvent marchant aux petites heures vers le couvent de la rue Tobin, pour se relever peu après pour recommencer une journée semblable.

Elle a souvent accompagné des groupes d’immigrants à Montréal, travaillant son accent d’allemand appris au collège jusqu’à ce qu’il sonne exactement comme celui de leur région. Durant le processus, elle devint l’objet d’une blague circulant au Quai. Les gens dirigés vers la « sœur allemande » disaient que c’était réconfortant d’entendre parler quelqu’un de la même région. Quel était son nom ? Kelly. Pas très courant là-bas en Allemagne !

Une immigrante, Inge Vermeulen parle de son expérience avec la Sœur de Service, et on aimerait à croire qu’il s’agit de la « sœur allemande ». « C’est la gentillesse dans sa voix qui a fait que je la remarque à travers les bruits de la gare ». « Vous avez l’air si fatiguée », me dit-elle. « Puis-je vous aider » ? Qui était cette femme ? Était-ce une religieuse canadienne ? « Laissez-moi amener les enfants à la garderie pendant que vous allez dans la salle d’attente manger quelque chose ». Et elle partit avec les bagages tandis que je suivais avec les sacs, me demandant toujours quoi faire.

Tout en appréciant son aide, je me sentis tenue d’être honnête avec elle et de lui dire la vérité sur nous. Je murmurai « nous sommes protestants ». Elle rit. « Vous êtes des gens qui ont besoin d’un coup de main, n’est-ce pas » ? Une religieuse catholique prenant soin des enfants d’immigrants protestants, cela dépassait tout ce que j’avais pu voir dans mon Allemagne natale. Était-ce cela être CANADIEN ?

Elle pouvait être rude, si la situation l’exigeait. À bord du train vers Montréal, elle avait poursuivi un porteur d’un bout à l’autre du train, du feu dans les yeux, pour l’obliger à rendre la monnaie exacte qu’il avait prise à une immigrante peu familière avec « la nouvelle monnaie ». Travaillant à Gander, des années plus tard, elle a été approchée par une jeune fille tchèque, Veronika Martenovo qui voulait faire défection. C’était au plus fort de la Guerre froide et les tensions étaient exacerbées. Les accompagnateurs de Veronika étaient inflexibles pour exiger son retour, tentant d’intimider cette none exaspérante qui leur barrait le chemin. Florence a tenu bon. Veronika Martenovo est restée. Pour la remercier, Veronika a donné ce jour-là à Sœur Kelly une croix que Florence a conservé le reste de sa vie. Quelques semaines avant sa mort, Florence l’a renvoyée à Veronika, en souvenir de la détermination et du courage qu’elles avaient partagés.

Par-dessus tout, c’était son amour de la vie qui la rendait si remarquable. Un collègue de travail à Regina, Bill Blanch s’est souvenu « qu’elle vivait la vie comme une danse et qu’elle avait l’habitude de faire son petit numéro. Un jour, elle a pris part à un défilé de la ville déguisée en clown, chevauchant une bicyclette. Elle a mis de la vie dans le défilé ».

Lors de son 50e anniversaire de vie religieuse, sa famille a recueilli de l’argent pour commémorer l’évènement. Que voulait-elle en faire ? « Aller à Las Vegas », répondit-elle, et sa sœur et son cousin s’empilèrent dans un avion pour trois journées de plaisir, jouant aux machines à sous et riant sans arrêt. « Nous n’avons dormi que 2 ou 3 heures par nuit, raconta-t-elle à son retour. Pas mal pour une religieuse de 74 ans. Mais très typique de Sœur Florence Kelly.

L’histoire de la bénévole Sœur Florence Kelly, telle que racontée par Patrick Kelly.

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