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Plus fort

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Transcription :
(Traduit d'anglais)

Un jour, ma fille est revenue à la maison et m’a demandé « Papa, pourquoi certains des élèves de mon école m’appellent Paki ? ». Ma réponse a été « ce n’est pas un mot gentil » et je vais avoir une visite avec ton directeur d’école. Ma femme et moi sommes nés en Ouganda mais d’origine indienne, nous avons souffert de la discrimination en Ouganda à cause du dictateur Idi Amin, qui nous a poussés hors du pays et nous sommes devenus des réfugiés en une seule nuit. Cette expérience désagréable à son école était un sujet délicat pour ma femme et moi, mais c’était l’occasion de supporter notre fille et de lui expliquer ce qui nous était arrivé en Ouganda et la raison de notre immigration au Canada.

Après avoir rencontré le directeur, rien de vraiment constructif n’est sorti de notre première discussion. C’est pourquoi j’ai approché le directeur de la Commission scolaire, lequel, après mon insistance sur le fait que quelque chose devait être initié pour remédier à la situation et que sans cela, j’allais communiquer avec l’autorité supérieure, m’a envoyé vers le directeur de l’école. Je lui ai offert de mettre sur pied une unité sur l’Afrique avec le soutien du professeur de géographie. Il a été très favorable à l’idée.

Je pouvais entendre les rires et les murmures alors que l’anticipation était à un haut niveau parmi les élèves, particulièrement à cause de la personne d’une « minorité visible » qui allait prendre la parole. Lorsque je me suis présenté en disant que j’étais né en Ouganda et que j’y avais grandi, la question a été immédiate : « Pourquoi vous n’êtes pas Noir ? ». Ma réponse a été que tout comme le Canada, l’Afrique a beaucoup de races différentes.

Ma première diapositive montrait l’entrée d’un aéroport en Afrique du Sud durant la période de l’apartheid et on pouvait y lire : « Blancs seulement, Métis seulement et Noirs seulement ». Les élèves étaient totalement confus de lire une telle affiche et les mains se sont levées immédiatement afin de poser la question : « Mais pourquoi une telle affiche ? ». La conversation s’est amorcée et tous étaient d’accord pour dire que nous sommes tous égaux et que nous ne devrions pas traiter nos « camarades des minorités visibles ou affectés de n’importe quelle déficience physique » de noms ou de sobriquets.

Ma présentation a été bien accueillie et a eu un impact positif sur les élèves. J’ai été invité deux années consécutives. Ma participation à ce sujet a aidé ma fille à se bâtir une énorme confiance car les élèves ont arrêté les injures ou l’intimidation envers elle ou tout autre élève issu de minorités visibles.

Aujourd’hui, ma fille est professionnelle dans sa carrière et elle attribue son succès dans la vie au fait qu’elle a surmonté la discrimination à un âge précoce. En tant que minorités visibles, les parents ont le devoir de transmettre ces expériences à la génération suivante. En tant qu’adultes, nous avons un rôle à jouer pour éduquer ceux qui manquent de vision plus large et expliquer que les contributions apportées par les différentes sociétés, races, etc. sont des atouts pour l’avenir du Canada.

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