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L'histoire de Luigi

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0:00-0:06 Nous vivions dans la petite ville de San Pietro Infine. En fait, nous vivions un peu en dehors de la ville, dans une petite ferme.
0:07-0:19 Nous n’avions ni électricité, ni plomberie, ni toilettes intérieures, et je marchais jusqu’à la ville pour aller à l’école, ce qui était une bonne distance.
0:19-0:26 Une des choses que j’aimais était vivre en campagne. Tout cet espace était agréable, et cela m’a manqué à Toronto.
0:27-0:39 Lorsque mon père est parti, je n’avais pas encore quatre ans. Même si j’étais triste de le voir partir, je ne comprenais pas tout l’impact, qu’il serait parti pendant longtemps.
0:40-0:49 Et lorsque nous sommes enfin arrivés au Canada, je l’avais oublié, et lorsque nous sommes descendus du train à Union Station je ne voulais pas aller vers lui, parce que pour moi, c’était un étranger.
0:50-1:14 Ça m’a vraiment frappé, le matin de notre départ; le frère de ma mère, mon oncle Ludovigo est venu nous chercher pour nous emmener à Naples pour prendre le bateau, et lorsque j’ai vu que ma grand-mère ne nous accompagnait pas... je suis devenu fou, je l’ai agrippée et je ne voulais pas la quitter, je leur ai dit que je ne voulais pas partir... C’était un matin très traumatisant pour moi.
1:15-1:40 Ensuite, en arrivant ici, la réalité de ne pas connaître la langue, d’aller à l’école où personne... je ne comprenais personne, personne ne me comprenait, les cours d’anglais langue seconde n’existaient pas à cette époque. On nous plaçait dans des classes avec d’autres enfants qui parlaient anglais et... Nous étions en ville, il y avait des voitures partout, je ne sais pas combien de fois j’ai failli me faire écraser en passant entre des voitures stationnées.
1:41-1:57 La neige, c’était quelque chose. Nous n’y étions pas habitués. Et je me souviens d’avoir vu des tas de neige sur le trottoir en novembre, à cette époque... Je n’étais pas du tout prêt. C’était un choc pour moi.
1:58-2:14 Nous sommes arrivés... il me semble que c’était en fin d’après-midi, nous avons débarqué du bateau et ils nous ont rassemblés, et j’ai vu qu’ils sortaient tous les bagages qui se trouvaient sur le bateau.
2:15-2:35 Ma mère avait apporté presque toutes nos possessions. Elle avait deux malles et des matelas. Je me souviens que les gens étaient très bons pour nous. Vous savez, ils étaient très compatissants, ils comprenaient que nous ne parlions pas la langue, ils nous ont aidés du mieux qu’ils pouvaient, ils nous ont dit où nous devrions aller. Ils étaient plutôt gentils et nous ont fait sentir chez nous.
2:36-3:03 Je suis sûr qu’il y a beaucoup d’histoires comme la mienne qui n’ont pas été racontées. Et je pense que la situation était semblable pour beaucoup d’entre nous. C’était difficile de démarrer. Je me souviens que certains amis de mes parents ont fini par retourner au pays, mais la plupart sont restés et ceux-là se sont créé une vie confortable ici, et il y avait beaucoup plus de possibilités ici qu’en Italie.