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Deux jeunes filles en robes blanches se tiennent dans un jardin.

Photographie de Marianne Ferguson (née Echt) et de sa sœur, 1932.

Crédit : Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [DI2013.1018.18]

Vous souvenez-vous d’une époque où le terme « confinement » ne faisait pas partie de votre vocabulaire quotidien? Quand les sites Web du gouvernement n’étaient pas consultés avant les visites de la famille et des amis? Au cours des 18 derniers mois, nous avons connu la séparation, mais nous nous sommes adaptés en organisant des « rencontres virtuelles » avec la famille, des réunions Zoom avec les collègues de travail et, dans la mesure du possible, des rencontres dans l’entrée de garage (apportez votre propre chaise de jardin) avec les voisins. Nous avons visité des musées, écouté des concerts et même participé à des soirées de jeu-questionnaire locales, le tout virtuellement! Cet été, un petit pas a été fait vers un avenir prometteur. De nombreux Canadiens ont enfin eu la chance de traverser les frontières provinciales en toute sécurité, d’embrasser leur famille et de retrouver leurs proches. Les retrouvailles occupent une place importante dans le cœur du Musée, car elles représentent une grande partie de notre histoire. Le Quai 21 a été témoin du retour de soldats, de l’immigration qui a réuni des familles, des épouses de guerre qui ont retrouvé avec leurs conjoints, la découverte d’ancêtres qui mène à un retour au pays, ou des réunions pour les gens qui ont une expérience en commun :

Carrie-Ann Smith, vice-présidente de l’engagement du public au Musée, raconte l’une de ses réunions préférées au Musée, où deux histoires s’entremêlent.

Vieille carte d’identité jaunie avec des mots.

Carte d’identité délivrée à Marianne Echt pour une école privée juive.

Crédit: Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [DI2013.1018.2]

Dans une petite ville polonaise vivait Marianne Ferguson (née Echt). Les Echts étaient des citoyens importants de cette communauté de 4 000 personnes... Ils avaient une belle maison et un jardin qui étaient toujours remplis d’amis et de proches. Tout cela a changé lorsque Hitler est devenu chancelier d’Allemagne en 1933. « Les Juifs, écrit Marianne, n’étaient même pas autorisés à aller à la plage ou à se promener dans le parc. » Son père savait qu’il était temps de partir. Il y a eu des fouilles à nu, des menaces et des questions, mais ils ont finalement pu partir. Après des adieux déchirants avec leurs proches, le moment est venu pour la famille Echt de partir pour le Canada.

La famille Echt a été accueillie au Canada par le Quai 21... Meta Echt (la mère de Marianne) a assumé un rôle de représentante de la Société d’aide aux immigrants juifs. Marianne sera la compagne constante de sa mère au Quai 21. Avec le temps, cent mille réfugiés viendront au Canada et beaucoup d’entre eux se souviendront des bénévoles qui les ont aidés et rassurés : Meta et Marianne avec leurs sourires et leur gentillesse.

Dans une ville polonaise distincte (l’une des plus anciennes communautés juives de Pologne), Nathan Wasser, âgé de huit ans, était assis aux pieds de son grand-père. Il n’y avait pas d’histoires heureuses pour le petit garçon. Son grand-père lui enseignait plutôt des leçons dont il craignait que le garçon ait besoin. Les choses allaient empirer pour les Juifs avant de s’améliorer. La famille Wasser a enduré trois liquidations de ghetto et deux camps de travaux forcés avant d’être envoyée à Auschwitz et ce qu’elle pensait être une mort certaine. Au début de l’année 1945, ils ont été forcés de faire une autre marche de la mort vers Blechhammer. Avec seulement un peu de pain, les prisonniers ont marché pendant des jours. Lorsque les Wasser ont atteint le camp de travail de Blechhammer, ils arrivaient à peine se tenir debout. Le lendemain de leur arrivée, un bombardement russe s’est produit et de nombreuses bombes sont tombées sur le camp. Par chance, une bombe a percé l’un des murs de soutènement du camp. Nathan et son père ont pu s’échapper. Ils se sont réfugiés dans la forêt et, avec l’aide de l’armée russe, ont survécu aux derniers jours de la guerre.

En rentrant en Pologne, Nathan et son père ont constaté que ce n’était plus leur Pologne. Nathan Wasser est arrivé au Quai 21 à l’âge de dix-sept ans, sous-alimenté et frêle. Il y avait eu un problème avec la monnaie qu’il s’était procurée au marché noir en Allemagne avant le départ. Une travailleuse du Quai 21, Meta Echt, lui a donc donné vingt dollars. Il ne pouvait pas accepter une telle générosité. Comment pourrait-il la rembourser? Elle lui a dit : « Nous avons confiance en toi, nous avons foi en toi, tu seras un bon citoyen canadien. » Peut-être était-ce leur gentillesse? Peut-être y avait-il quelque chose dans l’étreinte que la femme lui avait donnée? Quoi qu’il en soit, Nathan sentait les murs à l’intérieur de lui commencer à s’effondrer tandis que Meta et Marianne Echt le réconfortaient. Leur temps ensemble a été bref, mais il ne l’a jamais oublié.

Quelques années plus tard, Nathan suivait une route d’Halifax parallèle à l’ancienne voie ferrée. Avec sa femme depuis quarante-huit ans à ses côtés, il s’en allait rembourser une dette. Il a retrouvé Marianne à l’intérieur du Musée et lui a remis deux chèques pour le Conseil juif atlantique. L’un d’eux est d’une somme de dix fois le double Chai, qui représente la vie pour le peuple juif, et l’autre, les vingt dollars que Meta Echt lui avait donnés il y a tant d’années. Nathan Wasser est maintenant un élégant gentleman aux cheveux gris, un homme d’affaires prospère, un père de famille et un bon citoyen canadien. Sa dette, s’il en est, est remboursée.

Une histoire de retrouvailles canadiennes plus récente nous vient de Wazhma Sahle-Mohammad :

Un homme et une femme s’enlacent à l’aéroport.

Photographie de Wazhma en compagnie de son frère à l’aéroport international Pearson de Toronto, 2008.

Crédit : Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [DI2018.68.7]

Originaire de Kaboul, en Afghanistan, Wazhma a été abandonnée par son père à l’âge de six ans dans un orphelinat. En novembre 1984, un groupe de 2000 enfants afghans a été envoyé en Union soviétique. Wazhma dit : « Environ 170 enfants et moi avons été choisis pour aller dans la République du Kazakhstan. » Elle est devenue une immigrante illégale lorsque l’Union soviétique s’est effondrée. « En 1996, j’ai rencontré un gars de Colombie, raconte Wazhma. Nous avons commencé à vivre ensemble. La situation en Russie s’aggravait. J’ai pris la décision de quitter la Russie et de m’installer en Colombie. Je n’avais pas le choix. » En raison des difficultés économiques et des barrières linguistiques, la situation de Wazhma en Colombie n’était pas meilleure qu’en Russie. Wazhma a commencé à chercher un moyen de s’en sortir. Elle a appelé toutes les ambassades pour demander comment elle pouvait immigrer dans leur pays. Quelques semaines avant de se rendre en Colombie, Wazhma avait rencontré un ami qui venait de rentrer du Pakistan. Elle dit : « Au cours de notre conversation, mon amie m’a mentionné un nom familier qui était exactement le même que celui de mon frère... Je lui ai demandé de décrire cette personne et j’ai réalisé que cette personne était mon frère. J’étais excitée et remplie d’un nouvel espoir. Après six mois de vie en Colombie, j’ai reçu un appel de la même amie qui m’a donné le numéro de téléphone de mon frère, qui vivait au Pakistan. Après 11 ans, j’ai pu parler avec ma famille. » Son frère a expliqué qu’il était en train d’immigrer au Canada grâce à un parrainage. Avec une vigueur renouvelée, Wazhma a travaillé dur pour faire du Canada sa nouvelle patrie également. Elle explique : « Quand je suis enfin arrivée, mon frère m’attendait. »

Les retrouvailles sont parfois fortuites, préparées depuis des années ou recherchées auprès de ceux qui nous apportent le plus de réconfort. Quelle que soit la signification des retrouvailles pour vous, qu’elles signifient « la recherche est terminée » ou « votre attente est terminée », n’oubliez pas de savourer chaque moment.