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L’attrait de l’aventure

Une moto et un homme portant une habille de moto et un casque contre dans un terrain gelé.

Bostjan Skrlj a modifié sa moto pour qu’elle puisse rouler sur le terrain gelé dur Nord.

« En voir plus, c’est tout ce que je veux.» Il s’agit de Bostjan Skrlj, un immigrant slovène parlant de son amour du voyage. C’est ce qui, jumelé à un amour presque fanatique de l’hiver et un besoin implacable d’aventure, l’a poussé à s’éloigner de sa demeure et à se frayer un chemin différent.

Adolescent, il est parti à moto pour explorer l’Europe, certaines parties de la Scandinavie et l’Asie occidentale. Sur sa moto, il a visité 42 pays. Il est arrivé au Canada en 2011, en route vers l’Alaska. Lorsque l’air froid du Nord canadien l’a enlacé, il a su que Whitehorse était destiné à devenir son nouveau port d’attache.

Bostjan a modifié sa moto pour qu’elle puisse rouler sur un terrain gelé et a commencé à tracer l’itinéraire des nouvelles routes nordiques qu’il voulait parcourir. Au mois de mars de cette même année, il s’est rendu à Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest. Un voyage de près de 1 400 kilomètres à l’allée qui lui a permis de se délecter de la beauté du terrain arctique.

« Il faisait quelque chose comme moins 46... J’avais l’impression que mon esprit fonctionnait bien mieux. J’aime me pousser à mes limites... voir ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Pour moi, c’est comme méditer. »

Bostjan habite toujours à Whitehorse. Quand il ne travaille pas ou ne fait pas de la moto, il repousse ses limites avec un nouveau passe-temps, le parapente. Comme si filer à moto par des températures glaciales n’était pas assez intense, il se lance du haut de grandes falaises et plane dans le ciel du Nord. « Nous volons avec les oiseaux... Nous nous joignons à eux. De temps à autre, nous voyons un aigle ou deux. »

Selon Bostjan, le plus difficile, à Whitehorse, ce n’est pas de survivre au froid, mais d’être loin de sa famille qui lui manque. Il dit que même s’il est difficile d’être aussi loin, l’attrait du Nord est irrésistible. L’année prochaine, il prévoit partir de Barrow, en Alaska, pour se rendre jusqu’à Alert, au Nunavut, l’endroit habité le plus au nordique du monde.

« C’est mon prochain défi. Ma mère n’est pas du tout chaude à l’idée. »

Poussée par la peur

Un voyage très différent a commencé dans une autre partie du monde. Marie Khourie est née en Égypte et a grandi au Liban. Elle explique de quelle façon sa famille s’est soudainement retrouvée en danger lorsque la guerre civile a éclaté.

« Vous imaginez habiter à côté d’un voisin qui était deux rues plus loin et, tout d’un coup, la frontière est entre vous deux? raconte-t-elle. Ce n’est pas deux nations qui s’affrontent, c’est vraiment les gens entre eux dans un même quartier. C’est là où la sauvagerie vraiment est à son comble. »

La mère de Marie a pris Marie et son frère et s’est enfuie en Espagne. Son père est resté derrière, espérant que les choses allaient se résoudre. Il a été assassiné deux jours après avoir fait monter sa famille à bord de l’avion.

Les Khourie ont demandé à venir au Canada en tant que réfugiés et sont arrivés à Montréal en 1976. Ils se sont installés à Vancouver.

Marie a de nouveau traversé l’océan pour fréquenter une école d’art en France. Elle y a découvert une passion pour la sculpture, ainsi qu’une libération émotionnelle. « Et ça a été pour moi comme découvrir une autre langue. J’arrivais tout d’un coup à dire des choses avec les mains que je n’avais jamais exprimées au préalable », explique-t-elle.

Des sculptures blanches fluides reposent sur le sol et une femme est assise sur l'une d'elles.

Installation de Let's Sit and Talk de Marie Khourie.

Elle est revenue au Canada 28 ans plus tard, avec son mari et ses enfants. Cette fois-ci, par choix.

« Et c’est, je pense, surtout dans cette deuxième arrivée que j’ai vraiment réalisé la force de ce pays, la générosité de ce pays, l’ouverture qu’a ce pays et surtout cette sensation de paix et de calme qu’on ressent ici, une vraie sérénité. »

Le pouvoir du récit

Les facteurs « d’attraction et de répulsion » sont ces forces magnétiques qui attirent les immigrants vers le Canada ou qui les chassent de leurs foyers. C’est le thème qu’explore le programme continu d’histoire orale du Musée, tout comme les nombreuses autres nuances fascinantes qui expliquent pourquoi et comment les gens viennent au Canada. En fait, les extraits de Marie, présentés ci-dessus, sont tirés de son entrevue d’histoire orale.

« Diriger une entrevue d’histoire orale est une expérience à part entière. J’écoute avec mon esprit et mon cœur, avec expérience et empathie, avec connaissance et compassion, explique Emily Burton, l’historienne orale du Musée. Je considère que mon rôle est de créer un espace où une personne peut se sentir à l’aise de raconter son histoire. Je suis étonnée de la confiance qui m’est souvent accordée. »

Une femme aux cheveux noirs dans un chemisier blanc.

Kim Thúy, auteur et animatrice d'Innombrables voyages en français.

Les producteurs Tina Pittaway et Philip Moscovitch se sont inspirés de ce processus intime de narration pour créer D’innombrables voyages, le nouveau balado du Musée canadien de l’immigration du Quai 21. Ils ont puisé dans la collection du Musée, puis sont allés à la rencontre d’autres nouveaux arrivants afin de répondre à une question : « Pourquoi le Canada »?

Les animateurs, Mark Sakamoto et Kim Thúy, sont aussi des raconteurs à leur façon. Le premier roman de Kim, Ru, a remporté le Prix du Gouverneur général pour la langue française et le mémoire de Mark, Forgiveness: A Gift from My Grandparents, a été sélectionné pour une minisérie télévisée. Chaque épisode de ce balado invite l’auditeur à écouter une conversation fascinante entre l’animateur ou l’animatrice et des invités qui nous plongent dans des parcours uniques.

« Les balados combinent l’intimité d’une conversation avec tous les éléments géniaux d’une bonne histoire », explique Tina.

« Il y a quelque chose de très intime dans la voix humaine, reconnaît Philip, pour qui cette proximité est aussi due au caractère mobile du média. Vous pouvez écouter des balados en promenant votre chien, en conduisant votre voiture, en préparant votre repas. Ils voyagent avec vous, dans votre quotidien. »

Au-delà de ce caractère intimité, la collection du Musée et ce balado sont vraiment spéciaux en partie parce que les raconteurs y démontrent un véritable désir d’aider les gens à comprendre.

« Il y a un véritable esprit de générosité qui transparaît de leurs entrevues », explique Philip.

Un homme aux cheveux noirs avec une barbe dans une chemise sombre.

Mark Sakamoto, auteur et hôte d'Innombrables voyages en anglais.

Le résultat est une série qui aide les auditeurs à comprendre, à comprendre des histoires personnelles, ainsi qu’à comprendre l’histoire canadienne au sens large. /p>

« Être en mesure de comprendre les expériences qui ont façonné la vie des Canadiens, peu importe à quand remontent leurs racines, contribue grandement à créer des liens solides entre nous tous, explique Tina. Et il y a tant à apprendre les uns des autres, ainsi que de nos propres histoires de famille. »

Bref, selon Philip, « les histoires des immigrants sont les histoires du Canada. »

La saison 1 D’innombrables voyages est offerte dès maintenant sur Apple Podcasts et Google Podcasts. Pour obtenir plus d’information au sujet de ce balado, visitez https://balado.quai21.ca/