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Fuir

Longueur 0:03:48

Transcription :

Quand j’habitais à Niamey, la maison de mes parents était comme un nid-d’oiseau très animé. Tout le monde s’y trouvait. Maintenant, quand je rentre chez moi, il n’y a qu’une seule personne dans le nid. Ma mère est seule. Parfois, quand je pars en visite, je dis aux gens que je rentre chez moi. Mais quand je reviens au Canada, je dis aux gens là-bas que je rentre chez moi. Alors, où est mon chez-moi?

Je tiens mon côté aventurier de mon père. J’étais très proche de mon père, et il m’a poussée à devenir la personne que je suis aujourd’hui. Il ne me considérait pas comme une fille. Il me considérait comme son enfant, et il voulait le meilleur possible pour moi. À cette époque, peu de filles étaient éduquées. Parfois, on les sortait même de l’école primaire pour les marier. Mon père avait une autre vision. Je suis allée à l’école, j’ai travaillé fort, j’ai eu mon diplôme et j’ai travaillé. Malheureusement, sa vie a brusquement pris fin en 1989. Sans lui, j’ai senti comme un vide autour de moi, même si j’étais mariée avec trois enfants. Il était devenu de plus en plus difficile pour moi de visiter ma mère, car je savais qu’elle faisait le deuil de son mari, et c’était difficile pour moi, car mes conversations avec mon père me manquaient.

Vers la fin d’avril 1992, j’ai reçu un appel du Centre culturel américain à Niamey nous avisant que mon mari avait été accepté au Humphrey Institute. Ils voulaient qu’il soit aux États-Unis dès le 3 mai 1992. J’ai dit oui avant même d’en parler à mon mari. J’avais un sentiment ambivalent, car j’avais peur de laisser ma mère là, mais je voulais aussi partir pour ne pas subir le vide que la mort de mon père avait créé. Je pensais que cela me permettrait de guérir.

Ce n’était pas facile au début, parce que nous n’avions pas maîtrisé la langue anglaise, et il y avait une différence culturelle. De plus, ma fille se faisait intimider à l’école. Nous avons dû changer de commission scolaire, parce qu’elle est rentrée de l’école un jour avec le nez en sang, mais l’école n’a rien fait pour changer les choses. Mais nous avions espoir que tout irait mieux. Heureusement, la nouvelle école a été une bonne expérience pour tout le monde.

Mon père nous a vraiment transmis ses valeurs. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’il voulait que ses enfants soient éduqués, ouverts d’esprit, et qu’ils traitent les autres comme ils voudraient être traités. Il m’a aussi encouragée à être indépendante. J’ai transmis ces valeurs à mes propres enfants. Je veux qu’ils aient une vie florissante, qu’ils réussissent.

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