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Brian Noakes et Doris Wass

Il y a environ deux ans, Brian Noakes a visité le centre de ressources du Quai 21 et ce fut le début d’une amitié. Il était venu en quête d’information à propos du navire qui avait amené la mère de son épouse de guerre et ses enfants vers le Canada mais il finit par nous donner beaucoup plus de renseignements que nous pouvions lui en offrir. Ces dernières années, M. Noakes nous a régulièrement rendu visite, nous permettant de numériser ses précieux documents photographiques et d’enregistrer son témoignage d’immigration. M. Noakes désirait ardemment trouver quelqu’un qui avait partagé la même traversée et bien que nous possédions le témoignage d’une épouse de guerre arrivée avec Mme Noakes et ses enfants, nous étions incapables de la joindre, car elle avait changé d’adresse.

Détective dans l’âme, Brian releva le défi et trouva une épouse de guerre du nom de Doris Wass qui avait effectivement fait la traversée avec sa famille. Les deux sont maintenant de bons amis et ont échangé beaucoup de photographies et de souvenirs de leur traversée. Leur histoire et plusieurs autres de même nature illustrent les possibilités offertes par la Collection d’histoires de créer des liens significatifs entre les gens. Offrez-vous le plaisir d’écouter les réflexions de Brian Noakes et de Doris Wass.

Brian Noakes

Mes souvenirs personnels quant au fait d’avoir quitté mon pays (l’Angleterre) sont ceux d’un petit garçon de huit ans au départ d’une grande aventure. »

Ma mère, deux fois veuve, avait décidé d’immigrer au Canada après le bombardement de notre maison. Le premier tronçon de notre voyage consistait en un voyage en train vers Glasgow, en Écosse, comportant un arrêt à Londres où nous assistâmes à un spectacle de pantomime, une première parmi bien d’autres pour moi. À l’arrivée à Glasgow, on nous donna du porridge avec du sel au lieu du sucre alors que nous attendions de nous embarquer sur l’Île de France pour notre voyage au Canada. Je conserve peu de souvenirs du voyage sinon d’avoir souffert du mal de mer et espéré que l’un des nombreux soldats que je voyais était mon beau-père disparu. »

Nous arrivâmes finalement à Halifax le 23 novembre 1944 et prîmes par la suite un train du CN à destination de Vancouver, C.B. C’était pour moi une autre première que de passer six jours à bord d’un train, traversant le pays de la côte Est à la côte Ouest; une aventure fabuleuse pour un garçon de huit ans et un souvenir inoubliable pour un homme de 65 ans aujourd’hui. »

La famille Noakes arriva à Vancouver le 29 novembre 1944, attendue par la famille de mon beau-père et un reporter du Vancouver Province qui nous photographia et fit paraître un article sur notre arrivée au Canada. »

Je suis retourné à Halifax 56 ans plus tard pour vivre ma retraite dans la ville qui m’avait accueilli Canada. »

Doris Wass née Mathews

Je suis Doris Wass née Mathews et nous sommes arrivés au Canada avec notre fils de trois ans,  Christopher, à bord de l’Île de France, le 23 novembre 1944. La guerre n’était pas terminée et l’Île de France était utilisé comme navire hôpital. Nous voyagions en convoi, ce qui, comme vous pouvez l’imaginer, donnait lieu à des situations intéressantes. Tout le monde était si bon et si serviable à notre égard. Je suis encore amie avec Peggy Gliddon qui partageait une cabine avec nous et me tenait la tête quand j’avais le mal de mer. Elle est présidente des Épouses de guerre de Saskatchewan.

Nous voyageâmes par train jusqu’à Qu’appelle, en Saskatchewan, toute une expérience, où nous fûmes accueillis par la Croix Rouge et la grande famille de mon mari. Nous demeurâmes chez grand-maman Wass jusqu’à l’arrivée de mon mari trois mois plus tard.

Mon mari était le Sergent Selwyn Wass K. 7062 R.C. Artilleur. Il avait navigué jusqu’en Angleterre à bord du Monarch of Bermuda avec le premier contingent canadien, puis sur le Nieuw Amsterdam, en septembre 1945. Il avait été blessé lors du débarquement en Sicile et avait été rapatrié dans un plâtre orthopédique couvrant sa poitrine, du cou jusqu’aux hanches, situation peu réjouissante pour un jeune homme de vingt-cinq ans. Il se rappelle avoir parcouru le Quai 21 de haut en bas, sans savoir ce que lui réservaient les années à venir.

Nous nous étions mariés le 18 janvier 1941, à l’église Saint-Paul, dans le quartier d’Harringay, à Londres. Nous sommes maintenant dans notre 56e année de vie commune. Qui disait que ça ne durerait pas! Six ans après notre arrivée au Canada, à Indian Head, en Saskatchewan, nous est née une fille, Vale Elizabeth Wass Power. Nous avons donc donné naissance à un enfant britannique et à un canadien de l’Ouest qui sont maintenant Canadiens. * Merci du travail important que vous accomplissez. Il est certainement apprécié de ceux qui, comme nous, ont connu un moment de répit au Quai 21, et gardent une profonde affection pour les gens de Halifax qui ont été si bons pour nous.