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Le port d’Halifax est grand, profond, et il ne gèle pas. C’est un centre de transport naturel, avec un accès riverain à l’intérieur des terres néo-écossaises, à proximité de routes efficaces pour les expéditions de l’Europe vers l’Amérique du Nord. Mais avant 1876, il n’y avait pas de lien par chemin de fer vers le reste du pays. Le port n’était donc pas particulièrement utile pour les services de passagers ou de marchandises en direction du reste du Canada.[1] D’autres ports, notamment le long du Saint-Laurent et dans les Grands Lacs, avaient des installations d’immigration qui remontaient aux années 1820. Ils étaient ainsi essentiels pour le transport océanique vers le Canada avant l’achèvement du chemin de fer vers Halifax.[2]

Cependant, dans l’intervalle de cinquante ans entre l’achèvement du chemin de fer et l’ouverture du Quai 21 en 1928, un grand nombre de personnes qui arrivaient à Halifax par la mer, à quelques exceptions près, sont venues au Quai 2, du côté nord d’Halifax. Avec le temps, il y a eu plusieurs installations différentes pour accueillir les immigrants au Quai 2, allant de simples adaptations d’un quai de marchandises à des quartiers spacieux et conçus sur mesure.

Les origines du système de détermination du statut de réfugié du Canada remontent à 1922, au moment où la Société des Nations (qui a précédé à l’Organisation des Nations Unies (ONU)) a établi le Passeport Nansen, qui offrait aux réfugiés un document de voyage reconnu par la communauté internationale. Ce passeport servait de certificat de voyage; il établissait l’identité d’un réfugié. Au départ, cependant, les fonctionnaires canadiens hésitaient à légitimer ce certificat de voyage, pourtant reconnu par plus de 50 pays et initialement conçu pour servir à plus de 1,5 million de personnes déplacées par la Première Guerre mondiale et la Révolution russe, de peur qu’il s’agisse d’un « aller simple ». C’était justement le cas d’un mouvement d’orphelins qui avaient survécu au génocide arménien Ils avaient cherché l’asile permanent au Canada. Ils ont par la suite été réinstallés grâce à une exemption à un décret du Conseil qui avait restreint l’immigration « asiatique » vers le Canada.[1] Malgré des tentatives, par la communauté internationale, d’offrir aux réfugiés et aux personnes apatrides des documents de voyage reconnus, le gouvernement canadien a conservé son droit souverain de déporter les personnes appartenant aux « classes interdites » définies dans la Loi de 1910 sur l’immigration.

Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités militaires canadiennes ont aidé à réinstaller au pays une vague unique « d’immigrants préférés » qui venaient s’installer de façon permanente. Il s’agissait des épouses de guerre et de leurs enfants. Elles représentaient le plus important mouvement de migration contigu au Canada et, plus spécifiquement, du Quai 21. Les épouses de guerre sont arrivées au Canada à une époque où les portes du pays demeuraient généralement fermées aux immigrants, en partie à cause des conséquences économiques de la Grande Dépression.

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