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Le passage des épouses de guerre et de leurs enfants au Quai 21

par Jan Raska PhD, Chercheur

Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités militaires canadiennes ont aidé à réinstaller au pays une vague unique « d’immigrants préférés » qui venaient s’installer de façon permanente. Il s’agissait des épouses de guerre et de leurs enfants. Elles représentaient le plus important mouvement de migration contigu au Canada et, plus spécifiquement, du Quai 21. Les épouses de guerre sont arrivées au Canada à une époque où les portes du pays demeuraient généralement fermées aux immigrants, en partie à cause des conséquences économiques de la Grande Dépression.

La venue des épouses de guerre et de leurs enfants au Canada

De 1945 à 1947, le contrôle de l’immigration au Canada est demeuré restrictif. Bien que la majorité des organisations ouvrières s’opposaient à la libéralisation des politiques d’immigration et à l’ouverture des portes du Canada aux immigrants, les partisans des grandes entreprises et des organisations humanitaires appuyaient des politiques d’immigration plus généreuses, des politiques tenant compte de la détresse d’après-guerre et des personnes déplacées de l’Europe. La Loi sur l’immigration de 1910 permettait l’admission au Canada d’agriculteurs de bonne foi disposant de moyens suffisants pour commencer à pratiquer l’agriculture au pays. L’immigration est cependant demeurée prohibitive, car selon le décret en conseil C.P. 695 de mars 1931, seuls les agriculteurs et les immigrants du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Irlande, de Terre-Neuve, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud ayant « suffisamment de moyens de subsistance » pouvaient venir au Canada.[1] De 1945 à 1947, le contrôle de l’immigration au Canada est demeuré restrictif. Bien que la majorité des organisations ouvrières s’opposaient à la libéralisation des politiques d’immigration et à l’ouverture des portes du Canada aux immigrants, les partisans des grandes entreprises et des organisations humanitaires appuyaient des politiques d’immigration plus généreuses, des politiques tenant compte de la détresse d’après-guerre et des personnes déplacées de l’Europe. La Loi sur l’immigration de 1910 permettait l’admission au Canada d’agriculteurs de bonne foi disposant de moyens suffisants pour commencer à pratiquer l’agriculture au pays. L’immigration est cependant demeurée prohibitive, car selon le décret en conseil C.P. 695 de mars 1931, seuls les agriculteurs et les immigrants du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Irlande, de Terre-Neuve, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud ayant « suffisamment de moyens de subsistance » pouvaient venir au Canada.[2] Dans bien des cas, les transports militaires priorisaient le rapatriement des militaires canadiens outre-mer, ainsi que le rapatriement de leurs personnes à charge.

Avant de modifier sa politique d’immigration afin d’offrir de l’aide humanitaire dans la crise des personnes déplacées et des réfugiés politiques de l’Europe, le gouvernement du Canada s’est concentré sur la réinstallation des personnes à charge des soldats. La réinstallation des épouses de guerre et de leurs enfants, qui s’est déroulée entre 1942 et 1948, a marqué la première fois où le gouvernement fédéral a fourni un « service de domicile à domicile ». Cette vague de nouveaux arrivants était considérée comme « très raffinée ». Ces personnes arrivaient principalement au Canada en provenance des plus petits centres des îles britanniques et du continent européen. En faisant la promotion et la démonstration des attitudes ethnoraciales dominantes concernant le caractère désirable et l’admissibilité des immigrants, le gouvernement à Ottawa illustrait que les épouses de guerre et leurs enfants, tout particulièrement si leurs origines étaient britanniques, étaient considérés comme ayant « une santé et des capacités intellectuelles bien supérieures à la moyenne ».[3]

En 1941, Vincent Massey, Haut commissaire canadien à Londres, a recommandé aux représentants du ministère des Affaires extérieures d’utiliser les navires de transport de troupes inoccupés revenant au Canada afin de transporter les épouses de guerre et leurs enfants. Vincent Massey a suggéré que chaque passager adulte paie quinze dollars afin de couvrir ses frais de repas, tandis que le gouvernement canadien noliserait les navires et paierait le passage de chaque voyageur.

Six mois plus tard, les premiers soldats canadiens libérés pour raisons médicales revenaient au Canada. Certains s’étaient mariés pendant leur cantonnement en Grande-Bretagne, ce qui soulevait ce problème pressant en terre canadienne. La question a été confiée à la direction de l’Immigration, qui a statué que « certains problèmes » devaient être résolus avant que les épouses de guerre et leurs enfants ne soient autorisés à entrer au Canada. Les problèmes se résumaient à quatre enjeux : a) parvenir à les héberger de façon convenable lors de leur arrivée; b) offrir un soutien adéquat si elles arrivaient avant leur mari; c) la possibilité que la discorde conjugale fasse de ces personnes à charge des fardeaux pour la société et d) les personnes à charge jugées physiquement, mentalement ou moralement inaptes.

L’état-major canadien a aussi eu son mot à dire en s’opposant au rapatriement des épouses de guerre et de leurs enfants, parce que selon lui, « trop de mariages irresponsables avaient lieu » au Royaume-Uni. Les autorités militaires ne voulaient pas assouplir leurs règlements, qui forçaient les militaires à obtenir l’autorisation de se marier avant d’être examinés. Au début du mois de janvier 1942, le Comité de guerre du Cabinet fédéral a consenti à ce qu’Ottawa « défraie le coût minimum du transport sur mer et sur rail au Canada pour les épouses et les enfants des membres des Forces armées canadiennes cantonnés outremer, au moment où ces troupes reviennent ou sont revenues au Canada ».[4] La même disposition s’appliquait aux veuves et aux enfants des soldats décédés outremer. Au départ, la direction de l’Immigration du ministère des Mines et Ressources était responsable de faire venir au Canada les épouses de guerre et leurs enfants. Au mois d’août 1944, le décret en conseil C.P. 6422 a confié à l’Armée canadienne la responsabilité de faire venir au Canada toutes les personnes à la charge des soldats. Cette responsabilité a été transférée du ministère des Mines et des Ressources, qui était responsable de la direction de l’immigration. La définition de ce transport vers le Canada pour les « membres des Forces » et leurs « personnes à charge » était très restreinte et se limitait à « ceux qui s’étaient mariés à l’étranger alors qu’ils servaient à l’étranger ».[5]

En décembre 1944, l’Armée canadienne a émis une directive concernant le mariage en terre étrangère : « Le mariage avec une personne d’un pays différent, particulièrement lorsqu’on parle de jeunes soldats et quand il y a différence de religion, ouvre la porte à des risques évidents d’insatisfaction. »[6] Les officiers en commandement devaient catégoriquement refuser leur consentement s’ils n’étaient « pas satisfaits dans une mesure raisonnable qu’un mariage heureux puisse exister et, en toute circonstance, un délai d’attente de quatre mois [était] imposé entre la date du consentement de l’autorisation et la date à laquelle le mariage serait consacré, à moins que certaines circonstances, [comme une grossesse], ne rendent ce retard indésirable ou superflu ».[7]

Selon le ministère de la Défense nationale (MDN), environ 48 000 mariages et 22 000 naissances auraient eu lieu entre 1942 et 1946. Au total, 44 886 (93 %) de ces unions impliquaient des femmes britanniques, 1 886 (4 %) impliquaient des femmes néerlandaises et 649 (1 %) impliquaient des femmes belges. Ces mariages ne se limitaient pas aux îles Britanniques ni au nord-ouest de l’Europe. Ils comptaient 190 mariages avec des femmes d’origine terre-neuvienne ou antillaise (sans enfants), 100 mariages avec des Françaises (15 enfants), 26 mariages avec des Italiennes (10 enfants), 24 mariages avec des Australiennes (2 enfants) et 22 autres mariages (6 enfants) répartis entre des femmes danoises, allemandes, malaises, norvégiennes, nord-africaines, sud-africaines, grecques, russes et indiennes. Un mariage faisait mention d’une femme provenant d’Alger. Environ 97 % des enfants issus de ces mariages sont nés de femmes britanniques. Trois enfants hongrois se trouvaient également dans les statistiques du MDN, mais aucune épouse de guerre n’était listée comme mère, laissant supposer qu’aucun mariage n’avait eu lieu. Il est possible que ces enfants soient nés hors mariage ou qu’ils aient été des orphelins adoptés par des militaires canadiens.[8]

Une femme en uniforme aide une mère et un bébé.

La matrone adjointe Kathleen Hurley aidant l’épouse de guerre H.F. Whitmore et son fils Mervin qui se dirigent vers le Canada. Maple Leaf Club, Londres, Angleterre, 4 décembre 1944.

Crédit : Lt Charles H. Richer / Ministère de la Défense nationale du Canada / Bibliothèque et Archives Canada / PA-128181

Les autorités militaires canadiennes ont par la suite reconnu qu’un nombre important de mariages n’avaient pas été signalés et que des indemnités pour personnes à charge n’avaient pas été réclamées. Les fonctionnaires ont indiqué que ces dossiers « ont fait surface plus tard ».[9] En tout, 64 459 personnes à la charge des soldats, dont 43 464 épouses de guerre et 20 995 enfants, ont été amenées au Canada entre le mois d’avril 1942 et le mois de mars 1948. Les trois quarts des épouses de guerre et de leurs enfants ont été amenés au Canada après la fin de la Seconde Guerre mondiale.[10] La grande majorité des épouses de guerre ont marié des hommes servant dans l’Armée royale canadienne.[11]

Priorisation des épouses de guerre continentales après le jour J

Après l’invasion alliée du 6 juin 1944, le jour J, les épouses de guerre continentales nouvellement libérées sont devenues une priorité pour les autorités canadiennes. Des bureaux satellites ont été ouverts à Paris, à Bruxelles et à La Haye afin d’aider les épouses de guerre françaises, belges et néerlandaises à se réinstaller au Canada.[12] Après la libération des Pays-Bas, en 1945, les troupes canadiennes ont de nouveau été autorisées à fraterniser avec la population, puisque la guerre touchait à sa fin. Tout comme cela s’était produit au Royaume-Uni, les militaires canadiens et les jeunes femmes néerlandaises se sont rencontrés dans les pubs, les théâtres, les salles de danse et lors de rassemblements impromptus. Ces endroits offraient à ces jeunes hommes et ces jeunes femmes « des exutoires et une brève évasion de la réalité de la guerre ».[13] Après 1946 et à la suite des rencontres faites pendant la période de libération, un nombre inconnu de militaires canadiens ont épousé des Néerlandaises.[14] L’épouse de guerre Kathleen Bilinski a mentionné que « les soldats canadiens avaient l’air si gentils, ils avaient de l’argent et ils racontaient de grandes histoires à propos de leur pays d’origine ».[15] Outre l’attrait qu’elles ressentaient, les Néerlandaises devaient prouver qu’elles avaient bonne réputation dans leur communauté pour être réinstallées de manière permanente par les autorités militaires canadiennes. Aux Pays-Bas, un certificat attestant la fiabilité politique de la femme devait être obtenu auprès du service de recherche politique ou du bureau de la sécurité nationale. De plus, les femmes néerlandaises qui voulaient épouser un militaire canadien devaient fournir un certificat de bonne conduite morale, qui devait normalement provenir d’un prêtre ou d’un ministre.[16]

Comme le MDN était responsable du transport des personnes à la charge des soldats à partir de 1944, il a couvert les coûts de transport au Royaume-Uni (pour les épouses de guerre britanniques), du transport maritime et des repas, des billets de train, des couchettes et des repas jusqu’à la destination canadienne finale, ainsi que les frais d’hébergement et d’hospitalisation en cours de route.[17] La majorité des personnes à la charge des soldats ont été amenées au Canada en 1946. L’une des plus importantes vagues canadiennes d’épouses de guerre et d’enfants s’est produite le 10 février 1946, lorsque 943 personnes à la charge des soldats sont arrivées au Quai 21 à bord du RMS Mauritania. Le transfert par navire de la dernière épouse de guerre devait avoir lieu au mois de janvier 1947 à bord du RMS Aquitania. Le transport des épouses de guerre et de leurs enfants a cependant continué jusqu’au 31 mars 1948.[18]

Une femme et son petit enfant regardent par la fenêtre d’un train.

Mme Elizabeth Rae et sa fille Anne à bord du train qui les conduisaient jusqu’à Liverpool, où elles devaient monter à bord du SS Mauretania. Elles faisaient partie du premier grand groupe d’épouses de guerre britanniques mettant le cap vers le Canada, 4 février 1946.

Crédit : Arthur L. Cole / Ministère de la Défense nationale du Canada / Bibliothèque et Archives Canada / PA-175803

Sensibiliser les épouses de guerre au Canada

En 1944, afin de sensibiliser les épouses de guerre et de réduire les malentendus lors de leur réinstallation au Canada, le gouvernement fédéral a publié Welcome to War Brides (Bienvenue aux épouses de guerre). Il s’agissait d’un livret dans lequel il informait entre autres les épouses des soldats de la chose suivante : « À votre arrivée, les travailleurs de la Croix-Rouge vous accueilleront en vous offrant du soutien de toute sorte, que ce soit une tasse de thé ou prendre soin de votre enfant, pendant que vous franchirez les douanes. Si vous le souhaitez, les travailleurs de la Croix-Rouge pourront envoyer un télégramme à votre mari (s’il se trouve au Canada) ou à sa famille afin d’annoncer votre arrivée. »[19] Le document expliquait ensuite aux épouses de guerre qu’elles ne devaient pas passer trop de temps à démontrer qu’elles s’ennuyaient de leurs anciens amis, de leur famille et de leur ancien pays. Le livret leur suggérait de « se garder occupées et curieuses, car c’est le meilleur remède ». Le livret Welcome to War Brides ajoutait que les « Canadiens ne sont pas tous les mêmes ». Les Canadiens des grandes villes étaient considérés comme « moins critiques », mais apprendre à les connaître prenait beaucoup plus de temps que ceux des régions plus rurales. Les épouses de guerre étaient aussi avisées que bien que leurs concitoyens canadiens n’interféreraient pas dans leur vie privée, elles devraient se « conformer aux normes générales de la communauté ou sinon vivre comme des ermites, décevant ainsi votre mari et son peuple ». On encourageait les épouses de guerre à s’impliquer dans leur communauté locale et à « faire comme les voisins ». On leur expliquait aussi qu’elles devaient s’attendre à moins de formalités lors de leurs interactions sociales avec les autres Canadiens, contrairement à ce qui pouvait être observé au Royaume-Uni.[20]

Au mois de mars 1945, le MDN a publié le livret d’information To All Dependents: Your Journey to Canada (À toutes les personnes à charge : Votre voyage vers le Canada). Ce livret était distribué par le Canadian Wives Bureau de Londres, en Angleterre. Ce livret de 22 pages offrait des réponses à 22 questions fréquemment posées. Il répondait par exemple aux questions « À quoi une personne à charge a-t-elle droit en vertu du Plan? » et « Est-il possible de payer un supplément pour obtenir un hébergement en classe supérieure? ».[21] Les épouses de guerre britanniques et celles de l’Europe continentale recevaient également une copie de Dock to Destination (Du port à votre destination), un dépliant leur expliquant à quoi elles pouvaient s’attendre une fois arrivées à un port d’entrée canadien. Ce document leur offrait également des conseils et des suggestions pour que leur voyage à l’intérieur des terres soit réussi.[22] Au cours de la même année, la division des services bénévoles pour les femmes du ministère des Services nationaux de guerre a créé le Canadian Cookbook for British Brides, un livre de recettes canadiennes pour les épouses britanniques. Il contenait entre autres des recettes et des informations concernant le magasinage et les coupes de viande.[23]

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Les agences de services bénévoles ont également produit du matériel pour les épouses de guerre et leurs enfants. L’Ordre impérial des Filles de l’Empire (IODE) a publié From Kith to Kin (Des amis aux proches), un livret indiquant aux épouses de guerre qu’il s’agissait de leur « mot de bienvenue jusqu’à ce que nous puissions vous accueillir en personne dans ce pays que nous, ses filles, aimons tant, dans l’espoir que vous l’aimerez tout autant ». Le livret était divisé en chapitres comme « Ce pays, notre Canada » dans lequel se trouvait une discussion sur les accents, l’argent, les trains, la superficie des terres, la population, les villes, les maisons, les clubs de magasinage, les tensions raciales, le système de gouvernement, l’histoire, les religions, les écoles, les tribunaux, la législation, la santé et l’aide sociale. Les chapitres suivants parlaient de l’environnement et de la géographie.[24]

Les institutions financières se sont associées au gouvernement fédéral et aux organismes d’aide-bénévole afin de créer des documents destinés aux personnes à charge des soldats qui arrivaient au Canada. La Banque de Montréal, qui espérait tirer parti de cette importante vague d’immigration « privilégiée », a publié une brochure intitulée Money Hints for the Serviceman’s Wife (Conseils financiers pour les épouses de militaires). Cette brochure contenait de l’information concernant la manière dont une épouse de guerre pouvait utiliser cette banque pour épargner ou emprunter de l’argent et pour effectuer des transactions bancaires par courrier. Un tapis de porte de couleur rouge sur lequel se trouvait le mot « Bienvenue » écrit en blanc et une inscription disant, « Alors vous serez bientôt Canadienne… » étaient présentés dans un rabat intérieur. La brochure contenait également une illustration de la monnaie canadienne, ainsi qu’une liste de diverses monnaies britanniques accompagnées de leurs équivalents canadiens.[25]

Entre 1942 et 1948, plus de 60 navires du Royaume-Uni, de la France, des Pays-Bas, de la Belgique, de l’Irlande, de l’Italie et de Terre-Neuve ont amené des épouses de guerre et leurs enfants au Canada. Plus de 97 % d’entre eux ont été transportés au Quai 21 d’Halifax, où ils ont été pris en charge à titre d’immigrants. Parmi ces navires se trouvait le RMS Aquitania, le RMS Franconia, le RMS Mauretania, le RMS Queen Elizabeth, le RMS Queen Mary, le SS Lady Rodney, le SS Île de France, le HMHS Leticia et le SS Pasteur.[26]

Une femme s’assoit sur un lit dans la couchette d’un bateau et joue avec son bébé.

Mme J.W. Perry, une épouse de guerre, et sa fille Sheila à bord du SS Letitia. Elles étaient en route vers le Canada, où Mme Perry allait rejoindre son mari. Photo prise le 2 avril 1946.

Crédit : Barney J. Gloster / Ministère de la Défense nationale du Canada / Bibliothèque et Archives Canada / PA-175790

Les officiers militaires canadiens qui étaient directement impliqués dans le transport des épouses de guerre et de leurs enfants vers le Canada partageaient la conviction du MDN selon laquelle ces personnes étaient de « très bonne qualité ».[27] Le 12 octobre 1946, le lieutenant-colonel W.E. Sutherland a écrit une lettre ouverte intitulée « Note d’appréciation ». Le commandant du RMS Aquitania, s’adressant à toutes les personnes à la charge des soldats et aux passagers civils se trouvant à bord du navire, a dit :

Dans le port bien à l’abri d’Halifax vous attend un accueil dont la chaleur se fera sentir d’un bout à l’autre du Dominion. Le Canada vous accueille avec un profond sentiment de fierté… Des Britanniques et des Néerlandaises telles que vous constituent un ajout bienvenu à notre pays. Vos adorables enfants, des enfants comme je n’en ai jamais vu de meilleurs, devraient grandir sous le ciel ensoleillé du Canada, véritables témoins de parents qui ont prouvé leur valeur en tant que vrais hommes et vraies femmes. Ce seront sur leurs épaules que reposera la responsabilité de guider les affaires d’État de la nation, ainsi que le destin du Canada.[28]

Bien que les autorités canadiennes aient chaleureusement accueilli les épouses de guerre et leurs enfants lors de leur « rapatriement » au Canada, elles ont vécu des expériences variées lors de leur arrivée au Quai 21. L’épouse de guerre Ruby Dunham se souvient qu’il « a fallu environ cinq jours pour se rendre à Halifax et presque une journée complète avant d’avoir le droit de quitter le navire. Nous partions par lots. »[29] Eva Wrigley se souvient que lorsque son navire « est arrivé au port de Halifax, la plupart des soldats ont débarqué, mais les épouses de guerre ont dû passer une nuit de plus à bord ».[30] Margaret Macaulay se souvient d’être arrivée « le 11 août 1946, tôt en matinée. J’étais heureuse de constater que le brouillard s’était levé et que nous étions amarrés au Quai 21. Nous avons débarqué avec l’aide de soldats qui avaient été chargés de porter nos bagages, ainsi que Peter (son fils), qui était dans sa nacelle pour bébé ».[31] L’épouse de guerre britannique Sylvia M. MacDonald se souvient qu’elle est arrivée au Quai 21 au mois de juin 1946 en compagnie de son fils de deux ans, Alastair Douglas. « Nous étions à bord du Queen Mary avec de nombreuses épouses de guerre accompagnées de leurs enfants. Chacune de nous a été accueillie par un militaire. L’un d’entre eux a ramassé mon fils de deux ans et un employé de la Croix-Rouge a porté mes bagages de cabine. Ils savaient où se trouvait mon mari, Alastair Edwin, qui était dans le grand bâtiment rempli de gens qui attendaient de nous rencontrer. A.D. a tendu le bras pour que son père le prenne. Il avait son autre bras autour de moi. Après un an d’attente, nous étions réunis. »[32]

Lorsque les épouses de guerre entraient dans le centre d’immigration du Quai 21, des agents canadiens s’occupaient de leurs certificats de voyage. Ils y apposaient le tampon d’immigrant reçu. L’épouse de guerre Jeanne Perry est arrivée au Quai 21 au mois d’avril 1946 à bord du HMHS Leticia. Elle raconte que des militaires canadiens ont par la suite vérifié ses papiers, mais qu’ils l’ont informée à tort que le certificat de voyage canadien qu’elle avait en sa possession était une preuve de citoyenneté. De nombreux membres de la société canadienne et de la presse de grande diffusion percevaient les épouses de guerre et leurs enfants comme étant des citoyens canadiens en processus de « rapatriement », mais leur statut officiel était en réalité très différent. Le statut d’« immigrant reçu » permettait aux épouses de guerre de vivre au Canada de façon permanente, mais comme le souligne Sydney Matrix, à moins de remplir les formulaires nécessaires pour acquérir la citoyenneté canadienne, les épouses de guerre et leurs enfants n’étaient pas citoyens canadiens au point de vue juridique.[33] Plusieurs épouses de guerre ont par la suite été consternées en découvrant ce fait. Au milieu des années 2000, la question de la citoyenneté des épouses de guerre a attiré l’attention de la nation. Le lobbying de la part de leurs descendants et de leurs partisans a finalement donné naissance au projet de loi C-37 modifiant la Loi sur la citoyenneté. Ce projet de loi est communément appelé « le projet de loi des Canadiens perdus ». La modification est entrée en vigueur au mois d’avril 2009. Certains enfants des épouses de guerre n’ont cependant toujours pas la citoyenneté canadienne à cause des circonstances de leur naissance, notamment parce qu’ils sont nés hors mariage.[34]

Retour des agents canadiens d’immigration au Quai 21

Au mois de décembre 1946, les quartiers d’immigration du Quai 21 ont vu revenir les agents canadiens d’immigration, les agents des douanes, ainsi que plusieurs agences de services bénévoles. Parmi ces agences de services bénévoles se trouvaient l’Ordre impérial des Filles de l’Empire, la Croix-Rouge canadienne et la Young Women’s Christian Association. Tous ces organismes étaient prêts à aider les épouses de guerre et leurs enfants. Ces groupes de bénévoles ont joué un rôle essentiel en répondant à leurs questions, en prenant soin de leurs enfants, en s’assurant qu’elles avaient toute la documentation dont elles avaient besoin et en veillant à ce qu’elles montent à bord des bons « trains d’épouses de guerre », qui traversaient le pays vers l’ouest où, avec un peu de chance, leurs maris canadiens les attendaient avec impatience.[35] L’épouse de guerre Marjorie Davidson se souvient « d’avoir été accueillie par des gens de la Croix-Rouge, qui nous avait offert du café et des beignets. Ça nous avait un peu encouragés, on nous souhaitait la bienvenue au Canada et on nous souhaitait bonne chance. Nous avons réalisé que c’était ça le Canada et que nous allions apprendre à y vivre. »[36] À titre de détachement d’assistance bénévole, un certain nombre de responsables de la Croix-Rouge canadienne représentant chacune des provinces aidait les épouses de guerre et leurs enfants pendant leur périple entre l’Europe et le Canada. Dix de ces responsables étaient originaires d’Halifax : Jeane Doane, Pat Keen, Mme Postyn, May Feetham, Helen Black, Pippa Stevens, Mary Sellers, Mme Moorehouse, Mme O’Neil, et Mme Goodeve.[37]

En collaboration avec le gouvernement fédéral, le chemin de fer du Canadien Pacifique, le Chemin de fer Canadien National et la Croix-Rouge canadienne ont mis sur pied un programme de débarquement comptant des bureaux dans tout le Canada. Une fois la destination finale de chacune des épouses et de chacun des enfants inscrite, ces renseignements étaient transmis au contrôle des mouvements de l’Unité de transit d’embarquement à Halifax.[38] Cette unité était principalement composée d’employés de la Croix-Rouge, qui aidaient les épouses de guerre et leurs enfants à trouver les trains spéciaux qui devaient les transporter un peu partout au pays, jusqu’à leur destination finale. Cette unité avait aussi la responsabilité d’informer les familles canadiennes qu’elles devaient se préparer à l’arrivée de ces personnes.[39]

L’épouse de guerre néerlandaise Catherina Vermaesen est arrivée au Quai 21 au mois de décembre 1946 en compagnie de son fils de six mois. Ils avaient fait leur voyage à bord du SS Empire Brent. Elle a quitté les Pays-Bas n’emportant avec elle qu’une valise pour ses vêtements et le panier pour bébé dans lequel se trouvait son fils Roméo. Ce dernier était né au cours du mois de juillet précédent. Catherina Vermaesen était infirmière néerlandaise, et son père était le sergent Roméo Louis Dallaire. Le jeune Roméo, âgé de six mois, est débarqué du navire en compagnie de sa mère, puis des responsables canadiens se sont occupés d’eux. Ils ont reçu l’aide de la Croix-Rouge lors de leur passage au centre d’immigration, puis ils ont monté à bord du train de la Croix-Rouge qui les attendait. Les trains de la Croix-Rouge se rendaient dans plusieurs régions du Canada et s’arrêtaient où il était indiqué qu’un membre de l’armée ou sa famille habitait, ou lorsqu’une épouse de guerre et son enfant devaient quitter le train, parce qu’ils étaient arrivés à leur nouvelle demeure.[40]

De grands groupes étaient accueillis par les acclamations de Canadiens et des fanfares, tandis que d’autres personnes arrivaient en silence, accueillies sans cérémonie par une salle vide. Pour bien des épouses de guerre, ce voyage vers le Canada représentait en fait la première fois qu’elles voyageaient loin de chez elles. Plusieurs d’entre elles étaient de jeunes adultes arrivant avec de jeunes enfants dans un pays dont elles connaissaient peu la culture et les coutumes.[41] L’épouse de guerre Olga Rains (neé Trestorff) se souvient de son arrivée au Quai 21...

Nous étions toutes si heureuses d’apercevoir le Canada et toutes si impatientes de pouvoir débarquer du navire pour continuer notre route. Nous sommes arrivées au QUAI 21. Les maris de certaines épouses de guerre étaient venus les attendre, mais ce n’était pas le cas pour tout le monde. On nous a dit de vérifier le tableau d’affichage situé dans la grande salle. Des messages destinés aux épouses de guerre s’y trouvaient. L’une des épouses qui se trouvaient à bord de ce navire a été rejetée par son mari. Il avait changé d’avis et il lui a dit de retourner en Angleterre. Chaque épouse a débarqué du navire accompagnée par un soldat. Ils nous ont conduits jusque dans un grand bâtiment. Dans cet endroit, nous avons dû nous dépêcher, puis attendre en ligne. Nos papiers ont été examinés, puis nous avons de nouveau été escortées jusqu’au train.[42]

Roméo Dallaire affirme que lorsqu’il a voyagé en train vers l’ouest en compagnie de sa mère et d’autres personnes à charge de soldats : « c’était au mois de décembre, il faisait froid, nous arrivions de l’Europe et de pays déchirés par la guerre. Le train s’est arrêté au beau milieu de la nuit, à Saint-Louis-du-Ha! Ha! (Québec), où il y avait une petite cabane du CN munie d’une ampoule de 25 watts. Les gens ont regardé de chaque côté du train, il n’y avait personne. Certaines de ces épouses de guerre sont arrivées à destination et personne ne les attendait. » Roméo Dallaire mentionne que la Croix-Rouge s’était organisée dans les centres urbains du Canada afin d’aider les épouses de guerre à rentrer chez elles. C’était quelque chose de mal vu, car elles avaient épousé des militaires canadiens et seraient stigmatisées à leur retour chez elles. Les épouses de guerre pouvaient également recevoir l’aide des services communautaires locaux afin de commencer leur nouvelle vie.[43]

L’auteure Peggy O’Hara affirme que 10 % des épouses de guerre sont retournées dans leur pays d’origine un an après être arrivées au Canada. Certaines épouses de guerre et certains maris ne sont jamais arrivés au Canada en raison de ce que les responsables ont décrit comme étant un « effondrement nerveux ».[45] Dans certains cas, les épouses de guerre sont arrivées au Canada et ont appris que le soldat canadien qu’elles avaient épousé était déjà marié ou qu’il désirait divorcer. D’autres maris ne sont jamais allés rencontrer leur épouse à la gare à leur arrivée. D’autres encore ont eu de la difficulté à s’adapter à leur nouvelle vie et à leur nouvelle belle-famille canadienne et sont rentrées chez elles pour vivre avec leur famille dans un environnement familier.[46]

Cette vague unique a été le plus important mouvement de migration contigu au Canada et, plus spécifiquement, du Quai 21. Comme les responsables fédéraux de l’immigration n’étaient pas très chauds à l’idée de faire venir des personnes à la charge des soldats au Canada, le plan de réinstallation a vu le jour en grande partie grâce au ministère de la Défense nationale et aux autorités militaires canadiennes. Peu de temps après, l’Armée canadienne a coopéré avec la direction de l’immigration pour faire venir la première vague importante d’immigration d’après-guerre. Il s’agissait d’anciens combattants polonais situés au Royaume-Uni et en Italie qui refusaient d’être rapatriés dans leur pays après sa libération par les forces soviétiques.

Tableau 1 – Rapatriement au Canada des personnes à charge des soldats des Forces armées canadiennes, avril 1942 à mars 1948[47]

Année Épouses Enfants Total
1942 à 1944 3 319 2 002 5 321
1945 6 972 3 705 10 677
1946 31 807 14 272 46 079
1947 1 310 954 2 264
1948 56 62 118
TOTAL 43 464 20 995 64 459

Tableau 2 – Corps d’armée dans lesquels les maris canadiens ont servi[48]

Corps d’armée canadien Épouses Enfants
Armée royale canadienne (AC) 80% 85,5%
Aviation royale canadienne (ARC) 18% 13,1%
Marine royale canadienne (MRC) 2% 1,4%
TOTAL 100% 100%

  1. Bibliothèque et Archives Canada (ci-après BAC), Statuts du Canada, Loi concernant l’immigration au Canada, 1910 (Ottawa : SC 9-10 Edward VII, chapitre 27); BAC, fonds du Bureau du Conseil privé, RG 2, vol. 1479, « Orders in Council – Décrets-du-Conseil » PC 1931-695, 21 mars 1931.
  2. Valerie Knowles, Forging Our Legacy: Canadian Immigration and Citizenship, 1900-1977 (Ottawa : Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2000), 66.
  3. BAC, fonds du ministère de la Défense nationale (ci-après MDN), RG 24, dossier HQS 8536-1 « Return to Families of Canadian Officers and Service Personnel to Canada, 1940-1951 », rapport « History of S.A.A.C. Office and Directorate of Repatriation, 1942-1947 », sans date, 32, bobine C-5220.
  4. « History of S.A.A.C. Office and Directorate of Repatriation, 1942-1947 », 26-27.
  5. BAC, fonds du MDN, RG 24, dossier HQS 8536-1 « Return to Families of Canadian Officers and Service Personnel to Canada, 1940-1951 », note du colonel George H. Ellis, directeur du rapatriement, au major général B.W. Browne, commissaire national adjoint, Croix-Rouge canadienne, 29 janvier 1947, bobine C-5220.
  6. Michiel Horn, « Canadian Soldiers and Dutch Women after the Second World War », dans Dutch Immigration to North America, éd. Herman Ganzevoort et Mark Boekelman (Toronto : Multicultural Historical Society of Ontario, 1983), 193.
  7. « History of S.A.A.C. Office and Directorate of Repatriation, 1942-1947 », 32.
  8. « History of S.A.A.C. Office and Directorate of Repatriation, 1942-1947 », 34. En tout, 47 783 mariages et 21 950 naissances ont eu lieu entre 1942 et 1946. Parmi les 22 mariages mentionnés ci-dessus se trouvaient 7 Danoises, 6 Allemandes, 2 Malaises, 1 Norvégienne, 1 Nord-Africaine, 1 Sud-Africaine, 1 Grecque, 1 femme d’Alger, 1 Russe et 1 Indienne. Trois enfants de la Hongrie se trouvaient aussi sur la liste des personnes à la charge des soldats, mais aucun mariage n’avait eu lieu.
  9. « History of S.A.A.C. Office and Directorate of Repatriation, 1942-1947 », 34.
  10. BAC, Fonds du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, RG 26, vol. 143, dossier 3-40-21, « Statistics: Ten Years of Post-War Immigration, » rapport, George E. Fincham, « A Statistical Survey of Immigration to Canada », avril 1952, 33. Voir le Tableau 15.
  11. Voir ci-dessous le « Tableau 2 – Corps d’armée dans lesquels les maris canadiens ont servi ».
  12. Note du colonel George H. Ellis, directeur du rapatriement, au major général B.W. Browne, commissaire national adjoint, Croix-Rouge canadienne, 29 janvier 1947.
  13. Jay Bodrog, éd., The War Brides of Perth County (Stratford : Fondation Perth County Historical Foundation et le musée Stratford Perth Museum, 2009), 2.
  14. Horn, « Canadian Soldiers and Dutch Women after the Second World War », 192.
  15. Bodrog, War Brides of Perth County, 2.
  16. Horn, « Canadian Soldiers and Dutch Women after the Second World War », 193.
  17. « History of S.A.A.C. Office and Directorate of Repatriation, 1942-1947 », 30. Cette information est aussi disponible en ligne. Voir « Canadian War Brides » (ci-après CWB), « Transportation Statistics », consulté le 6 février 2014, http://www.canadianwarbrides.com/cwbstats1.asp.
  18. CWB, « Transportation Statistics », Knowles, Strangers at Our Gates, 162. Le coût moyen pour un passager adulte était de 140,29 $.
  19. Bodrog, War Brides of Perth County, 17.
  20. « Welcome to War Brides », 1944. Collection du Musée canadien de l’immigration du Quai 21 (ci-après MCIQ) (R2013.1059.1). Voir la page 22.
  21. MDN, « Your Journey to Canada », 1er mars 1945. Collection du MCIQ (R2013.1061.1).
  22. Livret, « Dock to Destination », vers 1946. Collection du MCIQ (R2014.135.3b).
  23. Yvonne Fortune, 1945. Collection du MCIQ (R2013.908.2).
  24. Shawn Jeffrey, vers 1945, collection du MCIQ (DI2015.585.1). Voir la page 1. From Kith to Kin, publié par les éditions Runge Press Limited, Ottawa.
  25. Livret, « So You’re Going to be a Canadian », vers 1945. Collection du MCIQ (DI2015.154.17).
  26. Alexa Thompson et Debi van de Wiel, Pier 21: An Illustrated History of Canada’s Gateway (Halifax : Nimbus, 2002), 83.
  27. Voir la note en bas de page 13.
  28. Lettre de lieutenant-colonel W.E. Sutherland, « To All Canadian Troops-Dependents and Civilian Passengers on Board H.M.T. “Aquitania” », 12 octobre 1946. Collection du MCIQ (DI2013.1046.1a). Voir la page 1.
  29. Ruby Dunham, One Seel Less One Dunham More: A Love Story (Owen Sound : Memory Catchers, 2013), 21.
  30. Eva Wrigley, To Follow a Cowboy (Salmon Arm : éditions Hucul Printing, 1999), 45.
  31. Margaret Macaulay et Horace Macaulay, Surrey Girl (not just another war bride) (Nepean : éditions HRM Publishing, 2001), 39.
  32. L’histoire d’immigration de Sylvia M. MacDonald (épouse de guerre). Collection du MCIQ (S2012.1873.1).
  33. Sidney Eve Matrix, « Mediated Citizenship and Contested Belongings: Canadian War Brides and the Fictions of Naturalization », Topia : Canadian Journal of Cultural Studies 17 (2007), 73.
  34. CWB, CWB, « Passport and Citizenship Issues of War Brides and their Children », consulté le 25 septembre 2017, http://www.canadianwarbrides.com/passports.asp.
  35. Thompson et van de Wiel, Pier 21, 83
  36. Marjorie Davidson, Against the Tide (Summerland : éditions Valley Publishing, 2000), 49.
  37. CWB, « Red Cross Escort Officers List », consulté le 6 février 2014, http://www.canadianwarbrides.com/immigrationstats.asp.
  38. Ben Wicks, Promise You’ll Take Care of My Daughter: The Remarkable War Brides of World War II (Toronto: Stoddart Publishing, 1992), 91.
  39. Lieux patrimoniaux du Canada, « Le Quai 21 et les épouses de guerre du Canada, » consulté le 3 février 2017, http://www.historicplaces.ca/fr/pages/36_pier_21.aspx.
  40. Parlinfo, “Maiden speech of Roméo Dallaire,” consulté le 2 avril 2019, https://lop.parl.ca/staticfiles/ParlInfo/Documents/MaidenSpeech/En/Dallaire_Romeo_sen.pdf; « Passport and Citizenship Issues of War Brides and their Children ». Voir « May 7, 2005 ».
  41. Trudy Duivenvoorden Mitic et J.P. Leblanc, Pier 21: The Gateway That Changed Canada (Halifax: Nimbus, 2011), 52.
  42. Olga Rains, « A Dutch War Bride », dans The Land Newly Found: Eye Witness Accounts of the Canadian Immigrant Experience, éd. Norman Hillmer et J.L. Granatstein, 217-220 (Toronto : éditions Thomas Allen Publishers, 2006), 218.
  43. Roméo Dallaire, « Expression of Thanks to Canada – The Red Cross War Brides of WWII », consulté le 1er mai 2015, http://romeodallaire.sencanada.ca/en/p103405/.
  44. Peggy O’Hara, From Romance to Reality: Stories of Canadian WWII War Brides (Cobalt: Highway Book Shop, 1985), 290.
  45. Wicks, Promise You’ll Take Care of My Daughter, 91. Le terme servait à représenter une dépression nerveuse chez une personne, des cas aigus et ponctuels de stress, d’anxiété et de dissociation.
  46. CWB, « Immigration to Canada by War Brides and Their Children 1942-1948 », consulté le 6 février 2014, http://www.canadianwarbrides.com/immigrationstats.asp; CWB, « Transportation Statistics », consulté le 6 février 2014, http://www.canadianwarbrides.com/immigrationstats.asp. Tableau publié à l’origine dans Melynda Jarratt, « The War Brides of New Brunswick » (mémoire de maîtrise, université du Nouveau-Brunswick, 1995), 12. Voir aussi Thompson et van de Wiel, Pier 21, 83; O’Hara, From Romance to Reality, 290.
  47. Fincham, « A Statistical Survey of Immigration to Canada », 33.
  48. « History of S.A.A.C. Office and Directorate of Repatriation, 1942-1947 », 34.