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Le Chili était un pays d’Amérique latine prospère et stable jusqu’à la fin des années 1960. Le pays attirait des immigrants des pays voisins, de l’Europe et, dans une moindre mesure, des États arabes. Lors des élections libres de 1970, Salvador Allende, qui dirigeait la coalition Unidad Popular (Unité populaire), une alliance politique de gauche composée de sociaux-démocrates, de socialistes, de radicaux, de populistes et de communistes, est arrivé au pouvoir. Le gouvernement des États-Unis et ses alliés considéraient la victoire d’Allende comme une menace pour les valeurs démocratiques de l’époque de la guerre froide et pour l’hégémonie américaine en Amérique latine. La mise en œuvre de vastes réformes socioéconomiques par le gouvernement Allende, y compris la nationalisation de nombreuses entreprises étrangères (principalement américaines), a accru les inquiétudes des responsables occidentaux. Les tensions ont continué d’augmenter lorsque les autorités chiliennes ont attaqué les propriétés des grands propriétaires fonciers afin de corriger la répartition inégale des revenus et la concentration des ressources économiques du pays. Certains Chiliens pensaient que ces premières mesures conduiraient le pays vers le communisme.

Le port d’Halifax est grand, profond, et il ne gèle pas. C’est un centre de transport naturel, avec un accès riverain à l’intérieur des terres néo-écossaises, à proximité de routes efficaces pour les expéditions de l’Europe vers l’Amérique du Nord. Mais avant 1876, il n’y avait pas de lien par chemin de fer vers le reste du pays. Le port n’était donc pas particulièrement utile pour les services de passagers ou de marchandises en direction du reste du Canada.[1] D’autres ports, notamment le long du Saint-Laurent et dans les Grands Lacs, avaient des installations d’immigration qui remontaient aux années 1820. Ils étaient ainsi essentiels pour le transport océanique vers le Canada avant l’achèvement du chemin de fer vers Halifax.[2]

Cependant, dans l’intervalle de cinquante ans entre l’achèvement du chemin de fer et l’ouverture du Quai 21 en 1928, un grand nombre de personnes qui arrivaient à Halifax par la mer, à quelques exceptions près, sont venues au Quai 2, du côté nord d’Halifax. Avec le temps, il y a eu plusieurs installations différentes pour accueillir les immigrants au Quai 2, allant de simples adaptations d’un quai de marchandises à des quartiers spacieux et conçus sur mesure.

Les origines du système de détermination du statut de réfugié du Canada remontent à 1922, au moment où la Société des Nations (qui a précédé à l’Organisation des Nations Unies (ONU)) a établi le Passeport Nansen, qui offrait aux réfugiés un document de voyage reconnu par la communauté internationale. Ce passeport servait de certificat de voyage; il établissait l’identité d’un réfugié. Au départ, cependant, les fonctionnaires canadiens hésitaient à légitimer ce certificat de voyage, pourtant reconnu par plus de 50 pays et initialement conçu pour servir à plus de 1,5 million de personnes déplacées par la Première Guerre mondiale et la Révolution russe, de peur qu’il s’agisse d’un « aller simple ». C’était justement le cas d’un mouvement d’orphelins qui avaient survécu au génocide arménien Ils avaient cherché l’asile permanent au Canada. Ils ont par la suite été réinstallés grâce à une exemption à un décret du Conseil qui avait restreint l’immigration « asiatique » vers le Canada.[1] Malgré des tentatives, par la communauté internationale, d’offrir aux réfugiés et aux personnes apatrides des documents de voyage reconnus, le gouvernement canadien a conservé son droit souverain de déporter les personnes appartenant aux « classes interdites » définies dans la Loi de 1910 sur l’immigration.

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