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La réunion

Par Carrie-Ann Smith

Une femme se tient debout dans le foyer du lieu historique du Quai 21. Elle porte une veste bleue marine de style militaire et elle étudie tous les gens qui franchissent les portes. Il a dit qu’il porterait une chemise bleue. Comment se fait-il qu’en ce jour de grande affluence, tous les hommes qui entrent semblent porter une chemise d’une teinte de bleu ? Elle regarde l’heure, surveille, attend.

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Un homme conduit sa voiture sur Terminal Road vers le Quai 21. Il porte une chemise bleue. À ses côtés, son épouse tient un bouquet de fleurs. Il est nerveux et surexcité. D’une certaine manière, il revient au bercail et il ne peut s’empêcher de penser à ce qui l’a conduit au Quai 21 la première fois, à ce qui s’est passé avant et à ce qui s’est passé depuis.

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Marianne Ferguson (née Echt) était une jeune fille juive. En 1939, sa famille a eu l’exceptionnelle bonne fortune de s’échapper de la ville libre de Dantzig (aujourd’hui Gdansk, en Pologne), avant l’Holocauste. À la fois pharmacien et fermier du dimanche, son père était exceptionnellement qualifié pour faire partie des quelque cinq mille Juifs autorisés à venir au Canada durant les années hitlériennes.

Une fois sa famille paisiblement établie dans la campagne néo-écossaise, la jeune Marianne, âgée de 16 ans, décide de raconter ses souvenirs de jeunesse à Broesen et de la fuite de sa famille. Son récit montre les changements qui se sont produits dans cette petite ville de villégiature estivale où elle a vécu une enfance idyllique.

Les Echt étaient des citoyens en vue de cette communauté de 4 000 âmes. Il n’y avait qu’une église dans la ville et, bien que les Echt étant Juifs, n’en fissent point partie, ils étaient invités à tous les services spéciaux et à toutes les fêtes par leurs voisins chrétiens. Ses parents  s’occupaient d’œuvres caritatives. Ils possédaient une belle maison et un jardin toujours remplis d’amis et de parents. L’été, ils recevaient souvent des invités venus pour profiter de la plage, du parc et de la bonne compagnie dans cette petite ville littorale.

Tout a changé lorsqu’Hitler devint Chancelier d’ Allemagne, en 1933. Les Juifs, écrit Marianne, n’avaient plus le droit d’aller à la plage, ni même de marcher dans le parc. Elle note que bien que quatre-vingt-dix pourcent des habitants de Broesen aient été des non-Juifs, la plupart étaient antinazis et auraient résisté si on avait tenté de malmener sa famille. Mais les aimables habitants de Broesen ne pouvaient échapper à la folie qui déferlait sur le monde tout autour de la petite ville.

Il y avait des Nazis dans la ville, mais ils n’auraient pas risqué de susciter la colère de leurs voisins. Alors, le gouvernement y envoya des Nazis venus d’ailleurs. Marianne écrit : « ces hommes venaient la nuit, brisaient les portes et les fenêtres et ils amenaient le chef de la famille dans un lieu inconnu de tous. Le lendemain, la famille recevait un petit cadeau. Ce cadeau était habituellement une jolie petite boîte enveloppée de papier mince nouée d’un ruban de couleur vive. En l’ouvrant, on découvrait à l’intérieur les restes ou les cendres du membre de la famille disparu la veille. Il y avait aussi une petite carte… de sympathies ».

Marianne se souvient d’un incident répugnant alors que le ministre de la paroisse locale avait trouvé sur le seuil de sa porte deux moitiés de chat sur un chevalet accompagnées d’une note disant : « aujourd’hui, c’est le chat, demain, ce sera vous ». Le même pasteur trouva aussi son poulailler dévalisé arborant une autre note qui disait : « Dieu est partout, mais pas dans le poulailler ».

Son père savait qu’il était temps de partir. Il y avait des fouilles à nu, des menaces et des interrogatoires, mais ils parvinrent finalement à s’enfuir. Après de déchirants adieux à la famille, le moment vint pour la famille Echt de partir pour le Canada. Pour Marianne et ses sœurs, ce départ se teintait d’espoir mais aussi de douleur. Marianne écrit : « Ils nous demandaient tous de les amener avec nous, mais ce n’était pas possible ». …………………………………………

À la même époque, dans la ville de Sandomierz, une des plus anciennes communautés juives de Pologne, le petit Nathan Wasser, âgé de huit ans, était assis aux pieds de son grand-père. Il n’était pas question de belles histoires avant d’aller dormir pour ce petit garçon; son grand-père lui enseignait plutôt des leçons qu’il craignait devoir être utile pour le jeune garçon. Les choses allaient empirer pour les Juifs avant de s’améliorer un jour et il ne serait pas toujours là. « Ne dors que d’un œil », le prévenait son grand-père, « Sois bien conscient de tout ce qui se passe autour de toi, analyse, comprends, trouve des solutions ». Son grand-père insistait encore et encore : « Analyse, comprends, trouve des solutions » et enseignait à Nathan qu’il devait faire tout cela en l’espace d’une seconde. Encore aujourd’hui, Nathan Wasser se rappelle exactement des mots de mise en garde et il remercie son grand-père de lui avoir sauvé la vie alors que tant d’autres tombaient autour de lui.

Les membres de la famille Wasser a survécu à l’anéantissement de trois ghettos et à deux camps d’esclavage au travail avant d’être expédiée à Auschwitz où ils envisageaient une mort inéluctable. Ils avaient déjà été séparés de deux de leurs fils et craignaient pour la vie des deux enfants qui étaient toujours avec eux. Chaque jour apportait son nouveau lot de défis pour leur survie. À leur arrivée à Auschwitz les Wasser retrouvèrent miraculeusement leur fils Kopel qui leur donna des instructions sur la façon de survivre dans le camp. À Auschwitz, les prisonniers déclarés « inaptes au travail » étaient envoyés à Birkenau pour être mis à mort dans les chambres à gaz. Les travailleurs en santé seraient envoyés d’Auschwitz vers un camp d’esclavage au travail. Au moment de l’inspection, Nathan, maintenant âgé de treize ans, redressa ses épaules, bomba la poitrine et s’efforça d’avoir l’air plus fort. Cela fonctionna et lui, son père et son oncle accomplirent la marche forcée vers Glavitz n°1.

Le frère de Nathan, Leibchu Wasser était parvenu à demeurer en Pologne et à se cacher dans la clandestinité. La mère de Nathan et sa sœur Helen furent envoyées dans un camp différent et Nathan perdit contact avec elles. Il lui fallut beaucoup de temps avant de savoir que, pour sa mère, il n’y aurait pas de libération, pas de réunion, pas de navire sur l’Atlantic Nord.

En avril 1945, la sœur et la mère de Nathan voyageaient à bord d’un train qui fut bombardé. Les femmes Wasser survécurent, rampèrent hors du désastre et marchèrent jusqu’à une ferme voisine. Le lendemain matin, la sœur de Nathan et deux autres survivants allèrent en ville espérant que les Russes leur donneraient des laissez-passer leur permettant de retourner chez eux. Alors qu’ils se trouvaient dans la ville, les Allemands découvrirent la cachette où les autres s’étaient attardés et lancèrent des grenades sur la ferme tuant tout le monde.

Mme Wasser ne ferait le voyage au Canada que dans le cœur et dans l’esprit des survivants.

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Les Echt se fixèrent en Nouvelle-Écosse vers la fin de 1939 et y achetèrent une ferme. Marianne et ses sœurs fréquentèrent l’école, apprirent la langue rapidement et se firent des amis. Tout en se réjouissant de connaître la liberté et une nouvelle communauté, la famille n’oubliait pas ceux qu’elle avait laissés derrière elle. Ils firent tout ce qu’ils pouvaient pour obtenir la permission de faire venir leurs parents au Canada, mais aucune promesse de parrainage ou d’emploi ne parvint à adoucir la rigidité sans compromis du gouvernement canadien. En 1946, la famille Echt apprit qu’elle n’avait plus de parents à essayer de sauver en Europe. C’est ce que disait la dernière lettre qu’ils reçurent. Elle expliquait qu’il n’y avait plus de navires en partance. Elle avait été écrite à la hâte dans un parc de Hambourg où tantes, oncles et cousins étaient rassemblés juste avant d’être pris par la Gestapo et expédiés à Auschwitz pour y trouver la mort.

Il était trop tard pour les aider, mais d’autres bonnes choses pouvaient être faites. La famille Echt avait été accueillie au Canada au Quai 21 par Sadie Fineberg de la Société d’aide aux immigrants juifs. Sadie était devenue une amie proche de la famille et donc, lorsqu’elle fut nommée représentante du maire de Halifax, Meta Echt accepta son rôle et devint représentante de la Société d’aide aux immigrants juifs. Les plus jeunes sœurs de Marianne étaient toujours à l’école, mais elle demeurerait toujours la compagne permanente de sa mère au Quai 21.

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C’est en septembre 1944, quelques mois avant que Nathan arrive au camp de travail que les bombardiers américains détruisirent en grande partie la centrale « Oberschlesische Hydrierwerke AG », à Blechhammer, et la raffinerie de pétrole toute proche de Trzebinia. Ce devait être de bon augure. La fin de la guerre approchait.

Les Wasser travaillèrent et survécurent à Glavitz. Au début de janvier 1945, ils furent forcés d’entreprendre une autre marche vers la mort, cette fois vers Blechhammer. Munis seulement d’un petit morceau de pain, les prisonniers devaient marcher des jours et des jours. Plusieurs moururent d’épuisement et de faim ou furent tués par des officiers SS, mais les Wasser survécurent encore. Lorsque les Wasser atteignirent le camp de travail Blechhammer ils pouvaient à peine se tenir debout.

Le lendemain de leur arrivée se produisit un bombardement russe, plusieurs bombes tombant sur le camp. Par bonheur, une bombe détruisit un des murs de retenue du camp et Nathan et son père parvinrent à s’échapper. Ils s’enfuirent dans la forêt et, avec l’aide de l’armée russe, survécurent aux derniers jours de la guerre.

À ce moment de sa jeune vie, Nathan n’avait en tête que de retrouver le reste de sa famille, de reprendre l’école et de passer sa vie dans la Pologne qu’il aimait, la Pologne de son enfance, la Pologne de son grand-père.

Lorsque Nathan et son père retournèrent à Sandomierz, ils ne trouvèrent pas Leibchu les attendant comme ils l’avaient espéré. Trahi par ses amis d’école polonais de la clandestinité, Leibchu avait été assassiné par ceux en qui il avait le plus confiance. Si cruelle que fut la perte de son frère bien-aimé, encore plus de douleur restait à venir sous la forme d’un sinistre événement qui le pousserait à s’expatrier au-delà des mers.

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En 1947 lorsque le Canada commença à accueillir des orphelins de guerre juifs et de nombreuses personnes déplacées, Meta Echt et sa fille travaillèrent de longues heures durant dans le hangar de l’immigration. Marianne, maintenant une jeune femme, avait épousé Lawrence Ferguson, le neveu de Sadie Fineberg.

Au fil du temps, des centaines de milliers de réfugiés viendraient au Canada et plusieurs d’entre eux se rappelleraient des bénévoles qui les aidaient et les confortaient; Sadie avec le pain et les papiers mouchoirs qu’elle rapportait du magasin de son mari, Meta et Marianne avec leur sourire et leur gentillesse. Pour Marianne, chacun des visages qu’elle voyait aurait pu être celui de ses parents et elle répandait tout l’amour qu’elle leur vouait sur ces heureux étrangers qui avaient survécu et réussi à atteindre le Canada.

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En 1945, la chance sourit enfin à Nathan et à son père. Helen Wasser les trouva et ce trio de survivants retrouva Kopel qui venait juste de recevoir son congé d’un hôpital militaire américain. Helen raconta à son père et à ses frères ce qui était arrivé après le bombardement du train. Ils s’en attristèrent ensemble puis, la petite famille entreprit de rechercher d’autres parents et amis.

Lors de sa première entrevue, Nathan Wasser dit simplement : « Quand nous avons atteint Kielce, il y avait une fête pour ceux d’entre nous qui étaient revenus ». Il fallut presqu’un mois avant qu’il rappelle pour expliquer ce qu’il voulait dire. Des mois durant, les Wasser avaient observé les horreurs de la guerre en Pologne alors que les Juifs survivants de l’Holocaust tentaient de récupérer leur maison. Les meurtres étaient chose commune et les survivants comprenaient souvent qu’ils n’étaient plus désirés au lieu de leur naissance et que s’ils ne partaient pas de leur plein gré, ils y seraient forcés. Les Wasser visitèrent Kielce en 1945. Ils n’y retrouvèrent aucune connaissance, mais sentirent la tension dans l’air, furent témoins des abus à l’endroit de leurs amis survivants et comprirent qu’ils ne seraient pas là en sécurité.

L’antisémitisme était virulent dans la ville polonaise et il se cristallisa le 4 juillet 1946. Un père de Kielce avait demandé à son jeune fils de s’en aller dans une autre ville afin de pouvoir prétendre que le garçon avait été enlevé et d’en blâmer les Juifs rapatriés. Réagissant à ce coup monté, la communauté fut prise de rage et commença à tuer les Juifs. Des gens de tous les âges se mirent ensemble pour brûler la synagogue et des maisons appartenant à des Juifs. La police faisait sortir les Juifs de leur maison afin que leurs voisins puissent les tuer. À trois heures du matin, quarante personnes avaient été tuées dans le pogrom, y compris une mère juive et son bébé jetés hors de la maison et assassinés dans la rue. Soixante-dix personnes avaient été blessées et un nombre incalculable d’autres, telles Nathan Wasser, ne seraient plus jamais les mêmes après avoir pris connaissance de ces événements.

Ce n’était plus leur Pologne, celle-ci eut-elle jamais existé. Il fut décidé que Munich serait leur premier arrêt puis, qu’ils quitteraient l’Europe pour toujours. Nathan commença à fréquenter l’école à Munich et rattrapa rapidement les six années qu’il avait manquées. Nathan fréquenta le centre ORT pour l’éducation et la formation et apprit un métier de l’électricité, futur gage de succès au Canada.

Pendant que Nathan étudiait, son père, avec l’aide d’un ami du Congrès Juif canadien et des parents au Canada, organisait leur immigration. Bien que Nathan admette que son père ne connaissait rien à ce métier, ce dernier accepta de se rendre à Montréal pour devenir fourreur. Le Canada avait besoin de fourreurs et, comme bien des réfugiés à cette époque, son père accepta de faire tout ce qu’il fallait pour amener ses enfants au Canada.

Quand Nathan Wasser arriva finalement au Quai 21, il avait 17 ans, il était mal nourri et chétif. Ses études et sa préparation pour le Canada l’avaient tellement occupé qu’il n’avait pas entièrement assimilé ce par quoi il était passé, ce qu’il avait perdu et ce qu’il était devenu. Tout cela commença finalement à se dérouler dans son esprit lorsque deux femmes s’occupèrent de lui à un comptoir du Quai 21, lui donnant des bonbons et lui disant que maintenant, au Canada, tout irait bien.

Il y avait un problème avec les devises qu’il s’était procurées sur le marché noir en Allemagne avant le départ alors, une des femmes lui donna vingt dollars. Il ne pouvait accepter une telle générosité, comment pourrait-il jamais la rembourser? Ses mots : « Nous vous faisons confiance, nous croyons en vous et vous allez devenir un bon citoyen canadien », le frappèrent comme une tonne de briques. Était-ce leur gentillesse, était-ce l’accolade que lui avait donnée cette jeune femme qui lui rappelèrent sa mère ? Quoique ce fut, Nathan sentit tout fondre en lui lorsque Meta and Marianne Echt le réconfortèrent. Ce fut un court moment, mais il ne l’oublia jamais.

Les Wasser montèrent dans le train et Nathan demanda un siège près de la fenêtre. Sur le quai se tenaient les deux femmes qui lui envoyaient des baisers et lui disaient au revoir. Alors que la ville, puis la campagne défilaient par sa fenêtre, Nathan appuya sa tête contre la vitre froide. Les mots commencèrent à se répéter dans sa tête encore et encore : « Nous vous faisons confiance, nous croyons en vous et vous allez devenir un bon citoyen canadien ». Encore maintenant, sa voix se brise lorsqu’il les répète comme un mantra. À ce moment là, une vie se terminait et une autre commençait. Avec quelques mots gentils et un geste de confiance, Meta et Marianne avaient, sans le savoir, donné à un jeune homme le courage de regarder simultanément vers le passé et l’avenir.

Et le voilà, suivant la route de Halifax, parallèle à celle des voies ferrées d’autrefois. Sa femme de quarante-huit ans est à ses côtés et il va rembourser une dette.

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Quelques mois plus tôt, Nathan avait commencé à planifier un voyage à Halifax. Des amis lui avaient donné l’information lui permettant de communiquer avec Jon Goldberg, directeur de l’Atlantic Jewish Council. C’est M. Goldberg qui entendrait l’histoire de Nathan et comprendrait à sa description qu’il était à la recherche de Meta et Marianne. Meta Echt nous avait maintenant quittés, mais Marianne était non seulement à Halifax, mais elle était toujours bénévole au Quai 21 dans sa plus récente incarnation à titre de lieu historique national, parcourant les mêmes salles où elle et sa mère avaient accueilli tant de gens et réconforté tant de personnes comme Nathan Wasser.

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Le foyer est de plus en plus encombré; des femmes poussent des poussettes, des enfants courent à gauche et à droite, tandis que défilent des hommes portant des chemises de toutes les teintes de bleu imaginables. Alors elle le voit. Il porte une chemise bleue et tient un bouquet; pas d’erreur possible. Ils sourient, s’avancent l’un vers l’autre, s’étreignent et soudain, tout le foyer si animé semble faire silence.

Alors, Nathan offre à Marianne deux chèques pour l’Atlantic Jewish Council. L’un représente « dix fois un double Chai » ce qui représente la vie pour le peuple juif et l’autre, vingt dollars qui lui ont été donnés par Meta Echt. Nathan Wasser est un homme élégant aux cheveux gris, un homme d’affaires qui a réussi, un homme de famille, un bon citoyen canadien. Sa dette, en était-ce vraiment une, est maintenant remboursée.

Note : Après leur rencontre, Nathan et Shirley Wasser ont accompagné Marianne dans la salle d’exposition Rudolph Peter Bratty. Leur guide, un des étudiants du Quai 21,  était une jolie jeune fille de seize ans du nom de Becky. Becky est la petite-fille de Marianne qui exerce son premier emploi. Marianne et Lawrence ont trois enfants et quatre petits-enfants. Nathan et Shirley ont trois enfants et huit petits-enfants. Tous sont un vivant hommage à ceux qui sont venus avant eux, les parents entassés dans le parc, la mère et le frère, le sage grand-père.