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Stéréotypes font du mal

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Transcription :

Après avoir travaillé très dur pendant des nuits et des jours sur mon projet de recherche, je me suis levé en classe et commencé à faire ma présentation. Mon anglais n’était pas couramment comme tout le monde et mon camarade de classe s’est mis à rire de moi. Je me sentais tellement bafoué et brisé et stupide. Je ne savais pas pourquoi ils me jugeaient. Et il ne me connait même pas.

C’était la fin de l’année 2003, quand je me suis retrouvé seul à 17 ans dans un camp de réfugié. Je me demandais comment j’allais survivre dans ce camp parce que je n’étais pas avec ma famille. Et un jour je me suis approché d’un homme qui vendait du thé et du café à l’hôpital du camp et je lui ait demandé s’il y avait quelque chose que je peux faire pour que je puisse obtenir de l’argent pour m’aider et il m’a offert un emploi

Après trois mois, j’étais dans le restaurant en train de travailler lorsque le commandant et d’autres hommes sont venus me chercher. Je lui ai demandé en Swahili «Qu’est-ce que j’ai fait?» Personne n’a répondu. J’ai demandé encore « Où m’emmenez-vous? » L’un deux a répondu «On nous a dit que vous êtes un soldat». Ils pensaient que tous les gens du site qui vit dans le Moulenge au Congo étaient des criminels. J’ai dit non, mais ils ne m’ont pas accepté. J’ai été pris comme un poulet pour être abattu, tremblant et pleurant.

J’ai été mis en prison. J’ai bu de la soupe, des haricots et de la farine. Je ne savais pas si j’allais être libéré parce qu’il n’y avait pas la justice. Je n’avais aucun espoir parce que je ne pouvais parler la langue suffisante pour que les gens entendent ma voix. Le moment le plus difficile a été de penser à la façon dont ma vie quand j’étais dans mon pays d’origine avant que la guerre a commencé.

Un jour, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés qui est connue sous HCR est venu et plaider pour moi. Ils m’ont sorti de prison. Je n’avais eu aucun espoir et j’ai été surpris d’être libéré.

Après quatre ans de vie dans le camp, je me suis déplacé à Kampala et j’ai travaillé à la station d’essence et quand j’ai raconté mon histoire à mon collègue, il m’a parlé d’un projet de loi sur les réfugiés. Ils m’ont donné une interview à plusieurs reprises, ils ont interrogé le commandant et il a nié mon expérience. Mais quand ils ont rencontré mon patron du restaurant, il leur dit tout. Quelques mois plus tard, j’ai été appelé pour une interview avec l’Agence d’immigration canadienne.

Après les cours, je suis allé avec les camarades de la classe et je leur ai dit que même si je ne parle pas l’Anglais, ça ne me fait pas moins qu’un homme. Il s’agit de la 8e langue que j’apprends. Ils étaient tellement surpris. Certains d’eux se sont excuses, d’autres pas. Toute la journée j’étais en colère. J’ai continué à me poser des questions et des questions. Pourquoi les gens jugent les autres comme ça? Comment pouvons-nous passer à travers ces jugements?

À partir de ce moment, chaque jour je continue à m’avancer. Je me garde debout sur la vérité de qui je suis.

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