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La maison de ma grand-mère

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Transcription :
(Traduit d'anglais)

Il y a quelques années, j’ai eu la chance de me rendre à Port Hope afin d’y passer quelques jours seule. La voiture m’a conduite tout droit vers la rue Brown. Je me suis garée devant la maison de ma grand-mère. Je n’en croyais pas mes yeux : il y avait une pancarte « À vendre » devant le ginko biloba qui habitait mes souvenirs depuis 1947. J’ai pris rendez-vous et, en moins d’une heure, je marchais dans la cuisine de ma chère grand-mère, où elle sortait de délicieux mets du fourneau de l’immense four à bois. Puis j’ai vu la baignoire sur pied dans la salle de bain de l’étage où nous aimions le savon orange vif en forme de bouée de sauvetage.

La maison de ma grand-mère était chaleureuse et accueillante. Elle l’était tout autant. J’ai été sous le choc, quand j’avais six ans et qu’elle est morte subitement. Un vide immense nous a habités pendant plusieurs années.

1987. Par chance, mon mari avait accepté un poste en Angleterre. Il était autorisé à y travailler en raison de mon lien avec ma grand-mère. Puisqu’elle était née en Angleterre, ma famille pouvait y vivre et s’imprégner de la culture anglaise. Je me sentais Anglaise. Quand j’ai décidé de me rendre à Cornwall pour découvrir le lieu de naissance de ma grand-mère, encore une fois, la voiture m’a conduite jusque-là. Une grosse maison de pierres foncées s’élevait sur une tourbière verdoyante, au sud de Launceston, à Cornwall.

Ils ont quitté l’Angleterre alors qu’elle avait un an. Des fermiers, avec 6 ou 7 enfants, qui partaient vers une vie meilleure en Ontario. C’était en 1877. Ses parents sont morts jeunes. Elle était responsable de la famille avant d’avoir 20 ans. C’est à cause de la décision de ses parents de prendre le risque de déménager au Canada, que j’ai pu la connaître, d’être nommée en son honneur et d’avoir eu la chance d’être aimée par elle. Ses parents n’ont pas eu l’aide que les nouveaux arrivants d’aujourd’hui ont lorsqu’ils arrivent au Canada. Elle a vécu une belle vie grâce à son travail acharné. Elle aimait les lilas blancs, la confiture de cassis et les chiens. Moi aussi.

Lundi prochain, lorsque j’aiderai de nouveaux arrivants de partout à travers le monde à apprendre l’anglais, je penserai à elle. Et avec sa présence au centre de mon cœur, j’espère que je réussirai à être pour mes petits-fils tout ce qu’elle a été pour moi.

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