Mur de Service
Colonne
28
Rangée
2
Pays d’origine : Angleterre
Nom du navire : Letitia
Port de départ : Liverpool, Angleterre
Date de départ : 28 mai 1946
Port d’entrée : Quai 21, Halifax, Nouvelle-Écosse
Date d’arrivée : 4 juin 1946
Âge à l’arrivée : 23 ans
Âge à l’arrivée (fille) : 10 mois
Joan Winifred Mitchell (affectueusement connue sous le nom de Fiffe), la plus jeune enfant de James et Elizabeth Mitchell (née Legassick), est née à la maison dans le nord de Londres en 1923. Elle avait une sœur, Lily, et quatre frères : Jim, Len, Charlie et Jack. À la fin de son adolescence, elle a travaillé comme secrétaire au Ministry of Defense anglais. L’histoire de Joan aurait pu s’arrêter là. Un soir, Joan a terminé son travail en retard et a manqué de quelques minutes l’autobus qui la ramenait chez elle. Le lendemain matin, elle a appris que le bus qu’elle avait manqué avait été touché par une bombe allemande, tuant tous les passagers.
Au début de l’année 1941, elle a accepté à contrecœur la proposition de ses collègues de se joindre à eux après le travail à la salle de danse locale : Hammersmith Palace. C’est là qu’elle a rencontré Les Gallant, un beau soldat de l’Aviation canadienne. Les était inscrit à l’université, mais les soirs où il était libre, ils sortaient ensemble. Les a finalement été transféré au Canada pour y suivre une formation de mitrailleur. À son retour, il a retrouvé Joan à l’endroit même où ils s’étaient rencontrés. Après environ un an de fréquentation, ils se sont mariés en janvier 1945. Trois heures après leurs vœux, Les a pris un train pour East Moor, dans le Yorkshire, où il a rejoint le 432e Escadron. Leur fille Pauline est née plus tard dans l’année.
Un autre rebondissement a failli mettre fin à leur histoire : Joan résidait avec ses parents à Londres lorsqu’elle a reçu un télégramme du Ministry of Defense anglais. Le bombardier Halifax de Les n’était pas revenu d’une mission nocturne au-dessus de l’Allemagne, ce qui laissait supposer que tous les membres de l’équipage avaient péri. Après une semaine de deuil, Joan a été stupéfaite lorsqu’elle a répondu à la porte pour y trouver Les debout, perplexe face à son émotion débordante. Il a expliqué que leur bombardier avait été attaqué et qu’il avait perdu le contrôle du gouvernail et d’un moteur pendant le vol de retour. Plutôt que de sauter au-dessus des lignes ennemies, l’équipage avait réussi un atterrissage d’urgence sur un aérodrome américain de la côte sud de l’Angleterre. La confusion s’est produite lorsque le commandant de la base aérienne américaine n’a pas transmis leur atterrissage à la RAF 432 East Moor.
Les a effectué sa dernière mission en février 1945 et a continué à travailler à la base jusqu’à la fin du conflit européen en mai. Il a été déployé au Canada peu de temps après et a reçu sa libération en novembre 1945. Pendant ce temps, Joan était confrontée à la décision la plus difficile de sa vie : déménager dans un nouveau pays. En mai 1946, elle a quitté Liverpool avec sa fille à bord du Letitia et est arrivée huit jours plus tard au Quai 21 à Halifax, en Nouvelle-Écosse, pour commencer sa nouvelle vie.
En 1946, Les travaillait à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Il a accueilli sa femme à la gare; ce n’est qu’à ce moment qu’il a vu sa fille Pauline pour la première fois. Joan avait eu quelques difficultés à s’adapter à sa nouvelle belle-famille, qui ne parlait que le français, et aux hivers canadiens froids et rigoureux.
Au cours des quatre années suivantes, la famille a déménagé au fur et à mesure que Les poursuivait ses études. Ils se sont installés à Sackville, au Nouveau-Brunswick, où Les a suivi les cours à Mount Allison University et où ils ont accueilli leur deuxième fille, Rosalind. Ils se sont ensuite installés à Halifax, en Nouvelle-Écosse, où Les a fréquenté Dalhousie University et où est né leur fils Philip.
Une fois que Les a obtenu son diplôme, ils se sont installés à Moncton pendant 10 ans, où Les a travaillé dans les ressources humaines pour le chemin de fer CN. Pendant cette période, ils ont eu quatre autres enfants : Michael, Denise, Robert et Raymond. Avec sa famille qui s’agrandissait, Les a accepté un poste au siège social du CFCN à Montréal, au Québec. C’est là qu’est née leur dernière fille, Joanie.
Après 18 ans passés à Montréal, Joan et Les ont opté pour une retraite anticipée et sont revenus dans la région de Moncton pour construire la maison de leurs rêves sur un grand terrain boisé au bord de la rivière Shediac. Après le décès de Les en 1994, Joan a déménagé au Royal Court Seniors Living à Riverview, au Nouveau-Brunswick, où elle a vécu avec bonheur ses dernières années. À la mort de Joan en 2016, à l’âge de 91 ans, elle a été enterrée dans le lot familial à Grande-Digue, au Nouveau-Brunswick.
Joan était une femme chaleureuse, quelque peu réservée et déterminée, qui a toujours su tirer le meilleur parti de ce qu’elle avait. Sa devise, qu’elle a inculquée à ses enfants, était « la vie est ce que l’on en fait. » Ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants lui procuraient une grande joie, mais elle gardait toujours une place dans son cœur pour l’Angleterre et pour la famille qu’elle a laissée derrière elle. Lorsqu’on lui a demandé, le jour de son 91e anniversaire, si elle avait des regrets dans sa vie, elle s’est arrêtée et a répondu : « Pas un seul. » Merci, Maman, d’avoir inculqué à chacun d’entre nous cet esprit britannique de résilience et de persévérance.
Ta famille canadienne qui t’aime.




