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Réinstallation et rapatriement des réfugiés kosovars au Canada

par Jan Raska PhD, Chercheur

Un groupe d’enfants sur un chemin de terre.

De jeunes réfugiés kosovars posent devant les installations du « site de soutien » du camp Argonaut (aujourd’hui le Centre d’entraînement des cadets Argonaut), BFC Gagetown, 1999.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (D2017.635.35)

En février 1998, un conflit ethnique généralisé s’est déclaré dans la province yougoslave du Kosovo. Un conflit armé entre les forces de la République fédérale de Yougoslavie et l’Armée de libération du Kosovo (UCK) éclate alors. À cause de ce conflit, et par crainte d’une poursuite du nettoyage ethnique, des milliers d’Albanais de souche qui habitaient dans la province ont cherché refuge en Albanie et en Macédoine, des pays voisins. En raison de cet important mouvement de population, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a fait appel à la communauté internationale afin d’obtenir un soutien politique, financier et logistique. L’UNHCR était préoccupé par la protection des Kosovars qui avaient cherché la sécurité et l’abri en dehors de leur patrie. Pour sa part, le gouvernement canadien a proposé d’offrir un refuge temporaire à 5 000 réfugiés kosovars. Une fois au Canada, ces réfugiés auraient le droit de demander le statut de résident permanent. Au cours des décennies précédentes, le gouvernement canadien avait réinstallé des réfugiés en quête d’un lieu sûr, dont quelque 37 500 Hongrois entre 1956 et 1958, plus de 11 200 Tchèques et Slovaques entre 1968 et 1969, et environ 60 000 Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens entre 1979 et 1981. Dans la foulée de ces programmes spéciaux de grande envergure pour les réfugiés, le mouvement des réfugiés kosovars a néanmoins créé un précédent important : pour la première fois, le gouvernement canadien participait à un programme d’évacuation humanitaire d’urgence conçu pour offrir une protection temporaire aux personnes vulnérables fuyant un lieu d’exode massif.[1]

Le mouvement des réfugiés kosovars est important à trois égards. Premièrement, il a été relativement court puisque des milliers de réfugiés ont été amenés au Canada en moins d’un mois. Deuxièmement, le mouvement kosovar a été organisé autour de centres de soutien situés sur des bases des Forces canadiennes (BFC), qui ont fourni de l’hébergement et des produits de première nécessité à ces réfugiés pendant plusieurs semaines. Finalement, les fonctionnaires canadiens ont réinstallé les réfugiés kosovars au Canada tout en étant conscients que certains d’entre eux souhaiteraient peut-être être rapatriés au Kosovo. Par conséquent, le rapatriement a été inclus dans le programme de réinstallation.[2] Ce plan répondait aux conditions énoncées dans le cadre des « solutions durables » pour les populations réfugiées de l’UNHCR, tout particulièrement en ce qui a trait à ses trois principes fondamentaux : le rapatriement volontaire, la réinstallation et l’intégration. Avec ce plan, l’UNHCR cherche à trouver des solutions pratiques au sort des réfugiés et de leurs familles.[3]

L’Opération Parasol : un programme d’évacuation humanitaire d’urgence

Le programme d’évacuation humanitaire d’urgence du gouvernement canadien pour les réfugiés kosovars naît au sein de l’UNHCR. Le Haut Commissaire pour les réfugiés, Sadako Ogata, a fait pression sur les gouvernements nationaux afin qu’ils aident à trouver un refuge pour les quelque 350 000 personnes qui ont fui le Kosovo dans un espace de onze jours au mois de mars 1999.[4] Le 24 mars, après plusieurs tentatives infructueuses de parvenir à une solution diplomatique qui empêcherait de nouveaux déplacements, un nettoyage ethnique et l’instabilité dans la région, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a lancé l’opération Allied Force. Cette opération s’est matérialisée en un bombardement aérien de la Yougoslavie, forçant les troupes yougoslaves à quitter le Kosovo et empêchant la Yougoslavie d’aggraver la crise des réfugiés.[5]

Au départ, les responsables canadiens hésitaient à accueillir des réfugiés kosovars au Canada. La ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Lucienne Robillard, a bien démontré ce fait en demandant pourquoi le gouvernement canadien n’aiderait pas plutôt les gouvernements de la Macédoine et de l’Albanie, plutôt que d’accepter des Kosovars au Canada. Plusieurs mois auparavant, la ministre Robillard avait examiné la politique canadienne en matière de réfugiés et tranché contre le statut temporaire de protection des réfugiés. Cette décision était conforme aux décisions antérieures du gouvernement canadien, qui préférait employer une politique de réinstallation permanente à l’offre d’un statut temporaire aux réfugiés. Gerry Van Kessel, directeur général de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) et responsable des réfugiés, se souvient que la ministre Robillard avait convenu, lors d’un appel téléphonique, qu’il était préférable que le Canada fournisse une aide financière à la Macédoine et à l’Albanie plutôt que de réinstaller des réfugiés. Malgré cette évaluation, les responsables de CIC ont appris quelques heures plus tard que le premier ministre Jean Chrétien s’était entretenu avec le président américain Bill Clinton et avait convenu d’accueillir 5 000 réfugiés kosovars.

Pour les responsables canadiens, la politique sur l’évacuation des réfugiés kosovars est restée floue, malgré les décisions bureaucratiques du passé. Du mouvement kosovar, Gerry Van Kessel a d’ailleurs affirmé que :

 ...l’évacuation des Kosovars a été une réaction très politique qui a pris le dessus sur la sagesse pratique et l’expérience des experts en matière de réfugiés. Pour le Canada, l’approche politique n’avait pas été clarifiée. Les Kosovars arrivaient en possession d’un statut temporaire. Officiellement, il était entendu qu’ils rentreraient chez eux dès que possible. D’ailleurs, une politique d’installation permanente aurait joué le jeu de Milošević, [alors président de la Yougoslavie], qui voulait débarrasser le Kosovo de sa population albanaise. Or, le Canada n’avait pas de politique concernant le statut temporaire et cette nouvelle approche s’inscrivait mal dans son cadre existant qui privilégiait la réinstallation permanente.[6]

Les limites de la politique canadienne, qui visait strictement la réinstallation, ont été mises en lumière lorsque l’UNHCR a proposé une réinstallation temporaire des Kosovars. De surcroît, la réaction du gouvernement macédonien à l’arrivée de dizaines de milliers de réfugiés du Kosovo sur son territoire a davantage compliqué la situation. Les responsables macédoniens ont fait valoir que l’arrivée de ces Kosovars albanais menaçait de déstabiliser l’équilibre ethnique déjà délicat qui existait au pays entre les Slaves et les Albanais. De plus, le président macédonien, Kiro Gligorov, a exigé que les Nations unies demandent l’aide de la communauté internationale pour réinstaller les réfugiés kosovars.[7]

Des hommes et des femmes se lavent les mains dans des bassines en métal placées en rangée. Il y a des tentes en arrière-plan.

Des réfugiés kosovars se lavent les mains dans les bassins métalliques d’un camp de l’UNHCR de Neprošteno, en Macédoine, 1999.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (D2017.635.116)

Des enfants saluent de la main.

Des enfants kosovars dans un camp de réfugiés de l’Albanie, vers 1999.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (D2017.635.110)

Le jour suivant, le 4 avril (dimanche de Pâques), Ottawa a répondu à l’UNHCR, acceptant d’évacuer 5 000 réfugiés. Ce nombre s’est finalement élevé à plus de 7 000 personnes. Le gouvernement canadien a consolidé ses efforts dans le cadre d’un programme d’évacuation humanitaire, l’« Opération Parasol », qui regroupait des ministères fédéraux, des autorités provinciales, des organisations non gouvernementales et des volontaires. Tous travaillaient à coordonner la réinstallation au Canada des réfugiés kosovars qui se trouvaient dans les camps macédoniens et albanais. Peu après, les responsables canadiens ont formé des partenariats avec l’UNHCR et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Au sein de CIC, un fonctionnaire a présenté des procédures qui avaient été mises au point deux décennies plus tôt, lors de la réinstallation au Canada des « boat people » du Vietnam, du Cambodge et du Laos.[8]

La coopération du ministère de la Défense nationale (MDN), appelé à fournir un abri temporaire aux réfugiés sur ses bases militaires, a été essentielle au succès de l’Opération Parasol. Au cours des décennies précédentes, l’armée canadienne avait joué un rôle essentiel dans la réinstallation des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, notamment en 1972, lorsque les Asiatiques ont été expulsés de l’Ouganda.[9] Les responsables fédéraux ont demandé l’aide du MDN pour la première fois le dimanche de Pâques. En l’espace de quelques jours, celui-ci avait préparé et ouvert des installations militaires jusque-là inutilisées. Le 6 avril, les autorités militaires canadiennes ont donné un ordre d’avertissement aux BFC ontariennes de Borden, Kingston, Meaford, Petawawa et Trenton. Ce préavis de 72 heures les avertissait qu’elles auraient bientôt à accueillir quelque 5 000 réfugiés kosovars. Pour sa part, la BFC Valcartier, située à Québec, est devenue un site de réserve. Le 9 avril, les BFC Aldershot, Greenwood et Halifax en Nouvelle-Écosse et Gagetown au Nouveau-Brunswick ont également été incluses dans la liste des sites militaires participant à l’Opération Parasol. Tandis que CIC assurait le leadership opérationnel, les autorités militaires canadiennes fournissaient un soutien. logistique : transport, hébergement, nourriture et examens médicaux.[10] La Croix-Rouge canadienne a également joué un rôle important, car l’organisation estimait que les réfugiés devaient continuer à recevoir l’aide d’une organisation avec laquelle ils s’étaient familiarisés en Albanie et en Macédoine. John Mulvihill, Directeur national des services de secours et de prévention des catastrophes pour la Croix-Rouge canadienne, se souvient que « la Croix-Rouge était au Kosovo jusqu’à la veille de l’intervention de l’OTAN. »[11]

À l’époque, l’ambassadeur du Canada en Yougoslavie et en Macédoine, Raphaël Girard, a informé le Haut Commissaire Sadako Ogata que si certains réfugiés kosovars devaient être réinstallés, il fallait les amener dans des pays voisins plutôt que de les transférer dans des pays d’outre-mer, comme le Canada, l’Australie ou les États-Unis, qui avaient établi des politiques de réinstallation permanente plutôt que des politiques de réinstallation temporaire.[12] Dans les jours qui ont suivi son premier appel à la communauté internationale, l’UNHCR a réévalué ses besoins en matière d’évacuation à l’étranger pour se concentrer davantage sur la réunification des familles et les personnes ayant des besoins particuliers. L’UNHCR a informé les États membres non européens que la situation sur le terrain était toujours instable et que leur aide pourrait encore être nécessaire. Le gouvernement canadien a décidé de maintenir un état de disponibilité afin d’aider l’évacuation d’un grand nombre de réfugiés (et ce, en moins de trois jours) si le besoin s’en faisait sentir. Bien que de nombreux aspects de l’opération du gouvernement canadien étaient toujours en attente, les responsables canadiens sur le terrain ont commencé à accélérer les cas prioritaires de l’UNHCR, notamment les personnes ayant des problèmes médicaux urgents, les personnes à risque et les personnes vulnérables comme les femmes et les enfants, les personnes âgées, les bébés et les personnes ayant des membres de leur famille dans d’autres pays. L’UNHCR a informé les agents canadiens que les réfugiés ne devaient pas être évacués sans leur consentement et que les familles ne pouvaient pas être séparées, même si les membres de la famille élargie devaient être logés, et que les réfugiés sélectionnés devaient être enregistrés et jugés aptes à voyager. À la lumière de ces exigences, les agents canadiens ont commencé leur travail de présélection et de sélection, bien que les infrastructures dont ils disposaient n’étaient pas à la hauteur de la tâche : ils n’avaient ni bureaux, ni téléphones.[13]

Identification et enregistrement des réfugiés kosovars se trouvant dans les camps albanais et macédoniens

Le 10 avril 1999, deux fonctionnaires du service extérieur de CIC ont été envoyés en Macédoine pour travailler dans deux camps de réfugiés situés à l’extérieur de la capitale de Skopje (camp Stenkovac 1 (Brazda) et Stenkovac 2). Avec l’aide d’un agent canadien déjà sur le terrain, l’un des fonctionnaires a été chargé de retrouver les réfugiés dont le nom apparaissait sur les formulaires d’identification de parents qui avaient été fournis par les membres de leur famille se trouvant au Canada. Entretemps, l’autre fonctionnaire travaillait aux côtés de l’UNHCR et de l’OIM afin d’enregistrer les réfugiés kosovars des camps, aidant l’UNHCR par la suite à sélectionner les réfugiés qui devaient être réinstallés dans d’autres pays européens. Les fonctionnaires canadiens ont trouvé les conditions de vie en Albanie plus difficiles que celles de[14] la Macédoine. « La communication était difficile. Les téléphones portables sont morts vers deux heures de l’après-midi... Déplacer les réfugiés demandait beaucoup de ressources. Les entretiens pouvaient prendre beaucoup de temps lorsque des familles nombreuses avec beaucoup d’adultes étaient impliquées. Elles pouvaient durer entre une demi-heure et une journée entière », se souvient Michael Boekhoven, agent du service extérieur de CIC posté en Albanie. À la fin d’avril, les camps de la Macédoine débordaient de réfugiés kosovars qui risquaient d’être forcés à rentrer chez eux. Réalisant que la situation s’aggravait, l’UNHCR a demandé l’aide des gouvernements australien, canadien et américain pour évacuer des réfugiés outre-mer. Moins de trois jours après la demande de l’UNHCR, les autorités canadiennes, qui avaient conservé leur état de disponibilité, ont réagi en acceptant l’appel à l’aide.

Le gouvernement canadien a participé à ce programme d’évacuation d’urgence afin d’offrir un asile temporaire aux réfugiés. Les fonctionnaires canadiens ont choisi de fournir un abri temporaire aux réfugiés kosovars, avec l’idée qu’ils pourraient plus tard demander la résidence permanente au Canada. Les responsables canadiens dans les camps de réfugiés de Macédoine et d’Albanie avaient constaté qu’un grand nombre de réfugiés kosovars étaient réticents à l’idée de se réinstaller au Canada.[15] Certains d’entre eux estimaient que le Canada était trop lointain et trop froid pour une réinstallation réussie. Ils cherchaient à rester relativement près de leur pays d’origine et attendaient un éventuel retour dans leur pays. Malgré ces perceptions du Canada, les réfugiés kosovars qui avaient résidé le plus longtemps dans les camps étaient souvent les plus disposés à se réinstaller outre-mer. Les agents canadiens sur le terrain ont donc mis sur pied un système pour remplir un vol nolisé vers le Canada chaque jour. Une fois que la liste des réfugiés enregistrés dans chaque camp était informatisée, elle était affichée dans tout le camp. Les chefs de famille étaient invités à se rendre à la tente canadienne avec leurs documents pour confirmer qu’ils souhaitaient être réinstallés au Canada. Puis, une liste de passagers et une liste de réserve étaient préparées tous les jours afin de remplir chaque avion. L’OIM préparait ensuite le transport. Les réfugiés étaient amenés au Canada à bord de l’ancienne ligne aérienne canadienne Royal Airlines.[16]

« Aptes à voyager »? Les examens médicaux avant le départ vers le Canada

Avant que les réfugiés kosovars ne puissent monter à bord d’un avion, les médecins canadiens devaient déterminer s’ils étaient « aptes à voyager ». Chaque réfugié recevait un code d’identification par couleur. Un code « rouge » désignait les personnes ayant besoin de soins médicaux immédiats à leur arrivée au Canada. Le code « jaune » désignait les personnes ayant des problèmes potentiels qui nécessiteraient une assistance peu après leur arrivée. Le code « vert », pour sa part, désignait les personnes qui pouvaient attendre le lendemain de leur arrivée pour consulter un médecin. Les renseignements médicaux étaient envoyés par fax des camps aux centres d’accueil des BFC Trenton et Greenwood, pour que le personnel médical puisse se préparer à l’arrivée des réfugiés. Cependant, peu de problèmes médicaux graves ont été signalés parmi les réfugiés venus au Canada. Seulement un pour cent des réfugiés avaient reçu un code « rouge ». Cinq à six pour cent avaient reçu un code « jaune ». Le reste avait reçu le code « vert ». Pendant leur voyage en bus vers l’aéroport, les réfugiés kosovars ont reçu de l’information sur la réinstallation au Canada et sur l’obtention d’un emploi. Pourtant, la plupart des personnes ne se sont pas intéressées à cette information, préférant se concentrer sur leur retour éventuel au Kosovo. Boekhoven se souvient qu’« un grand nombre d’entre eux parlaient avec insistance de leur désir de rentrer chez eux... Ils étaient très attachés à la terre et à leur famille élargie. »[17]

Une grande foule rassemblée autour d’une grande tente verte et d’un autobus.

Des réfugiés kosovars passent par la dernière vérification avant de s’envoler vers le Canada, 1999.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (D2017.827.47)

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Des centres d’accueil aux sites de soutien : le traitement des réfugiés kosovars au Canada

Le 27 avril 1999, deux familles kosovares sont arrivées à Toronto et ont été accueillies par la ministre Robillard.[18] Il s’agissait des premiers réfugiés à arriver au Canada dans le cadre du programme accéléré de réunification des familles du Kosovo (KOF).[19] Quelques jours plus tard, le 4 mai, le premier vol du programme d’évacuation humanitaire (KOS) est arrivé à la BFC Trenton en Ontario. Les vols nolisés alternaient entre les BFC Trenton et Greenwood en Nouvelle-Écosse. Au total, vingt et un vols ont amené plus de 7 000 réfugiés kosovars au Canada, avec des arrivées presque quotidiennes.[20] Kushtrim Vuniqi, qui n’avait que neuf ans lorsqu’il a atterri à la BFC Greenwood, se souvient que « ... les portes de l’avion se sont ouvertes. Je pouvais voir une foule de gens qui attendaient avec des ours en peluche et des drapeaux canadiens. Ils nous acclamaient. J’avais un sentiment de chaleur et de bonheur. Je me sentais à nouveau comme un enfant. »[21] Le 26 mai, le dernier vol d’évacuation est arrivé au Canada. Plus de 90 % des réfugiés ont été accueillis aux BFC Trenton et Greenwood. Le gouvernement canadien a fait venir 5 051 réfugiés kosovars au Canada dans le cadre de l’Opération Parasol, et 2 292 autres ont été admis dans le pays dans le cadre du programme de réunification des familles, qui s’est poursuivi plusieurs mois après la fin de l’évacuation.[22]

À leur débarquement à la BFC Trenton, les réfugiés ont été accueillis par la ministre Robillard, la représentante de l’UNHCR au Canada Yilma Makonnen et le président de la Croix-Rouge canadienne Gene Durnin. Par la suite, les agents d’immigration et des douanes, le personnel militaire, les médecins et les travailleurs de la Croix-Rouge prenaient les réfugiés en charge. À la BFC Trenton, les Kosovars arrivaient vers 17 heures un soir sur deux. Le personnel médical procédait rapidement au « triage à l’aéroport » pour chaque groupe d’arrivants, avec l’aide de la liste et des codes de couleur qui avait été envoyée de Macédoine et d’Albanie. Chaque vol pouvait compter entre 1 et 4 personnes de code « rouge ». Celles-ci étaient envoyées en ambulance dans un hôpital voisin, à Belleville. En raison du long voyage, la déshydratation était fréquente chez les réfugiés. Dans certains cas, cela aggravait leur état de santé. Une femme de 94 ans a, par exemple, souffert d’un arrêt cardiaque après son débarquement. Elle a été envoyée d’urgence à l’hôpital général de Belleville où, après quelques jours, elle a retrouvé la santé. Les réfugiés au code « jaune » ou ayant besoin de soins limités pouvaient également être pris en charge par des médecins militaires canadiens.[23]

Afin de traiter efficacement les réfugiés, les fonctionnaires canadiens avaient préparé des équipes d’escorte, composées d’un militaire et d’un bénévole, qui supervisaient des groupes de sept à quatorze réfugiés. Les groupes devaient être constitués de familles entières, y compris d’animaux domestiques, afin de garantir que personne ne soit laissé derrière ou ne se perde. Chaque équipe d’escorte était responsable de connaître les allées et venues de chaque réfugié de son groupe et d’assurer son déplacement vers chaque station : immigration, examen médical, identification, douche, repas, distribution de vêtements et de chaussures. Chaque réfugié recevait trois ensembles de vêtements et de nouvelles chaussures. Un élément important du traitement des réfugiés était cette dernière station, souvent appelée « le magasin de chaussures ». Cette station distribuait des chaussures appropriées aux réfugiés, en échangeant les chaussures jugées que les fonctionnaires canadiens trouvaient « malsaines pour l’agriculture » ou trop sales pour être nettoyées. En effet, les chaussures apportées au Canada auraient pu contenir des matières organiques, par exemple des sols étrangers, qui pourraient être nocives et même dangereuses pour l’agriculture canadienne. Ces articles étaient confisqués, puis incinérés. De même, les agents des douanes canadiennes inspectaient les bagages et confisquaient tous les articles interdits, comme la nourriture. Au total, le processus de réception prenait moins d’une heure.[24]

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Le premier soir du programme d’évacuation d’urgence, 550 repas ont été servis aux réfugiés, aux bénévoles et au personnel. Les enfants ont reçu des « Zeddy Bears » offerts par l’ancien grand détaillant canadien Zellers. À la BFC Trenton, les réfugiés ont été transportés en bus jusqu’à la BFC Mountain View située à proximité, où de grands hangars étaient prêts à les accueillir. Un « centre médical » composé d’un « ensemble de 8 remorques, de quelques tentes et de 2 hangars remontant à la Guerre mondiale, tous reliés par des tunnels en contreplaqué » a servi de premier hébergement à des centaines de réfugiés kosovars pour leur première nuit au Canada. Il a également servi de centre d’examens médicaux pour tous les Kosovars arrivant en Ontario. Le lendemain matin, les réfugiés commençaient leurs examens médicaux à 7 heures. Le processus au « centre médical » prenait 2 ou 3 heures. Le système rappelait l’aide offerte par les Forces armées canadiennes pour contrôler les arrivants ougandais d'origine asiatique à la BFC Montréal (Longue-Pointe) en 1972; le traitement d’un avion complet exigeait entre 12 et 16 heures. À Mountain View, les Kosovars recevaient une carte d’identité et étaient envoyés dans l’aile médicale qui abritait des salles d’examen équipées de machines à rayons X portables, une pharmacie et des salles de bain. Les réfugiés y étaient examinés et vaccinés. Chaque vol employait les services d’une douzaine de médecins.[25] Le responsable du CIC sur place, Doug Corrigan, se souvient que :

Leur état de santé m’a vraiment surpris... Ils étaient très fragiles. Ils pouvaient sembler parfaitement en santé, puis avoir besoin d’être évacués vers l’hôpital après leur passage au centre médical... L’expérience à Mountainview s’est avérée très difficile... Nous faisions de longues heures, jusqu’à tard dans la nuit, auprès des militaires, de la Croix-Rouge, de Santé Canada et des autorités locales et provinciales, pour veiller à ce que les mandats de tous soient respectés. Nous devions finir le traitement de chaque vol en moins de 24 heures afin de faire le ménage et de nous préparer au vol suivant.[26]

Après le traitement des réfugiés kosovars par les autorités canadiennes, les autorités militaires et la Croix-Rouge canadienne, ils ont été envoyés dans des « sites de soutien » situés dans d’autres bases militaires. Ces sites ont permis de les héberger pendant leurs huit à douze premières semaines au Canada. Les réfugiés kosovars ont par la suite été placés chez des répondants privés dans tout le Canada. Le directeur de la réinstallation de CIC Rick Herringer était responsable de la gestion et de la coordination de l’Opération Parasol pour le gouvernement canadien. Il se souvient que « notre expérience passée avec les réfugiés indochinois et bosniaques a montré que la meilleure façon d’aider les réfugiés était de travailler avec les communautés et les organisations locales. La seule différence avec le programme du Kosovo était que les nouveaux arrivants restaient plus longtemps (plusieurs semaines) dans les sites de soutien avant d’être déplacés. » Dans le cas du mouvement indochinois (1979-1981), les réfugiés ne restaient que deux ou trois jours dans les centres d’accueil avant d’être placés chez des répondants privés.[27] Néanmoins, l’hébergement prolongé des Kosovars dans les sites de soutien était justifié. Ismael Aquino, une infirmière diplômée qui a travaillé pour la Croix-Rouge canadienne en Nouvelle-Écosse, décrit l’accueil des réfugiés kosovars à la BFC Greenwood :

D’une part, il fallait les accueillir et nous assurer qu’ils étaient bien soignés. Ils allaient être traités médicalement à l’aéroport de [la BFC] Greenwood, puis il fallait les installer dans les sites de soutien, alors nous devions nous assurer de répondre à leurs besoins, tout en traitant de choses comme l’interprétation, veiller à ce qu’ils se rendent à leurs rendez-vous médicaux et puis, vous savez, le soutien psychosocial, car certains d’entre eux avaient vécu des choses traumatisantes pendant le conflit... Et bon nombre d’entre eux avaient été exposés à des scénarios traumatisants...[28]

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Les réfugiés kosovars des BFC Trenton et Mountain View ont été acheminés aux BFC Kingston et Borden en Ontario, tandis que ceux qui sont arrivés à la BFC Greenwood ont été amenés à la BFC Aldershot et BFC Halifax en Nouvelle-Écosse et à la BFC Gagetown au Nouveau-Brunswick. À la base militaire de Gagetown, les réfugiés kosovars étaient logés dans un complexe d’entraînement pour les cadets de l’Armée, connu sous le nom de Centre d’entraînement d’été des cadets de l’Armée Argonaut (“« Camp Argonaut »)[29] Après leur arrivée dans les différents sites de soutien, les réfugiés kosovars avaient accès à des cliniques médicales, à des salles à manger, à des buanderies, à des installations de loisirs et de soins pour enfants, et à des magasins pour les produits de première nécessité. Les agents d’immigration canadiens y finalisaient le processus d’entretien avec chaque famille. Ainsi, les réfugiés recevaient des permis ministériels afin d’entrer dans le pays, des autorisations d’emploi et d’études, une carte de santé et un numéro d’assurance sociale.

Par la suite, chaque famille de réfugiés était jumelée à des répondants à travers le Canada. Chaque base militaire employait environ 40 à 50 interprètes qui pouvaient comprendre l’albanais et évaluer le niveau de compétence des réfugiés en anglais et en français. Après le traitement initial des réfugiés kosovars, bon nombre d’entre eux ont commencé à suivre des cours de langue. Les enfants occupaient leur temps à jouer, tandis que les femmes plus âgées se joignaient à des clubs de tricot. Muharrem Krasniqi, alors connu comme le maire non officiel du camp de réfugiés kosovars de la BFC Trenton, avait affirmé que « les conditions qui nous ont été offertes ici sont cinq cents fois meilleures que celles du camp de Stenkovac. »[30] Entretemps, Alba Rahmani, une jeune femme de 21 ans originaire de Pristina, capitale du Kosovo, travaillait comme interprète pour les fonctionnaires de l’immigration canadienne. Elle affirme alors : « Je ne peux pas croire à quel point les Canadiens sont gentils. Tout le monde sourit constamment. »[31]

En Nouvelle-Écosse, la Metropolitan Immigrant Settlement Association (MISA), l’organisation qui a précédé l’Immigrant Services Association of Nova Scotia (ISANS), a été engagée par CIC pour fournir aux réfugiés kosovars un soutien à l’établissement sur place dans les bases militaires de la province. Du 5 mai au 5 août 1999, la MISA a employé quatre personnes au Camp Aldershot, cinq personnes à Windsor Park (BFC Halifax) et trois remplaçants pour son unité d’établissement. Le personnel aidait les réfugiés récemment arrivés à s’orienter au plan culturel, jouant un rôle important en faisant le lien entre les partenaires locaux, qui n’avaient peut-être aucune expérience en réinstallation de réfugiés, et les réfugiés eux-mêmes. La MISA organisait des réunions individuelles et de groupe, donnait des séances de renseignement informelles, et contribuait à la publication d’un bulletin d’information en albanais pour les nouveaux arrivants.[32]

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Appel aux répondants

En mai 1999, la ministre Robillard et les organisations d’aide aux réfugiés ont lancé un appel aux répondants pour qu’ils aident à réinstaller les réfugiés de façon permanente dans les communautés du Canada. Les fonctionnaires de CIC avaient déterminé que le programme de parrainage d’aide conjointe (PAC) serait le meilleur moyen de permettre aux réfugiés kosovars de se remettre de leurs expériences traumatisantes à l’étranger. Le programme de PAC leur a offert deux ans d’aide financière de la part du gouvernement canadien, de même que le soutien moral et l’amitié de groupes de Canadiens qui avaient accepté de parrainer un réfugié ou une famille de réfugiés. Les communautés albanaises existantes au Canada ont également apporté leur soutien. Les répondants pouvaient être affiliés à un signataire d’entente de parrainage, comme une église ou un organisme communautaire, ou pouvaient former des groupes de cinq Canadiens ou plus avec l’appui d’une association pour parrainer une famille de réfugiés à titre privé. Bien que les autorités provinciales aient accepté de prendre leur part de réfugiés kosovars, les fonctionnaires fédéraux ont été surpris par le nombre de répondants privés qui ont offert leur soutien. Les fonctionnaires de CIC avaient estimé qu’il leur faudrait environ 1 200 à 1 400 répondants. Ils ont reçu l’intérêt de quelque 1 700 personnes.

Un jour plus tard, le premier ministre Jean Chrétien, la ministre Robillard et le secrétaire général de la Croix-Rouge canadienne, le Dr Pierre Duplessis, ont rendu visite aux réfugiés kosovars hébergés à la BFC Borden. Le grand nombre de bénévoles qui travaillaient avec les réfugiés les a impressionnés. La Croix-Rouge canadienne était responsable de la coordination des bénévoles, de l’organisation des activités et de la collaboration avec les donateurs. Les activités organisées comprenaient un match des Blue Jays pour les réfugiés hébergés à Trenton et une visite de la ville pour ceux qui résidaient à Kingston. Les dons à la Croix-Rouge comprenaient des jouets, des vélos, des vêtements et des services, notamment une croisière en bateau dans les Mille-Îles et des soins du visage pour 200 femmes.[33]

Après l’accord de paix : réinstallation permanente ou rapatriement ?

Suite à l’accord de paix du 10 juin 1999 entre l’Armée de libération du Kosovo (ALK) et les autorités yougoslaves, des milliers de Kosovars qui avaient fui leur pays pour chercher refuge ailleurs ont commencé à rentrer chez eux. La nouvelle a vite fait de parvenir aux réfugiés kosovars au Canada. Le premier vol de rapatriement en partance du Canada a décollé le 7 juillet à destination de Skopje, en Macédoine. Malgré l’intérêt de certains des réfugiés à rentrer chez eux, les responsables canadiens ont constaté en 2001 que près de 70 % des Kosovars avaient décidé de se réinstaller de façon permanente au Canada. Le 31 août 1999, après l’accueil réussi des réfugiés kosovars au Canada, les fonctionnaires fédéraux ont mis fin à l’Opération Parasol, tandis que le programme de réunification familiale s’est terminé quelques mois plus tard.[34]

Ismael Aquino, en se rappelant de son expérience d’aide à la réinstallation des réfugiés kosovars, affirme que l’accueil des réfugiés par le Canada « a été une vraie révélation, une véritable ouverture à la vulnérabilité des gens dans les autres pays qui venaient trouver l’asile au Canada... » Bon nombre des Kosovars se sont installés à travers le Canada, et certains ont choisi de rester en Nouvelle-Écosse. Aquino se souvient d’avoir repris contact avec une réfugiée kosovare qui était arrivée à l’âge de 12 ans. Aujourd’hui âgée de 27 ans, elle s’est installée au Canada et a eu deux enfants.[35] Selon l’Association de la communauté albano-canadienne de la Nouvelle-Écosse (Albanian Canadian Community Association of Nova Scotia), près de 200 réfugiés kosovars se sont installés dans la province pour de bon. Cependant, la barrière linguistique, le manque d’emplois favorables et un désir de vivre auprès d’autres réfugiés kosovars en a forcé un grand nombre à chercher des opportunités ailleurs au Canada.[36]

Conclusion

Selon les responsables de CIC, le mouvement kosovar a prouvé que les responsables canadiens, les organisations humanitaires et les groupes communautaires pouvaient collaborer efficacement pour une cause commune : l’évacuation, la réinstallation et l’intégration des réfugiés au Canada.[37] Évoquant ses souvenirs de la crise des réfugiés kosovars, l’ancien ambassadeur du Canada en Yougoslavie et en Macédoine, Raphael Girard, reconnaît que le gouvernement canadien n’avait aucun moyen de fournir une aide temporaire, sauf par l’entremise de son programme de réinstallation des réfugiés. Par conséquent, le mouvement de réfugiés kosovars vers le Canada en 1999 dans le cadre du programme d’évacuation humanitaire (l’Opération Parasol) et du programme de réunification des familles du Kosovo s’est avéré « ... l’exception qui confirme la règle. »[38]

Plusieurs personnes débarquant d’un avion à l’aide d’un escalier.

Des fonctionnaires de l’OIM aident des réfugiés kosovars à débarquent de leur vol de rapatriement à Skopje, en Macédoine, 8 juillet 1999.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (D2017.827.36)

Une femme tient un carré de papier rouge sur lequel est affiché un emblème noir. Un avion se trouve derrière elle.

Un réfugié kosovar tient un drapeau albanien et canadien après son débarquement d’un vol de rapatriement à Skopje, en Macédoine, juillet 1999.

Crédit : Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (D2017.827.37)


  1. Valérie Knowles, Strangers at Our Gates: Canadian Immigration and Immigration Policy, 1540-2015, (Toronto : Dundurn Press, 2016), p. 245. Le Canada a participé à la grande crise du Kosovo comme membre de la Force des Nations Unies pour le Kosovo (KFOR), en fournissant des pilotes qui ont effectué des missions de combat au-dessus de la Yougoslave et en déployant des troupes et des chars. Ce déploiement dans les Balkans était le plus grand déploiement militaire du Canada depuis la guerre de Corée (1950-1953). Voir Canada, ministère de la Défense nationale (ci-après le MDN), « Force pour le Kosovo (KFOR) », dernière modification le 11 décembre 2018, https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/histoire-militaire/histoire-patrimoine/operations-passees/europe/kinetic.html; Anciens combattants Canada, « Les Forces armées canadiennes dans les Balkans » dernière modification le 14 février 2019, https://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/history/canadian-armed-forces/balkans/information-sheet-balkans.
  2. Michael J. Molloy, « The Kosovar Refugee Movement: Introduction », Bulletin de la SHIC, no 48, avril 2006, p. 7. Voir le site Web de la Société historique de l’immigration canadienne, http://cihs-shic.ca/bulletin-du-shic/.
  3. Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Framework for Durable Solutions for Refugees and Persons of Concern, mai 2003, https://www.refworld.org/docid/4124b6a04.html. Voir la page 11 d.u document. Lorsque les « solutions durables » ne sont pas une option, l’UNHCR cherche à ce que les réfugiés puissent obtenir des « voies complémentaires d’admission dans des pays tiers »
  4. Currie, « Kosovo », p. 4.
  5. MDN, Direction - Histoire et patrimoine (ci-après DHP), « Renseignements/information pour l’opération des Forces canadiennes (FC) PARASOL », dernière modification le 28 novembre 2008, http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/od-bdo/di-ri-fra.asp?intlopid=196&cdnopid=236.
  6. Gerry Van Kessel, « The Kosovar Refugee Movement: Comments 1: as seen by a participant », Bulletin de la SHIC, no 48, avril 2006, p. 10.
  7. Raphael Girard, « The Kosovar Refugee Movement: Comments 2: Policy context », Bulletin de la SHIC, no 48, avril 2006, p. 11. Voir aussi, Patrick Quinn, « Macedonia Won’t Accept Refugees », Associated Press News, 3 avril 1999, https://apnews.com/0aec17159895c77a79a0c46d5303eadb.
  8. Currie, « Kosovo », p. 4.
  9. Pour plus de contexte, voir « Op Parasol », Canadian Forces Logistics Association, 2019, https://www.cfla-alfc.org/stories/op-parasol/; Forces armées canadiennes et Kelsey Berg, « Canadian Armed Forces: Logistical; Leaders in Resettlement », NATO Association of Canada, 23 avril 2016, http://natoassociation.ca/canadian-armed-forces-logistical-leaders-in-resettlement/. Entre 1972 et 1974, le Canada a réinstallé près de 8 000 Asiatiques ougandais de façon permanente.
  10. MDN, DHP, « Renseignements/information pour l’opération des Forces canadiennes (FC) PARASOL ».
  11. Currie, « Kosovo », p. 6.
  12. Girard, « The Kosovar Refugee Movement: Comments 2: Policy context », p. 11.
  13. Currie, « Kosovo », p. 6.
  14. Currie, « Kosovo », p. 8.
  15. Les fonctionnaires canadiens se fondaient sur un précédent. Entre septembre 1992 et août 1994, les fonctionnaires canadiens ont évacué 10 malades et leurs familles des territoires de l’ancienne République fédérale socialiste de la Yougoslavie. Pour plus de contexte, voir Jacqueline Weekers, Paola Bollini, Harald Siem, et Barbara Dean, « Medical Evacuations from the Region of Former Yugoslavia »,European Journal of Public Health no 6.4 (décembre 1996), p. 257-261.
  16. Currie, « Kosovo », p. 10 et 12.
  17. Currie, « Kosovo » 12.
  18. Livre de coupures de presse intitulé Memories of Kosovo, vers 1999. Collection du Musée canadien de l’immigration (ci-après MCI) (D2017.902.5). Voir Citoyenneté et Immigration Canada, communiqué de presse 99-22, « Minister Lucienne Robillard Welcomes Refugees from Kosovo ». Devant les familles et les médias rassemblés, Robillard a déclaré : « Je suis heureuse, au nom de tous les Canadiens, d’accueillir cette famille de réfugiés qui est venue au Canada du Kosovo. Être auprès de leurs proches au Canada leur donnera le soutien dont ils ont besoin en ces temps difficiles. »
  19. « Kosovo refugees arrive in Canada », CBC News, 27 avril 1999, https://www.cbc.ca/news/canada/kosovo-refugees-arrive-in-canada-1.194436.
  20. Currie, « Kosovo », p. 14; Knowles, Strangers at Our Gates, p. 245-246.
  21. Arta Rexhepi, « "We will always be grateful”: Kosovo refugees reflect on how Canada shaped their lives » CBC News, 17 juin 2019, https://www.cbc.ca/news/canada/nova-scotia/kosovo-refugees-anniversary-greenwood-1.5156189.
  22. Currie, « Kosovo », p. 14; Knowles, Strangers at Our Gates, p. 245-246; MDN, DHP, « Details/Information for Canadian Forces (CF) Operation PARASOL »; « The Kosovar Refugee Movement », Bulletin de la SHIC no 48 (avril 2006), p. 12.
  23. Currie, « Kosovo », p. 14 et 16; Barbara Sibbald, « Canada’s Kosovar refugees “Surprising healthy” », Canadian Medical Association Journal no 160.12 (15 juin 1999), p. 1755.
  24. MDN, DHP, « Details/Information for Canadian Forces (CF) Operation PARASOL »; Currie, « Kosovo », p. 14 et 16.
  25. Currie, « Kosovo », p. 14 et 16; Sibbald, « Canada’s Kosovar refugees “Surprising healthy” », p. 1755.
  26. Currie, « Kosovo », p. 14 et 16.
  27. Rick Herringer, « The Kosovar Refugee Movement: Speaking Notes for the Kosovo Seminar, Geneva, 2002 », Bulletin de la SHIC no 48 (avril 2006), p. 8.
  28. Histoire orale d’Ismael Aquino, entrevue menée par Lindsay Van Dyk, Halifax, 7 novembre 2014, Collection du MCI (14.11.07), 00:10:03. Aquino et sa famille ont immigré au Canada des Philippines en 1969. Aujourd’hui, il est directeur provincial de la Croix-Rouge en Nouvelle-Écosse.
  29. « Argonaut Cadet Training Centre », Army Cadet History, https://www.armycadethistory.com/Argonaut%20main.htm.
  30. Currie, « Kosovo », p. 16.
  31. Currie, « Kosovo », p. 16.
  32. « Looking Back: Operational Parasol – Canada responds to Kosovar refugee crisis », Immigrant Services Association of Nova Scotia (ISANS), 18 août 2018, 2015, https://www.isans.ca/looking-back-operation-parasol-canada-responds-to-kosovar-refugee-crisis/.
  33. Currie, « Kosovo », p. 18.
  34. Currie, « Kosovo », p. 20; « Op PARASOL ».
  35. Histoire orale d’Ismael Aquino, 00:10:03.
  36. Rexhepi, « “We will always be grateful” ».
  37. Currie, « Kosovo », p. 20.
  38. Girard, « The Kosovar Refugee Movement: Comments 2: Policy context », p. 11-12.