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L’histoire de Dejan

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0:00 – 0:16 Je suis né le 23 mai 1985 et, pendant les sept premières années de ma vie, j’ai vécu en Bosnie. C’était une vie très privilégiée; mon père était un avocat qui travaillait pour le gouvernement, ma mère, une infirmière autorisée, travaillait à l’hôpital local, pour donner à la communauté, quelque chose de très important pour la famille.
0:16 – 0:37 Et tout à coup, tout a changé.Ainsi va la vie ! La guerre a éclaté et parce qu’il travaillait pour le gouvernement, nous avons eu la chance de partir à temps; nous n’avons donc pas été témoins d’autant de problèmes et d’atrocités et de toutes les horreurs qui sont arrivées aux personnes impliquées des trois côtés.
0:38 – 0:47 Nous sommes partis pour la Serbie où nous avons séjourné pendant quatre ans, en cherchant une vie, puis tout à coup, c’était le Canada.
0:48 – 1:11 Nous n’avons eu aucun préavis de notre départ. Je suis allé à la garderie ce jour-là, et je suis rentré, et à 15 h ma grand-mère, qui s’occupait de nous, c’est ma grand-mère qui était ma gardienne, c’est une partie de la tradition et de la culture... Elle a dit, en gros, « tu t’en vas avec ta mère et ta sœur, c’est une petite vacance », et nous sommes partis pour une petite vacance et nous ne sommes jamais revenus.
1:12 – 1:41 Parce que l’objectif à l’époque était de quitter le pays, il y avait déjà des barricades et les frontières commençaient à fermer au fur et à mesure que le pays s’effondrait. Après, nous sommes allés vivre avec des membres de la famille à Belgrade. C’était dans les nouvelles... le siège de Sarajevo et tout ce qui a fait s’effondrer la ville dans laquelle je suis né. C’est là, à l’âge de sept ans, que j’ai vu que personne n’avait à me dire pourquoi j’étais là, que j’étais parti pour une raison et qu’il n’était plus sécuritaire de rester là où nous étions, c’est-à-dire chez nous dire pourquoi j’étais là, que j’étais parti pour une raison et qu’il n’était plus sécuritaire de rester là où nous étions, c’est-à-dire chez nous.
1:41 – 2:10 Et... il y avait de nouvelles amitiés, de nouveaux défis, le fait d’avoir à se déplacer constamment, mais la plus grande difficulté était le fait que mon père était resté derrière. Nous ne savions pas s’il était vivant. De temps en temps, il nous appelait pour nous dire qu’il allait bien, mais pour un enfant, c’était difficile de ne pas avoir une figure paternelle qui était si importante auparavant et si présente dans notre vie de tous les jours, de ne pas savoir où il était ou même ce qu’il faisait.
2:11 – 2:44 On n’oublie pas vraiment ces choses et elles restent avec nous pendant très longtemps. Je peux décrire en détail notre départ de l’appartement avec cette valise. Mais lorsque j’ai finalement compris qu’il y avait une guerre, à l’âge de sept ans, c’était difficile de regarder les nouvelles de 19 heures, de voir sa ville détruite... Cette excitation est disparue très rapidement et s’est transformée en soucis, par exemple « où est mon père », « qu’est-ce qui m’arrive », « qu’est-ce qui arrive à ma famille ».
2:45 – 3:00 Ma tante vivait dans la même ville, mes grands-parents y étaient et de nombreux membres de la famille, « sont-ils vivants? » On ne se demandait pas « pourquoi est-ce que cela arrive », « qui cause cela », « à qui l’erreur ou la faute ». On se demandait : « ces personnes sont-elles vivantes? » J’ai réalisé à quel point la vie était précieuse.