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Cristoforo Columbo

Longueur 0:02:24

Transcription :
Nous sommes à bord d’un gros navire, le Vulcania, Mamma, ma sœur et moi. Je regarde Nonna qui est tout en bas. Elle porte son mouchoir à son visage. Nous sommes trop loin pour nous parler. Alors nous nous regardons, les yeux remplis de larmes. Nonna ne vient pas avec nous… je suis triste… mais dans deux semaines… je verrai Papà à nouveau… et je me sentirai un petit peu heureux.
La sirène du bateau se fait entendre. Tout tremble. Mamma dit que je dois manger pour avoir quelque chose dans le ventre. Je pensais que j’avais faim, mais mon estomac ne veut rien savoir. Mamma prend tout le pain de la corbeille et le glisse dans son sac à main afin de le ramener à la cabine. Dans le couloir, je vomis le pain que j’ai mangé. Nous ne nettoyons pas.

Après 10 jours, nous arrivons à Halifax, et le navire arrête enfin de tanguer. Je comprends maintenant pourquoi Christophe Colomb a embrassé le sol lorsqu’il est descendu du Santa Maria en 1492. Lui aussi avait le mal de mer !

Cela fait maintenant 50 ans depuis cette première traversée de l’Atlantique. Ce voyage m’a transformé pour toujours. Le Canada a été bon pour moi. J’y ai vécu une bonne vie. J’ai pu aller à l’université. Mais nous en avons tous payé le prix.

Mes parents ont quitté l’Italie lorsqu’ils étaient jeunes afin de nous donner une meilleure chance dans la vie. Ils ont travaillé dur pour que nous puissions avoir un toit sur nos têtes. En retour, j’ai aussi travaillé très fort pour les remercier de tous les sacrifices qu’ils ont faits. Pour eux, je suis devenu ingénieur.

Pendant un demi-siècle, je me suis senti comme un marginal, me tenant sur la voie d’accotement. Je n’appartiens ni au Canada, ni à l’Italie.

Après 37 ans passés au Canada, mes parents ont décidé de retourner en Italie. Eux aussi ont l’impression de vivre sur la voie d’accotement : Au Canada, ils ne se sont jamais réellement intégrés à la culture canadienne. Et maintenant qu’ils sont de retour dans leur Italie natale, ils se sentent comme des étrangers. Ils ne se sentent plus chez eux. Je ne me sens pas chez moi. Voilà le prix que nous payons pour vivre « La belle vie ».

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