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Pétroglyphe/Électroglyphe : Réconcilier le passage du temps avec Alan Syliboy et Lukas Pearse à l'occasion de Nocturne 2018

Imaginez un diagramme de Venn. L'un des cercles représente l'artiste mi'kmaq Alan Syliboy, qui travaille avec l'acrylique et les médias mixtes afin de recréer des pétroglyphes autochtones et des décorations de piquants de porc-épic. L'autre cercle représente l'artiste audiovisuel Lukas Pearse qui utilise la technologie pour créer d'incroyables présentations numériques. Ayant tous les deux une passion pour la musique, ils se rejoignent dans une série de collaborations qui téléportent les peintures d'Alan dans de nouvelles dimensions grâce aux procédés audiovisuels de Luka. Nous avons déjà l'exemple d'une énorme baleine animée, d'un tipi multimédia, de danseurs animés tournant autour de l'église de Grand-Pré et plus encore.

Peinture acrylique multicolore représentant des pétroglyphes de figures humaines et d'animaux à sabots.

Stories of the Hunt go on Forever # 1, Peinture d’Alan Syliboy

En parlant de leur amitié artistique, Alan s'explique : « La chose a simplement fini par évoluer... Il faisait partie de mon groupe de musique et j'avais des images. J'avais du contenu et il avait les capacités techniques. C'était tout simplement naturel... Ça fonctionnait à tous les niveaux. »

« Nous avions, en quelque sorte, des intérêts parallèles assez intéressants, explique Luka, et cette idée que les choses peuvent être traditionnelles, mais à la fois très futuristes. »

Leur plus récente collaboration, Pétroglyphe/Électroglyphe, sera bientôt présentée au Musée canadien de l'immigration du Quai 21 à titre de projet phare de l'événement Nocturne 2018.

En tant qu'interprétation du thème de Nocturne 2018, « La réciprocité nomade », la présentation Pétroglyphe/Électroglyphe parle d'abord et avant tout de récits. C'est une présentation qui se penche sur la façon dont les histoires, enracinées dans la tradition, peuvent à la fois demeurer les mêmes et complètement changer avec le temps.

Le projet est simple à comprendre : La compréhension des symboles autochtones traditionnels d’Alan est placée dans l’environnement vidéo de Lukas. « Il y aura un écran divisé, explique Alan. L'un des écrans présentera mes animations et l'autre présentera une projection altérée par le son qui se comportera de façon différente. »

« La même image, mais totalement différente. »

Peinture acrylique multicolore représentant des pétroglyphes de figures humaines et d'animaux aquatiques.

Stories of the Hunt go on Forever # 2, Peinture d’Alan Syliboy

Les images seront aussi altérées par l'ampleur du projet. La présentation sera projetée à l'extérieur, directement sur le bâtiment du Musée. « Elle fera quelque chose comme 100 par 100 », s'exclame Alan.

La vraie complexité du projet se trouvera dans la façon dont les participants interpréteront Pétroglyphe/Électroglyphe. Les deux artistes prévoient que tout le monde en tirera quelque chose de différent. Tout comme notre compréhension d'une histoire change selon le nombre de fois où nous l'entendons, la compréhension de Pétroglyphe/Électroglyphe sera différente pour chaque participant.

Lukas explique que tout comme les histoires qui sont enracinées dans la tradition, il y a des « idées qui lient ce projet loin dans le passé. Et en allant de l'avant, ces idées ont encore du poids, peu importe où nous les amenons ou les formes que nous leur donnons afin de les rendre pertinentes et actuelles ».

« Bien que la forme change, certaines racines demeurent les mêmes. »

Même si Pétroglyphe/Électroglyphe change les traditions, la puissance de l'ensemble des symboles visuels d'Alan dans nous rappelle leur robustesse. « Il est toujours possible de reconnaître les symboles malgré les altérations numériques, explique Luka en parlant de la ténacité de l'art d'Alan. Je crois, eh bien... c'est une métaphore pour toutes les autres sortes d'érosions, au sens littéral et figuré, que les histoires qu'il nous présente ont subies jusqu'à maintenant. »

« Il faut apprécier et non déplorer le fait que nous ne les verrons que de notre point de vue. Ces images ont perduré. »

Pour Lukas, l'expérience de Pétroglyphe/Électroglyphe porte sur la réconciliation et « la compréhension qui existe entre la culture des colons et des autochtones, ce concept voulant qu'il ne s'agisse pas de quelque chose de fixe... l'idée que c'est quelque chose qui doit toujours être compris de nouveau, alors que le temps passe et que la société et les gens changent, que les personnes travaillent ensemble et comprennent nos histoires. »

L'image multicolore d'un œil abstrait est une image fixe de l'installation d'art-video Petroglyph/Electroglyph.

Image fixe de Peteroglyph/Electroglyph de Lukas Pearse et Alan Syliboy

Pour Alan, une partie de l'expérience est aussi le fait de voir son art et les symboles traditionnels en format géant sur des lieux historiques. La chance de les voir sur le Musée lui fait ressentir la même chose que ce qu'il a ressenti lorsqu'il les a vus être projetés sur l'église de Grand Pré. « Je revis ces moments avec l'église, mais d'une autre façon, explique-t-il. C'est la même chose avec ce site, ce site représente les immigrants et s'ils avaient pu lire l'avenir et voir ceci arriver - qui aurait pu croire que quelque chose comme ça se produirait? Juste ça, voyager dans le temps, il est tout simplement incroyable d'y penser. »

Venez le constater vous-même, commencez votre soirée Nocturne au Musée et soyez témoin de Pétroglyphe/Électroglyphe, en plus d'assister à d'autres présentations fascinantes et touchantes de Mocean Dance, de Hear Here Productions, de Marla Benton, de Justin Buckley et d'Eskasoni Cultural Journeys.