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Dick Cotterill : ma difficile décision de déserter

Je suis né à Ithaca, dans l’état de New- York en 1950 et j’ai grandi sur une ferme laitière près de là. En juin 1969, après avoir complété ma première année à l’Université Cornell, j’ai décidé de ne pas y retourner à l’automne. Plusieurs de mes collègues d’études secondaires étaient dans les forces, plusieurs étaient déjà au Vietnam à ce moment-là. Je me sentais un devoir patriotique de servir mon pays et je me suis enrôlé dans le Corps de Marines des États-Unis pour quatre ans.

Ma première année comme Marine a été essentiellement de l’entraînement : entraînement de base, entraînement au combat et entraînement en électronique en aviation. Je suis devenu technicien de contrôle du tir, affecté au F4, chasseur à réaction fantômes. Ma tâche consistait à maintenir le radar et les contrôles électroniques de tir en état de marche. Nous avions des missiles « sidewinder » et « sparrow » pour les combats aériens; des roquettes, du napalm et des bombes pour les opérations terrestres.

Durant ma deuxième année dans le « Corps », j’étais stationné avec les escadrons opérationnels et la réalité de ma situation a commencé à devenir un poids moral. Plus je rencontrais de Marines revenant du Vietnam plus il devenait évident que cette guerre était une erreur, injuste et immorale. Finalement, je suis arrivé à la décision, morale et éthique, que je ne devrais pas terminer mon enrôlement. J’ai postulé pour retourner à la vie civile comme objecteur de conscience et comme cela n’a pas fonctionné, j’ai décidé de déserter. À ce moment je connaissais très peu du Canada et sa position comme refuge pour les opposants à la guerre américains. Je savais que la désertion pouvait mener à la prison et à un casier judiciaire, mais j’étais bien certain qu’en ma bonne conscience je ne pouvais pas compléter mon engagement. Je voulais sortir et je savais que le fait de déserter représentait une déclaration positive au sujet de mon opposition à la guerre du Vietnam.

Être bienvenu au Canada comme résident permanent et plus tard comme citoyen a été un cadeau formidable pour lequel je demeure reconnaissant aux Canadiens.

Il ne se passe pas une journée sans que je ne me sente béni. Après être devenu citoyen canadien, Jimmy Carter a été élu président des États-Unis et il a offert l’amnistie aux déserteurs américains de l’époque du Vietnam. Je suis allé à Washington, D.C. et j’ai reçu une libération complète de la part du Corps des Marines des États-Unis qui s’est vue inclure plus tard « dans des conditions honorables ».

J’ai vécu en Nouvelle-Écosse depuis 1972. Mon épouse est née en Nouvelle-Écosse. Nous avons deux fils et deux petits-fils. Nous avons une petite entreprise familiale qui emploie quelques personnes. Nous sommes bénévoles au sein de notre communauté et nous contribuons à différentes œuvres de charité, à chaque année.

La vie au Canada est merveilleuse. Comme immigrant, on se sent d’une certaine façon, béni à chaque jour.

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