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Que le monde est petit!

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Transcription :
(Traduit d'anglais)

Ma vie était simple. J’étais heureuse de mon rôle de jeune mariée et maman à Carpinone, un petit village italien de la région de Molise. Puis, nous avons décidé d’émigrer au Canada. Mon mari est venu quelques mois plus tôt afin de préparer le terrain pour nous et le 10 novembre 1966, mon fils et moi prenions le chemin vers Guelph.

Je croyais que j’étais prête mentalement et physiquement pour le grand changement, mais je n’étais même pas rendue à l’aéroport que je commençais déjà à avoir le mal du pays. Passer aux douanes a été assez pour me faire réaliser combien il peut être difficile de fonctionner dans un nouveau pays si vous ne connaissez pas la langue.

Il était passé minuit quand notre avion a finalement atterri. J’étais tellement fatiguée. Je traînais mon fils d’une main et les bagages de l’autre, quand je me suis retrouvée devant un escalier mécanique. Je n’avais jamais utilisé cela et ma tête commençait à tourner. J’avais tellement peur de débouler dans les escaliers. Je suppose que la peur était visible dans mon visage car le gardien de sécurité m’a simplement regardée, puis il a arrêté l’escalier mécanique. J’ai ressenti un tel sentiment de soulagement quand j’ai enfin vu mon mari… Je me suis mise à pleurer et à rire, tout en même temps.

Bien sûr, notre famille était enfin réunie et j’étais heureuse de revoir ma sœur et de rencontrer son nouveau bébé, mais mes ennuis n’étaient certainement pas terminés. Mon incapacité à communiquer rendait tout cela tellement difficile, et je me sentais seule, même quand il y avait des gens autour de moi. Puis, comme par magie, avec chaque nouveau mot que j’apprenais, le mur de l’isolement a commencé à s’effondrer.

En même temps, je ne voulais pas perdre ce que j’avais. Je voulais poursuivre en conservant ma culture et mes traditions et les transmettre à nos enfants. Ma sœur et moi avons recueilli des signatures et fait pression sur la commission scolaire pour lancer un cours de langue italienne. Le programme fut un vrai succès, et bientôt, tout le monde était intéressé à suivre notre exemple. En quelques années, il y a eu vingt-sept classes de langues différentes sous un même toit ! Nous débutions chaque journée ensemble dans la salle de gym, en se disant « Bonjour » dans toutes les langues, et nous nous réunissions pour les célébrations culturelles des uns et des autres. Cela nous faisait réaliser que nous avions tous quelque chose dont nous pouvions être fiers.

Jusqu’à ce que mon deuxième garçon soit né, toute ma famille élargie nous avait rejoints ici. Je suis remplie de gratitude pour les nombreuses possibilités que mon nouveau pays a données à notre famille. Je suis fière d’être canadienne… et très fière de mes racines italiennes. Mes débuts difficiles sont devenus l’inspiration de mon engagement incessant envers l’enseignement de la langue, dont je fais la promotion depuis plus de quatre décennies.

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