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Le pouvoir des mots manuscrits

Le temps des Fêtes en période de pandémie est un territoire inexploré. Nous nous demandons à quoi ça va ressembler. Nos traditions vont-elles devoir s’adapter? Comment pouvons-nous traverser le fossé qui existe entre nos proches et nous? L’année 2020 a forgé de nombreuses nouvelles façons de rester en contact (Zoom, Netflix en groupe, jeux en ligne et salles de classe virtuelles). Toute l’année, nous nous sommes fortement appuyés sur la technologie et nous avons continué de regarder vers l’avenir pour plus d’innovation. Et si nous regardions plutôt vers le passé pour trouver une source de connexion? Nos collections contiennent un véritable trésor de formidables lettres manuscrites : des lettres écrites entre une épouse de guerre et son mari (désirant être réunis), des lettres de militaires écrivant à leur famille et des lettres souhaitant la bienvenue aux immigrants arrivant dans une nouvelle communauté. Contrairement aux textos, aux courriels, aux tweets, aux messages et aux emojis (qui peuvent être composés et envoyés en quelques secondes), écrire une lettre prend du temps et de la concentration. L’émotion d’une lettre est intégrée à sa calligraphie. Dans la lettre ci-dessous, Léo Devost, au Québec, écrit à sa femme Stella Devost en Angleterre (5 décembre 1945). Il écrit à Stella que 1 200 épouses de guerre seront transportées jusqu’au Canada pour Noël et qu’il espère qu’elle sera l’une d’entre elles...

Traduit de l'anglais

« À ma très chère épouse Stella, bonjour chérie, quelques lignes pour toi ma douce, espérant que cette lettre trouve son chemin... Ce serait si beau si nous étions ensemble... Je crois comprendre que ce mois-ci, environ 1 200 femmes arriveront pour Noël. J’espère que tu seras l’une d’entre elles, car tu me manques énormément, ma chérie. Nous serions si heureux de voir approcher Noël... J’ai appris ma leçon, étant loin de toi. Nous ne trouvons pas le bonheur. J’ai besoin de toi... Ne pense jamais que je suis avec d’autres femmes. Non, ma chérie, je suis trop fier de toi pour te tromper de la sorte... Ma douce, donne un gros baiser à notre précieux bébé de ma part. Je vous verrai bientôt tous les deux... Ton Léo »

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Les lettres présentées ci-dessus (entre Stella et Leo) font partie d’une série de huit lettres découvertes par Ellen et Thaddeus Wolosinski lors d’une vente de garage qui a eu lieu dans le nord du Vermont. Il est intéressant de remarquer que les artéfacts sont souvent perdus au fil du temps, mais que les lettres continuent de survivre (de génération en génération) grâce au pouvoir des mots.

Les lettres étaient souvent le seul moyen d’établir un lien avec un être cher. Chaque fois qu’une lettre est lue de nouveau, le lien qu’elle contient est renouvelé. La lettre présentée ci-dessous nous révèle comment un pont familial peut être créé entre l’Égypte et l’Angleterre. Une carte de Noël en noir et blanc (sur laquelle se trouve un père Noël chevauchant un chameau et sautant par-dessus des pyramides) envoyée à Maureen Martin (née Bicknell) de la part de son père Victor, alors qu’il était posté Égypte (16 novembre 1941).

La carte contient un petit mot de Victor indiquant qu’il va bien et qu’il ne faut pas s’inquiéter. Il souhaite à sa famille un joyeux Noël et espère que la nouvelle année les réunira à nouveau.

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(La carte ci-dessus provient de l’histoire d’immigration S2019.178.1 : « Victor était un sergent suppléant du 74e régiment de campagne de l’Artillerie royale et a été tué au combat le 28 juin 1942, alors qu’il servait dans les forces du Moyen-Orient. Il a été tué à Mersa Matruh, en Égypte, pendant la retraite de Tobrouk, en Libye).

La lettre présentée ci-dessous, une autre favorite de notre collection, offre un aperçu de la vie d’une autre épouse de guerre. Elle démontre comment les gens se sentant seuls, lors de leurs premières Fêtes loin de leur famille, peuvent créer des liens et comment la gentillesse peut être partagée. Cette lettre de Gladys Gamble, présidente du Huntley Women’s Institute, est adressée à Joan Wilson. Elle offre soutien et compréhension à Joan, qui est arrivée dans un nouveau pays étranger (écrite le 11 décembre 1946, à Carp, dans la ville ontarienne d’Ottawa).

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Traduit de l'anglais

« Chère Madame Wilson... Il y a sept ans, les nuages de la guerre se sont répandus avec fureur au-dessus de l’Angleterre et nos fils ont offert leurs services à la mère patrie, afin de défendre notre mère patrie. Ils ont tôt fait d’être envoyés dans les îles britanniques où, au fil du temps, ils ont rencontré, courtisé et épousé les épouses britanniques, vous, que nous accueillons aujourd’hui avec plaisir... Lorsque la paix a été déclarée, vos maris sont rentrés au Canada et vous les avez suivis avec vos enfants afin de fonder un foyer au pays... Nous sommes conscientes que la vie au Canada peut vous sembler étrange, vous qui avez été élevée en Angleterre ou en Écosse. Vous vous sentirez peut-être seule pendant un certain temps, mais nous voulons que vous vous sentiez chez vous, avec nous, en cette période des Fêtes. Comme symbole concret de notre accueil, nous, les membres du Huntley Women’s Institute, vous demandons d’accepter ce cadeau... Nous espérons que vous deviendrez des citoyennes canadiennes heureuses et nous sommes prêtes à vous aider dans toutes vos démarches... Glady’s Gamble – présidente »

Joan Wilson (née Farrell) est née en Angleterre. Elle a rencontré Gerald Wilson (son mari) en 1942, dans une cantine située en Écosse. Elle travaillait comme radiotélégraphiste pour la Royal Air Force britannique. Gerald faisait partie du Corps de santé de l’Armée canadienne. Elle a épousé Gerald, puis est montée à bord du Queen Mary en compagnie de leur fillette de 16 mois pour venir jusqu’à Halifax. Ils se sont installés à Ottawa en 1946.

Vous vous souvenez de l’époque où il était amusant de recevoir du courrier? Du plaisir d’avoir un correspondant ou une correspondante à l’école primaire? De nos jours, le courrier se compose principalement de factures et de dépliants. En vous inspirant des lettres présentées ci-dessus, nous vous encourageons à participer à cet art ancien consistant à presser un stylo contre du papier, puis à écrire une lettre, une note ou une carte à vos proches. En cette période des Fêtes, remplissez leurs boîtes aux lettres (et non leurs boîtes de réception) et créez un lien entre vous et vos proches (où qu’ils ou qu’elles soient).

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