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Douce-amère liberté

Longueur 0:02:36

Transcription :
(Traduit d'anglais)

Me voilà à 16 ans, sur une bicyclette pour la première fois… tombant, me relevant. Je voulais être capable de conduire une bicyclette comme tout le monde. Ayant grandi dans une petite communauté culturelle et religieuse tissée serrée en Ontario, tout le monde savait TOUJOURS ce que chacun faisait. Donc, toute ma communauté savait que j’apprenais à conduire une bicyclette, mais personne ne comprenait pourquoi.

J’adorais être une enfant à la maison; je jouais dans les rues avec d’autres enfants du voisinage. Mes parents, mon frère et moi étions très heureux et mes journées étaient remplies d’éclats de rire. J’ai immigré d’Égypte au Canada avec mes parents et mon frère aîné à l’âge de 5 ans. Ma famille m’avait dit que nous aurions une vie meilleure, comme dans les films.

C’est quand j’ai commencé l’école que j’ai senti une différence. On m’a mise dans une classe ALS, j’étais habillée différemment et ce que j’apportais dans ma boîte à lunch était différent. Quand j’habitais en Égypte, avec mon père, il était très décontracté, il aimait prendre des photos, écrire de la poésie, et il avait un grand sens de l’humour, faisant toujours rire tout le monde. En venant au Canada, tout cela a changé… La réalité, c’est que beaucoup d’immigrants s’attachent encore plus à leur culture et à leur religion lorsqu’ils sont forcés de s’adapter à un nouvel environnement. Sa foi religieuse devint plus forte que jamais. Il travaillait jour et nuit pour subvenir à nos besoins, sans se rendre compte que j’avais besoin de quelque chose de différent.

Enfant, je détestais ne pas pouvoir faire tout ce que faisaient mes amis à l’école. J’ai commencé à détester le Canada et cette idée stupide que le Canada, c’était comme dans les films. Je ne comprenais pas pourquoi nous étions venus ici si nous n’allions pas vivre comme tous les autres. La démarcation entre ma vie en Égypte et la société canadienne était si marquée et rigide.

Conduire une bicyclette représentait la liberté, enfin la retrouver. J’appris beaucoup en me rebellant, j’ai rencontré des gens différents, j’ai connu des choses différentes. Mais au bout d’un moment, j’ai compris que mes parents ne pouvaient être remplacés, que je ne pourrais trouver personne d’autre qui m’aime aussi inconditionnellement. Maintenant que j’ai grandi, je comprends beaucoup mieux les efforts de mes parents et je les apprécie d’avoir tout tenté. S’ils avaient seulement compris qu’ils n’avaient pas à lutter aussi fort et que je n’avais pas à manquer tant de choses. Je suis à un bon endroit et je sens que j’ai des racines quelque part. Je conserve ce que mes parents m’ont transmis, ma culture et ma religion, et aussi toutes sortes de choses que j’aime du Canada. Découvrir les choses par moi-même m’a aidée à arriver où je suis.

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