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Enfants

Sietske Flietstra Bellsmith

Je n'avais que sept ans au moment où mes frères, mes sœurs et moi-même apprîmes que nous allions nous rendre dans un endroit appelé le Canada et qu’il nous faudrait, pour y arriver, passer près de neuf jours à bord d’un énorme bateau. Quel projet ! À partir de cet instant, ce que nous considérions comme « normal » fut relégué au second plan. Une période de chaos s’ensuivit ! Des étrangers venaient dans notre maison, repartant avec nos meubles. Valises et malles apparurent mystérieusement de partout. Nos oncles, nos tantes et nos grands-parents nous rendaient sans cesse visite et repartaient chaque fois en larmes. Mon meilleur ami m'avait convié à un souper d’adieu formel. Notre médecin de famille examina chacun d’entre nous et nous fit des piqûres, ce qui fut loin de me plaire.

Puis, enfin, on nous emmena là où le bateau nous attendait. Tout le monde voulait prendre une dernière photo de famille. Je ne crois pas avoir beaucoup souri à ce moment-là, mes joues étant encore endolories. Tout ce qui m’intéressait était d'explorer la ville flottante. Après avoir été épinglé chacun d’un porte-nom, il nous fallut marcher sur une longue planche ressemblant à un trottoir pour nous rendre dans le ventre de ce grand navire. Dans notre cabine, je n’apercevais rien d’autre que des lits, des lits superposés. Nous voulions tous, bien sûr, les couchettes du haut, mais afin d'éviter une petite querelle, notre mère nous les assigna elle-même. En explorant notre nouvel environnement, j'ai remarqué que des sacs de papier étaient suspendus au-dessus de chaque lit. Bizarre ! Je me demandais à quoi ils pouvaient bien servir ? Peut-être étaient-ils là pour nous amuser, pour que nous en fassions des marionnettes ou autre chose ? Malheureusement, c’est à mes dépens que j’appris à quoi servaient réellement ces sacs, alors que la ville flottante levait l’ancre. Comment nos estomacs allaient-ils pouvoir endurer cela neuf jours durant ?

Mon frère aîné et moi avons rapidement découvert que nos problèmes d’estomac ne survenaient que lorsque nous nous trouvions dans certaines parties du navire. La solution consistait donc à se garder à l’écart de ces zones. Cela paraît tout simple, n’est-ce pas ? Faux ! Le navire comportait une grande garderie pour les enfants de moins de huit ans. Mon père nous y avait inscrits, mes plus jeunes sœurs, mon plus jeune frère et moi, afin que l’on soit encadré durant la journée. Comment allais-je pouvoir explorer le navire ? La vie me sembla injuste. Mon frère et moi avons très vite trouvé des manières de nous esquiver de la salle de jeux : « Je vomis chaque fois que j'y vais » ou « J'ai oublié quelque chose dans la cabine », ce qui nous donnait toujours un peu de temps pour nous promener sur le bateau avant d'être rattrapés. Mon père finit par découvrir nos petites manigances et m’obligea à demeurer avec les gentilles dames dans la salle des petits monstres, même si j'étais déjà âgé de sept ans et deux tiers. À notre troisième journée en mer, un spectacle de marionnettes géantes fut annoncé. Le seul problème était qu'il était destiné aux enfants de huit à douze ans. Je n'avais peut-être que sept ans et deux tiers, mais j’étais fort déterminé à y aller. Probablement pour que je me taise, mon père a finalement accepté de venir me chercher à la salle de jeu pour m’emmener au spectacle. J'avais espéré pouvoir m’éviter, du même coup, la salle de jeu, mais au moins j’allais pouvoir assister au spectacle.

Le jour du spectacle de marionnettes, je n’avais pas arrêté de regarder l’heure toute la matinée. Croyant que mon père m’avait complètement oublié, j'avais entrepris de trouver le théâtre par moi-même. Évidemment, au moment où j’ouvris la porte pour sortir, l'une des gardiennes m'en empêcha et m’emmena dans un centre récréatif. N'étant pas très patient et convaincu que mon père n’allait pas se présenter, je décidai de prendre les choses en mains (ou plutôt, « en pieds »). Comme la dame refusait de me laisser partir, je lui donnai un coup de pied sur les tibias, la faisant s’accroupir de douleur, me permettant ainsi de me sauver. À ce moment précis, devinez qui a ouvert la porte ? Vous l’aurez deviné, mon père ! Oh oh ! J’allais avoir des problèmes. En voyant l’expression de mon père, je n’en croyais pas mes yeux. Il essayait très fort de ne pas rire, mais en était tout simplement incapable. Je me souviens l’avoir vu marmonner quelque chose à la pauvre dame avant de me faire sortir de cette épouvantable salle de jeu. Une fois dans le couloir, j'étais persuadé que mon père allait réellement me gronder, mais il n'a fait que m’emmener au spectacle de marionnettes, m’y laissant à la charge de ma sœur aînée. La chanceuse ! Je n'ai jamais été renvoyé à la salle de jeu après cela et je ne me souviens pas avoir été puni pour mon comportement ce jour-là. Plutôt étonnant !

Au terme de notre voyage de neuf jours, mon frère et moi connaissions le bateau comme le fond de notre poche. On nous chassait parfois de certains endroits qui, je suppose, devaient être réservés au personnel. Mais comme nous ne savions pas lire les écriteaux, on s’en sortait toujours bien. Trop rapidement, il nous fallut remballer nos affaires et nous préparer à débarquer. Notre aventure touchait à sa fin, ou pas… En quittant le grand paquebot, nous sommes passés dans un long tube, un tunnel. Il y avait des gens partout : des bébés pleurant, des mères appelant leurs enfants dans plusieurs langues, des pères vérifiant et revérifiant s’ils avaient bien tous leurs bagages, des parents comptant les têtes des membres de leur famille et des regards affolés cherchant ceux qui s'étaient égarés.

Même si mes sœurs, mes frères et moi portions des insignes avec nos noms, nos numéros de cabine et notre nationalité clairement visibles en caractères noirs, je ne voulais surtout pas perdre mon père de vue dans cette conduite d'eau surdimensionnée. Heureusement, notre père était plus grand que la moyenne et portait toujours un chapeau de feutre noir. Ce chapeau est devenu mon talisman. J'avais l’impression que je serais perdu pour toujours dans cet océan de visages si je perdais de vue ce chapeau. Alors que nous approchions la sortie du tunnel, j'entendis les autres passagers applaudir et crier avec enthousiasme. Je me demandais ce qu'ils avaient bien pu trouver. Peut-être étaient-ils déjà en train de ramasser l'or qui, avions-nous entendu dire, se trouvait ici un peu partout dans les rues. À ma grande déception, les gens applaudissaient en fait parce qu'ils avaient atteint leur destination et qu’ils étaient sur la terre ferme.

C'était génial de ne plus sentir le sol bouger sous mes pieds et de ne plus ressentir les effets de ce mouvement dans mon estomac. Une fois tout le monde sorti du long tunnel, ce fut la confusion la plus totale. La plupart des adultes s’allongeaient le cou à la recherche d'un visage familier parmi les milliers de personnes qui attendaient impatiemment de l'autre côté de la barrière. Juste à côté de moi, une grosse dame avec un petit bébé dans les bras se mit soudainement à crier et me renversa presque. J'ai alors réalisé qu'elle avait reconnu sa sœur, quelque part dans la foule, et qu’elle tentait désespérément d’attirer son attention. En fait, cela sembla fonctionner puisque, presque immédiatement, sa sœur se mit aussi à agiter la main et à crier. Voyant la scène, je me suis demandé si elles n’étaient pas jumelles.

Notre père nous réunit alors autour de lui, posant les plus petits d’entre nous sur le dessus de nos malles, et nous dit de ne pas bouger, sinon… À voir son expression dans les yeux, posant un long regard sur ses huit enfants, je ne tenais vraiment pas à savoir ce que le « sinon » impliquait. Jetant un regard furtif à ma mère, je pus constater qu'elle n'aimait pas plus que moi voir notre père s'en aller ainsi dans la foule. J'ai alors éprouvé une petite peur qu'il ne soit englouti par l'inconnu et que nous ne le revoyions jamais. Nous ne pouvions même pas comprendre ce qui se disait autour de nous, alors nous nous tenions étroitement collés les uns aux autres dans le désespoir.

Nous avons attendu longuement, scrutant la foule en espérant voir le visage de notre père. Après ce qui me parut être des heures (mais qui n’avait sans doute duré que quelques minutes), je vis enfin ce chapeau noir si familier se diriger vers nous. Quel soulagement ! Chacun d'entre nous revint à la vie, comme si nous nous étions soudainement rappelé comment bouger. Alors que le chapeau se rapprochait, je pus constater que l'anxiété dans les yeux de mon père avait cédé place à leur pétillement habituel. Il avait trouvé quelqu'un qui comprenait le néerlandais et qui allait nous aider à trouver le bon train. Les deux hommes se sont rapidement occupés de tous les bagages. Ma mère s’assura que chaque petite main soit fermement tenue par une plus grande main et ensemble, nous nous sommes frayé un chemin à travers la foule jusqu’à la prochaine étape de notre voyage. Un dernier comptage des têtes, un dernier regard sur l'immense navire qui avait été notre maison pendant neuf jours, les mains fermes sur nos affaires, puis nous partions en direction de la porte où un train attendait d’engouffrer tous ces étrangers au Canada.

Notre « maison » pour les prochains jours allait être un demi-wagon. Afin d’avoir un peu d’intimité, ma mère accrocha une couverture dans le milieu de la voiture. La famille avec laquelle on partageait notre voiture était au moins aussi bruyante que la nôtre et nous nous sommes bien amusés à jouer à cache-cache. Les adultes discutaient avec enthousiasme de leurs plans et de leurs attentes relativement à cet endroit où nous nous rendions appelé l'Ontario. Je ne m’en faisais pas trop pour l'avenir. Je me sentais en sécurité tant que j’étais avec ma famille, et rien d'autre n'importait. Curieusement, les membres de l’autre famille du train allaient devenir nos voisins immédiats un an et demi plus tard. Le monde est petit !

J'aimais beaucoup m'asseoir le nez collé à la vitre du train, perdu dans mes pensées : « C’est donc ça le Canada ? Quel drôle de pays ». Très peu de gens semblaient y vivre, n’ayant aperçu que quelques maisons en plusieurs heures de voyage. Je n'avais jamais vu tant d’espaces ouverts. Les seules fermes que je connaissais étaient plutôt des jardins assez grands pour que s’y trouvent quelques arbres, quelques cages à lapin et un poulailler, comme chez mes grands-parents. Or, je voyais maintenant des chevaux, des vaches, des cochons, des poules, un paquet d'arbres et assez d'espace pour jouer la plus longue partie de tague (chat perché) de l’histoire. Lorsque nous traversions des villes, nous nous penchions tous à la fenêtre pour regarder à l’extérieur. Je m'attendais à voir plusieurs demeures de millionnaires dont j'avais tant entendu parler. Après tout, avec de l'or un peu partout prêt à être ramassé, tout le monde aurait dû vivre dans des châteaux. Logique, non ? Quoi qu'il en soit, tout ce que je voyais était des gens qui ressemblaient beaucoup à ceux que nous avions quittés en Hollande. Ces gens semblaient tout aussi intrigués par nous que nous l’étions par eux et ils parlaient d’une bien drôle de manière. Au fond de moi-même, j'étais convaincu qu'ils n’arrivaient pas à se comprendre entre eux.

« Toronto, prochain arrêt, Toronto », s’écria le conducteur alors qu’il passait dans notre voiture. Mon père et ma mère devaient déjà attendre cet appel, car ils avaient commencé à rassembler tous nos biens pour les remettre dans leurs sacs respectifs. La couverture ayant servi de division tomba, chacun de nous serra la main à chacun des membres de la famille avec qui nous avions littéralement été très proches et des promesses de rester en contact furent faites. Mon père sortit son mouchoir qu’il a toujours sur lui, le mouilla de sa salive et se mit à essuyer les mains et les visages de chacun d’entre nous. La dernière personne à y passer s’est probablement retrouvée encore plus sale qu’elle ne l’était auparavant.

Je devais avoir pris l'habitude du bruit et de la confusion du voyage, car la gare Union au centre-ville de Toronto me parut normale. Mon père nous rassembla de nouveau et partit à la recherche de notre parrain, M. Neauelt, qui était supposé venir à notre rencontre. M. Neauelt avait été notre voisin en Hollande et était arrivé au Canada deux ans plus tôt. Quand il revint en compagnie de mon père, il serra la main à tous les membres de notre famille (une coutume néerlandaise) et demanda des nouvelles de « la maison ». Puis, il chatouilla ma petite sœur, la mettant encore plus mal à l'aise qu’elle ne l’était, et dit : « Alors, voilà donc la petite dernière ». Il fit un clin d’œil à mon père et ajouta : « Tu ne me donnes vraiment pas la chance de te rattraper ! » (il avait, apparemment, cinq enfants à l'époque). M. Neauelt saisit certains de nos sacs et se dirigea vers le stationnement. Il s'arrêta à côté de la boîte arrière d'une vieille camionnette rouge pour y déposer nos bagages, et fit de même avec sept d'entre nous. Mon père, ma mère et le bébé se joignirent à lui dans la cabine et ce fut un départ.

Quelle allure nous devions avoir, tous à bord de la camionnette, bondissant dans les rues de Toronto. Je me demandai alors de quoi notre maison aurait l’air. Dans « notre pays », nous vivions dans une maison de ville toute neuve avec une toilette intérieure. Nous secouant soudainement, le véhicule quitta la principale route pavée pour prendre une route de terre campagnarde. Dans le temps de le dire, nous étions tous bien recouverts de terre, gâchant le débarbouillage de notre père. Avec une main devant la bouche pour ne pas trop avaler de poussière, je ne pus m’empêcher de me pencher sur le côté du camion pour jeter un coup d'œil au paysage. Nous étions en juin et les champs débordaient de couleurs. De grands terrains remplis d'arbres étaient encore en fleurs (j'appris par la suite qu'il s'agissait de pommiers). D'autres étaient couverts de petites fleurs violettes et d'autres encore prenaient un air doré sous la lumière du soleil couchant. C'est comme si quelqu'un avait posé un immense tapis sur la campagne. C'était de toute beauté et très accueillant. J'aurais aimé m'arrêter et cueillir des fleurs pour embellir notre nouvelle maison. « Nous y voici. Voici votre nouveau domicile », s'est écrié notre parrain alors que la camionnette nous secouait à l'arrêt. Nous avons bondi hors de la boîte et observé notre nouvelle demeure en silence.

Un énorme monstre, sombre et mystérieux, se trouvait face à nous dans la pénombre. Aucune lumière chaleureuse ne brillait à travers les fenêtres. Aucune odeur de bienvenue ne nous attendait dans la cour. Enfin, M. Neauelt passa à l'action et se dirigea vers la porte d'entrée la clé à la main. Cela eut sur nous l'effet de quelqu'un poussant un bouton invisible pour nous réveiller de notre état hébété. Puis, spontanément, nous nous sommes remis à assumer les diverses responsabilités qui nous avaient incombé tout au long du voyage. Je pris la main de l'une de mes jeunes sœurs pour la conduire dans ce chemin inconnu qui allait nous mener à l'entrée principale.

Alors que nous marchions en silence, je vis une pompe rouillée au beau milieu de la cour avant et je me demandai ce que pouvait bien être cet étrange ornement. Juste avant l'entrée, il nous fallait monter quelques marches et passer à travers une petite véranda comportant un demi-mur de briques faisant face à la route. Ma sœur trébucha en montant les marches et je m'agrippai au mur de briques pour nous retenir, mais perdis presque pied moi-même lorsque la brique me resta dans les mains. À l'intérieur, dans une grande salle centrale, se trouvait un gigantesque poêle à bois noir occupant la majeure partie de l'espace. Deux cadres de petits lits dépourvus de matelas venaient compléter le décor plutôt sobre.

La faible luminosité provenant de deux grandes fenêtres venait en aide à l'unique ampoule nue se trouvant au centre du plafond. Quatre portes garnissaient trois des quatre murs. Deux d'entre elles, côte à côte, menaient à de minuscules chambres. Une troisième fermait l'accès à l'escalier menant au deuxième étage et la dernière conduisait à une cuisine. Comme j'avais désespérément besoin d'aller à la salle de bain, je montai discrètement à l'étage pour y trouver ce que je cherchais. Je me retrouvai sur un palier énorme traversé par un tuyau de poêle (un système de chauffage central, probablement) où apparurent deux autres portes. Espérant que l'une d'entre elles allait me révéler une salle de bain, je courus dans leur direction pour les ouvrir à tour de rôle, mais fis face à des espaces vides.

Rebroussant chemin par le sombre escalier grinçant, je m'adressai à notre ancien voisin pour lui demander où se trouvait la salle de bain. Il alluma une vieille lanterne, la ramassa, me prit la main, me fit traverser la cuisine, puis la porte arrière, avant de m'emmener le long d'un chemin étroit jusqu'à une toute petite cabane. L'odeur était épouvantable ! « Voici la salle de bain », me dit-il en tenant la porte ouverte. « Mais où sont les toilettes ? », demandai-je. Tenant la lanterne à l'intérieur de la cabine, il pointa du doigt un trou rond au milieu de la plateforme de bois. « La toilette, c'est ça », a-t-il déclaré en posant la lanterne sur une partie de la plateforme avant de fermer la porte pour me laisser dans l'intimité. N'étant qu'un petit enfant, je ne fus pas trop perturbé par toutes les mouches qui s'y trouvaient. Je pris donc le temps d'examiner avec curiosité cette étrange salle de bain « canadienne ». Il y avait des journaux partout sur l'intérieur des murs et des trous dans le haut des murs, près du toit. « As-tu terminé ? », me demanda une voix de l'extérieur, mettant ainsi fin à mes réflexions sur l'œuvre canadienne. « J'arrive », répondis-je en ouvrant la porte. Apparemment, je n'étais pas le seul à avoir besoin de la salle de bain; une file d'attente s'était formée, je laissai donc la lanterne à sa place.

Une fois de retour dans la maison, je constatai que toutes nos malles et nos valises avaient été ouvertes. Ma mère essayait désespérément de trouver des couvertures pour les utiliser comme tampons entre le sol dur et nos corps fatigués. Fort heureusement, c'était l'été et nous n'aurions pas besoin de couvertures pour nous tenir au chaud. Après avoir placé une pile de couvertures sur le sol, me mère trouva la bouilloire et quelques tasses et demanda à mon père d'allumer un feu dans le monstre noir. C'est donc avec ma mère assise sur le bord de la fenêtre et mon père assis avec M. Neauelt sur le sol que nous prîmes notre tout premier thé au Canada.