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Trois jeunes femmes sont à une table, faisant de l’artisanat.

Célébration du Nouvel An lunaire 2019 au Musée

L’horloge marque le décompte : 23 h 59 devient minuit, et un nouveau jour commence. C’est habituellement quelque chose d’anodin, mais tout cela change lorsqu’une nouvelle année et un nouveau départ cognent à la porte. Bien que ce qui précède puisse, sur le coup, vous faire penser au 1er janvier, cette date ne représente pas le début de la nouvelle année pour tout le monde. Des célébrations du Nouvel An ont lieu (presque) chaque mois de l’année selon la culture et le calendrier.

Nous aspirons tous à avoir une année fructueuse. Les gens participent à certaines traditions culturelles très distinctes et délicieuses afin que la chance soit de leur côté pour la nouvelle année à venir. En Macédoine, pour les personnes de confession orthodoxe orientale, il est de coutume de manger du pain pita fait maison renfermant une pièce de monnaie. On dit que celui ou celle qui découvre la pièce aura de la chance pour l’année à venir. Lors du Nouvel An iranien / persan, on prépare une table haft sîn sur laquelle on pose sept objets commençant par la lettre « S ». Ces objets sont des symboles positifs pour l’année à venir. Contrairement au Rosh Hashanah, le Nouvel An juif qui commence au coucher du soleil au son d’une corne de bélier, le Nouvel An balinais (connu comme le jour de Nyepi) se passe dans un silence total. Les Birmans et les Birmanes célèbrent un festival de l’eau pendant 3 à 4 jours, alors que les Thaïlandais et les Thaïlandaises, de façon similaire, ont pour coutume de verser de l’eau sur leurs aînés afin d’être bénis pour l’année à venir.

Le Nouvel An lunaire est célébré par environ 1,5 milliard de personnes et est l’un des plus grands événements humains sur Terre. On le célèbre non seulement en Chine, mais aussi en Corée du Nord, en Corée du Sud et au Vietnam. Le vendredi 12 février 2021 marquera le premier jour de l’année du Buffle et le début du Nouvel An lunaire. Essayons d’en savoir un peu plus...

Il y a un peu plus de dix ans, Tian Xiaomei, connue sous le nom de May Tian, a quitté Yanquan, une petite ville située dans la province chinoise du Shanxi, pour venir s’installer au Canada. S’il y a une chose de la Chine dont May s’ennuie, c’est bien le Nouvel An chinois...« Il s’agit de 15 jours de célébrations, explique May, qui ajoute que presque tout le monde prend la semaine entière de congé pour célébrer cette fête très centrée sur la famille. Pour le peuple chinois, il s’agit toujours de la plus grande fête. »

Pendant la période des Fêtes, il est garanti que vous aurez droit à des visites familiales, peu importe ce que vous célébrez, et malgré les circonstances entourant la pandémie. Compte tenu de la forte population de la Chine, les déplacements qui ont lieu pendant le Nouvel An chinois sont considérés comme la plus grande migration humaine au monde. « C’est comme si tout le monde déménageait », explique-t-elle. On parle de centaines de millions de personnes voyageant à travers le pays pour voir leur famille, soit un total de 3 milliards de voyages. Cette migration est si incroyable qu’elle a son propre nom, Chunyun.

Des foules de gens dans une gare.

La période de Chunyun à l’intérieur de la gare de Beijing Ouest

Credit: https://en.wikipedia.org/wiki/Chunyun

Au jour de l’An, May était en route pour aller voir sa famille par train; elle rentrait chez elle. Elle était raccompagnée par ses camarades de classe, mais le train était si plein qu’elle n’arrivait pas à franchir la porte. May a décidé d’improviser : « Quelqu’un a ouvert une fenêtre et mes camarades de classe ont dû pousser, me tenir et pousser mes jambes et mon pied par la fenêtre. »

La nourriture, les feux d’artifice et les danses traditionnelles chinoises font partie des célébrations. L’une des traditions favorites des enfants est la remise des enveloppes rouges : « Nous sommes toujours impatients de recevoir le hongbao, il s’agit de, euh, d’argent mis dans des paquets rouges, explique Siew Lin Polk, dans son histoire orale. Et euh... Au bout de quinze jours, nous comptons combien d’argent nous avons récolté, pour acheter quelque chose. »

Deux enveloppes rouges décorées avec des pièces à proximité.

Célébration du Nouvel An lunaire 2019 au Musée

Les enveloppes rouges servent à transférer la bonne fortune au destinataire, pour que cette personne ait une année à venir emplie de sécurité et de tranquillité. L’origine de cette tradition vient d’un démon nommé Sui, qui venait terrifier les enfants pendant leur sommeil. Selon la légende, la veille du Nouvel An, les parents donnaient à leurs enfants huit pièces de monnaie. Les enfants jouaient avec les pièces pour rester éveillés et à l’abri du démon. Afin de rester éveillés, les enfants emballaient les pièces dans du papier rouge, ouvraient le paquet, remballaient les pièces et ainsi de suite. Mais toujours selon la légende, cette ruse finit par ne plus fonctionner et les enfants finissent par s’endormir. Quand Sui arrive, les huit pièces émettent une puissante lumière et font fuir le démon.

Les légendes qui entourent le Nouvel An chinois parlent aussi de plusieurs tabous. Chaque tabou ne fait cependant pas partie des pratiques de chaque personne. Avant le début des célébrations, une journée est consacrée au nettoyage. Cette pratique vise à balayer la malchance et à faire de la place pour le bien. On considère qu’il est risqué de faire du ménage pendant les célébrations. Quelqu’un pourrait balayer sa bonne fortune par inadvertance.

« Il faut changer les draps, des nouveaux draps ou des draps propres. Gros, plus gros et clair... Il faut sortir les déchets. Pour se débarrasser de la malchance et pour que la nouvelle année soit chanceuse », explique Qing Li Murphy dans son histoire orale. D’autres tabous mettent les gens en garde contre le fait d’utiliser des objets tranchants, pour éviter que vous ne coupiez votre flux de richesse et de succès. « Les gens s’assurent de faire coiffer leurs cheveux avant la période des Fêtes », explique Qing Li. Pour cette raison, certains salons de coiffure sont fermés pendant les célébrations du Nouvel An lunaire.

Bien qu’être en Asie pour le Nouvel An lunaire soit certainement quelque chose à mettre sur sa liste des choses à faire, la plupart des grandes villes du monde l’observent aussi. Les villes de Londres, de San Francisco et de Sydney prétendent toutes avoir la plus grande fête en dehors de l’Asie. Dans son histoire orale, Tung Chan, l’ancien président du conseil d’administration du Musée, parle de sa première célébration du Nouvel An chinois à Kelowna, en Colombie-Britannique.

« Nous présentions la première célébration du Nouvel An chinois de Kelowna, dans le centre communautaire. Nous pensions que seulement dix ou quinze personnes allaient se présenter. Deux mille personnes se sont pointées! C’était vraiment drôle, parce que, quand on fait la fête, il faut faire quelque chose, alors... Robin, euh, était sur la tête de lion, il faisait la danse du lion, et j’étais aux tambours. Je n’avais jamais appris à m’en servir (rires), mais j’étais aux tambours. Et, euh, le Dr Wang, un médecin de formation occidentale, faisait de l’acupuncture pour les gens. Et... C’était génial! On a eu tellement de plaisir. »

Les célébrations traditionnelles sont des aspects fondamentaux de toutes les cultures. Lorsque les gens immigrent dans un nouveau pays, le fait de célébrer leurs traditions les aide à rester en contact avec leur culture tout en s’adaptant à une nouvelle culture. Voici un extrait de l’histoire orale de Lin Dai :

« Je pense que j’apprends à être Canadienne. Mais, maintenant j’apprends à – à aussi vivre comme une Canadienne d’origine chinoise... Nous ne pouvons pas oublier notre culture, n’est-ce pas? Même maintenant, je suis officiellement une Canadienne sur mon passeport, mais à l’intérieur, je suis encore Chinoise (rires). La culture est quelque chose qui... Ce n’est ni bon ni mauvais, c’est là. C’est dans mon sang. C’est parfois une lutte. Êtes-vous une Chinoise ou une Canadienne? Vous comprenez, parce que nous sommes des immigrants. Donc, pour moi, c’est comme – c’est comme pour mes deux fils. Ils me demandent : "Est-ce que tu m’aimes plus que mon frère?" Li – et je réponds : "Tu es ma main gauche, tu comprends? Ton frère est ma main droite. Je vous aime tous les deux." C’est la même chose ici. Il est naïf de demander et de dire qui nous sommes. Le Canada est ma main gauche et la Chine, ma main droite. N’est-ce pas? Je les aime tous les deux et maintenant, ils sont tous les deux dans mon sang. »

Nous souhaitons à tous ceux qui célèbrent le Nouvel An lunaire 2021 santé, chance et une très bonne année !

Trois jeunes filles vêtues de costumes traditionnels célèbrent le Nouvel An lunaire.

Le Nouvel An lunaire 2019 au Musée