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Réinstallation et rapatriement des réfugiés kosovars au Canada

En février 1998, un conflit ethnique généralisé s’est déclaré dans la province yougoslave du Kosovo. Un conflit armé entre les forces de la République fédérale de Yougoslavie et l’Armée de libération du Kosovo (UCK) éclate alors. À cause de ce conflit, et par crainte d’une poursuite du nettoyage ethnique, des milliers d’Albanais de souche qui habitaient dans la province ont cherché refuge en Albanie et en Macédoine, des pays voisins. En raison de cet important mouvement de population, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a fait appel à la communauté internationale afin d’obtenir un soutien politique, financier et logistique. L’UNHCR était préoccupé par la protection des Kosovars qui avaient cherché la sécurité et l’abri en dehors de leur patrie. Pour sa part, le gouvernement canadien a proposé d’offrir un refuge temporaire à 5 000 réfugiés kosovars. Une fois au Canada, ces réfugiés auraient le droit de demander le statut de résident permanent. Au cours des décennies précédentes, le gouvernement canadien avait réinstallé des réfugiés en quête d’un lieu sûr, dont quelque 37 500 Hongrois entre 1956 et 1958, plus de 11 200 Tchèques et Slovaques entre 1968 et 1969, et environ 60 000 Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens entre 1979 et 1981. Dans la foulée de ces programmes spéciaux de grande envergure pour les réfugiés, le mouvement des réfugiés kosovars a néanmoins créé un précédent important : pour la première fois, le gouvernement canadien participait à un programme d’évacuation humanitaire d’urgence conçu pour offrir une protection temporaire aux personnes vulnérables fuyant un lieu d’exode massif.

Canada’s Resettlement and Repatriation of Kosovar Refugees

In February 1998, widespread ethnic tensions led to an outbreak of armed conflict between the forces of the Federal Republic of Yugoslavia (FRY) and the Kosovo Liberation Army (KLA). Some 350,000 Kosovars fled to neighbouring countries in search of safe haven. The United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) appealed to the international community to provide these refugees with temporary protection until they could return home. In 1999, over 7,000 Kosovar refugees arrived in Canada.

1973 : La réponse du Canada à la crise chilienne

En septembre 1973, l’armée chilienne a organisé un coup d’État qui a conduit à la destitution de Salvador Allende, le premier socialiste du pays à avoir été démocratiquement élu comme président. La campagne de répression qu’a ensuite menée le régime militaire a forcé quelque 200 000 Chiliens à chercher refuge ailleurs. Une sensibilisation accrue du public et du lobbying ont fait pression sur le gouvernement fédéral canadien afin qu’il assouplisse les critères exclusifs d’immigration qui étaient en place. C’est ce qui a permis à près de 7 000 réfugiés chiliens d’entrer au Canada.

1973: Canada's Response to the Chilean Refugees

In September 1973, Chile’s military staged a coup d’état leading to the removal of Salvador Allende, the country’s first socialist to be democratically elected as president. The military regime’s subsequent campaign of repression forced some 200,000 Chileans to seek safe haven elsewhere. Heightened public awareness and lobbying pressured the Canadian federal government to loosen existing exclusionary immigration criteria. This permitted nearly 7,000 refugees from Chile to enter Canada.

Canada’s Refugee Determination System

The origins of Canada’s refugee determination system can be traced back to 1922, when the League of Nations (a predecessor to the United Nations (UN)) established the Nansen Passport which provided refugees with an internationally recognized travel document. The passport served as a travel certificate establishing a refugee’s identity. Recognized by more than 50 countries and initially destined for use by over 1.5 million individuals displaced by the First World War and the Russian Revolution, Canadian officials hesitated to legitimize the travel certificate out of a fear that it was a “one-way document.” This was the case for a movement of orphans who had survived the Armenian Genocide and sought permanent resettlement in Canada. They were later resettled through an exemption to an order-in-council that had further restricted “Asiatic” immigration to Canada.[1] Despite international attempts to provide refugees and stateless persons with recognized travel documentation, the Canadian government maintained its sovereign right to deport persons belonging to any of the “prohibited classes” defined in the 1910 Immigration Act.

Le système de détermination du statut de réfugié du Canada

Les origines du système de détermination du statut de réfugié du Canada remontent à 1922, au moment où la Société des Nations (qui a précédé à l’Organisation des Nations Unies (ONU)) a établi le Passeport Nansen, qui offrait aux réfugiés un document de voyage reconnu par la communauté internationale. Ce passeport servait de certificat de voyage; il établissait l’identité d’un réfugié. Au départ, cependant, les fonctionnaires canadiens hésitaient à légitimer ce certificat de voyage, pourtant reconnu par plus de 50 pays et initialement conçu pour servir à plus de 1,5 million de personnes déplacées par la Première Guerre mondiale et la Révolution russe, de peur qu’il s’agisse d’un « aller simple ». C’était justement le cas d’un mouvement d’orphelins qui avaient survécu au génocide arménien Ils avaient cherché l’asile permanent au Canada. Ils ont par la suite été réinstallés grâce à une exemption à un décret du Conseil qui avait restreint l’immigration « asiatique » vers le Canada.[1] Malgré des tentatives, par la communauté internationale, d’offrir aux réfugiés et aux personnes apatrides des documents de voyage reconnus, le gouvernement canadien a conservé son droit souverain de déporter les personnes appartenant aux « classes interdites » définies dans la Loi de 1910 sur l’immigration.

Movement of War Brides and their Children through Pier 21

After the Second World War, Canadian military authorities helped to permanently resettle a unique movement of ‘preferred’ immigration to Canada: war brides and their children. They represent the single largest contiguous movement of migration to Canada, specifically through Pier 21. The war brides arrived in Canada at a time when the country’s doors remained largely closed to immigrants, due in part to the economic effects of the Great Depression.

Le passage des épouses de guerre et de leurs enfants au Quai 21

Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités militaires canadiennes ont aidé à réinstaller au pays une vague unique « d’immigrants préférés » qui venaient s’installer de façon permanente. Il s’agissait des épouses de guerre et de leurs enfants. Elles représentaient le plus important mouvement de migration contigu au Canada et, plus spécifiquement, du Quai 21. Les épouses de guerre sont arrivées au Canada à une époque où les portes du pays demeuraient généralement fermées aux immigrants, en partie à cause des conséquences économiques de la Grande Dépression.

Fifty Years On: Pier 21 and the Prague Spring Refugees

In 1968, liberal elements within the Communist Party of Czechoslovakia initiated efforts to reform the communist regime from within. Various sectors of the country’s population increasingly resisted participation in communist-led organizations. On 5 January, Alexander Dubček, a Slovak reformer, replaced Antonín Novotný as First Secretary of the Communist Party. In April, Dubček announced a new political programme, “socialism with a human face,” (“socialismus s lidskou tváří”) which saw the implementation of reforms including the elimination of press censorship, the restoration of civic and individual rights, and the liberalization of the economy. As communist reformers implemented their own form of socialism, this period became known as the Prague Spring (Pražské jaro).

Cinquante ans plus tard : le Quai 21 et les réfugiés du Printemps de Prague

En 1968, des membres libéraux du parti communiste tchécoslovaque ont entrepris de réformer le régime communiste de l'intérieur. Diverses parties de la population du pays étaient de plus en plus résistantes à l'idée participer à des organisations menées par des communistes. Le 5 janvier, Alexander Dubček, un réformiste slovaque, a remplacé Antonín Novotný à titre de premier secrétaire du parti communiste. Au mois d'avril, Alexander Dubček a annoncé un nouveau programme politique, « le socialisme à visage humain » (« socialismus s lidskou tváří »), qui a mis en œuvre des réformes, dont l'élimination de la censure de la presse, la restauration des droits civiques et individuels et la libéralisation de l'économie. La période pendant laquelle les réformistes communistes mettaient en œuvre leur propre forme de socialisme a été nommée le Printemps de Prague (Pražské jaro).

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