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Image en noir et blanc du port historique du Quai 21.

Photographie de l’enseigne « Bienvenue chez vous au Canada » du Quai 21, 21 octobre 1950 [DI2013.839.32]

Au sein de ces murs de brique se trouvent d’innombrables voyages. Nous parlons de nous-mêmes comme d’un musée d’histoires, mais le voyage que nous avons fait pour devenir un musée national est une épopée en soi. Ce mois-ci, à l’occasion du 20e anniversaire de notre ouverture, laissez-nous vous raconter notre propre histoire.

Dans les années 1960, l’immigration par navire a été remplacée par le transport aérien. Au mois d’avril 1971, le Quai 21 a cessé toutes ses activités d’immigration comme terminal portuaire. Seuls les échos des pas des quelque un million de personnes qui sont arrivées ici pour changer à jamais le visage du Canada pouvaient encore être entendus.

Un lieu historique national

Le bâtiment n’est pas resté vide très longtemps. Cet été-là, Travaux publics a rénové le site à l’occasion du recensement canadien de 1971. Par la suite, l’emblématique entrepôt de brique est retourné sous les auspices du Conseil des ports nationaux. En 1973, il a abrité le Nova Scotia Nautical Institute (Institut nautique de la Nouvelle-Écosse) avant de servir d’atelier d’artistes, dont certains occupent encore des pièces de l’Annexe d’immigration.

Bâtiment du Quai 21 qui a besoin d’être rénové. L’enseigne en plastique dit Quai 21.

Le Quai 21 avant qu’il ne soit rénové en centre d’interprétation.

Le Quai 21 a été partiellement sauvé par un certain degré de négligence. Dans les années 1990, il était le dernier hangar d’immigration portuaire du pays. La Société du Quai 21, fondée par J.P. LeBlanc, a été créée dans le but de commémorer l’histoire du Quai 21 et ce lieu emblématique. Peu de temps après, Ruth Goldbloom s’est jointe au groupe. Elle avait une vision plus étendue : elle voulait recueillir des fonds pour préserver et redonner vie à ce trésor historique.

L’influence et la détermination de Ruth se font encore ressentir. Entendre parler d’elle aujourd’hui, c’est presque l’avoir connue.

Carrie-Ann Smith, aujourd’hui Vice-présidente, engagement des publics, a travaillé aux côtés de cette femme inspirante depuis le tout début. « Elle a fait en sorte que tout le monde se sente impliqué et fier du succès du Musée... Il sera toujours ici, comme elle sera toujours ici, sur la plaque de la Place des bâtisseurs du pays, sur le Mur d’honneur Sobey et dans les souvenirs et les cœurs de tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec elle. »

Photographie en noir et blanc d’une femme âgée portant une veste en tweed. Elle se trouve près d’une plaque de métal.

Ruth Goldbloom avec sa plaque des bâtisseurs du pays.

Lorsque Ruth est devenue présidente de la Société du Quai 21, les choses se sont rapidement mises en place afin de faire nommer le Quai 21 comme lieu historique national. Cette désignation a été accordée en 1997 et a mis en branle la phase de transformation suivante.

Un nouvel objectif

En plus de travailler avec la Société du Quai 21, Ruth a travaillé sans relâche à la tête des efforts de collecte de fonds. En tout, 9 millions de $ ont été recueillis auprès de trois ordres gouvernementaux, une somme égalée par des entreprises, des fondations et des donateurs individuels. Cette somme a été suffisante pour construire un centre d’interprétation sur place.

À l’approche de l’ouverture, des Canadiens de partout au pays ont commencé à envoyer des souvenirs de leur arrivée ou du temps où ils avaient travaillé au Quai 21. Des immigrants, des réfugiés, des épouses de guerre, d’anciens combattants, des enfants évacués, d’anciens employés et des bénévoles ont offert leurs histoires et leurs photos.

Le premier travail de Carrie-Ann a été de créer un index des dossiers d’immigration en partenariat avec Bibliothèque et Archives Canada. Pour elle, chaque dossier était un portail. « Ça semble ennuyeux, mais je commençais à imaginer les histoires qui se cachent derrière ces dossiers juste en les voyant, explique-t-elle. Donc, quand mon contrat de six mois a pris fin, je voulais trouver un moyen de rester. »

Le lien profond qui existait entre les Canadiens et le Quai 21 se reflétait de toute évidence dans le travail de Carrie-Ann et dans les centaines d’histoires données chaque jour. Le temps était venu d’honorer les racines des immigrants du Canada et de rendre hommage aux « anciens ». En collaboration avec l’Administration portuaire d’Halifax, le centre d’interprétation du Quai 21 a été inauguré officiellement à l’occasion de la fête du Canada de 1999.

L’ouverture a été un succès immédiat et retentissant. Carrie-Ann se souvient que « le jour de l’ouverture, les visiteurs nous ont demandé des visites guidées, alors au cours des jours suivants, nous avons préparé un scénario et embauché une poignée d’étudiants. »

Une grande foule est rassemblée dans un stationnement. Les gens se trouvent près d’une ligne de pavillons, de haut-parleurs et d’une tente pour événement.

Les foules se rassemblent à l’occasion de l’ouverture officielle du Quai 21, à l’occasion de la fête du Canada de 1999.

Un musée national

Le gouvernement a tôt fait de remarquer l’impact du Musée et l’intérêt pour ce type de musée dans le récit collectif canadien. En 2009, Stephen Harper a annoncé une déclaration d’intention visant à nommer un musée national de l’immigration au Quai 21. En 2011, le Musée canadien de l’immigration du Quai 21 est devenu le sixième musée national du Canada, l’un des deux musées nationaux situés en dehors de la région de la capitale nationale.

Ce nouveau titre était assorti d’un mandat élargi, c’est-à-dire de raconter « l’histoire au sens large ». Le nouveau défi passionnant du Musée était de partager 400 ans d’histoire d’immigration. « Le centre d’interprétation a été créé pour célébrer le Quai 21 et les gens qui y sont passés, explique Carrie-Ann. Le musée national a pour sujet la négociation d’une colonie avec les peuples autochtones du Canada, ainsi que tous les immigrants qui ont suivi et qui continuent d’arriver. »

« C’est un musée au sujet de tout le monde et pour tout le monde, comme il se doit. »

Expansion thématique

En 2015, des rénovations au coût de 30 millions de dollars ont permis d’agrandir l’espace d’exposition afin de raconter cette histoire de la façon la plus complète possible. Aujourd’hui, en plus de disposer d’un espace d’exposition réservé aux expositions temporaires, le Musée présente deux expositions principales qui encadrent le lieu historique afin de présenter l’Histoire du Quai 21 et l’Histoire de l’immigration canadienne.

Aujourd’hui, notre message se fait entendre dans tout le pays grâce à des événements, des partenariats et des expositions itinérantes. Comme c’était le cas il y a 20 ans, le Quai 21 inspire les gens qui veulent ajouter leur voix à notre récit grandissant et bien vivant. Notre collection, notre contenu et notre programmation continuent d’évoluer afin de refléter les innombrables voyages et notre compréhension de l’impact de l’immigration sur le Canada et les Canadiens.

Tous ceux qui travaillent ici, des membres du personnel aux bénévoles, ressentent la fierté et le privilège qui découlent de cette évolution.

« Je n’ai été qu’une petite partie de cette réalisation, mais si je quittais mon poste demain, je considérerais tout de même ce travail comme l’œuvre de ma vie, explique Carrie-Ann. J’ai le logo original et le nouveau logo tatoués sur la jambe et lorsque je suis à l’extérieur de la ville, je porte une casquette du Quai 21 pour que les étrangers qui ont un lien avec l’endroit me racontent leur histoire d’immigration. »

« Rencontrer des immigrants venus au Canada et les écouter parler de leurs expériences, c’est la joie de ma vie. »

Condon MacLeod, un guide touristique bénévole depuis maintenant plus de 10 ans, trouve également qu’il est très gratifiant d’évoquer une histoire. « J’en retire vraiment plus que ce que vous pouvez imaginer. On y rencontre des gens du monde entier, dit-il. Je pense que ça leur ouvre les yeux à l’importance de l’immigration pour le pays. »

Le futur

Peu importe ce que nous réserve l’avenir, il sera toujours pertinent d’entamer des conversations au sujet de l’immigration. « Je pense que notre rôle est de plus en plus important pour montrer le succès passé des vagues d’immigrants et de réfugiés, explique Carrie-Ann. Nous pouvons aider à apaiser les inquiétudes et à inspirer d’empathie. »

« C’est un vrai plaisir de voir les personnes qui ont immigré par ce site y revenir pour fouler les mêmes planchers, mais je pense qu’au cours des 20 prochaines années, le Musée existera de plus en plus dans l’espace numérique, ajoute-t-elle. Un espace où le contenu généré par les utilisateurs sera conservé par les masses, reléguant la présentation au second plan par rapport aux contributions du public. »

Une chose est sûre, l’écho des pas des quelque un million de personnes qui sont passées par ce bâtiment de brique se fait entendre une fois de plus dans le travail que nous faisons pour préserver et partager ces histoires. Nous poursuivrons notre mission, aujourd’hui comme demain. D’innombrables voyages. Un Canada.

Vue d’ensemble de l’allée courbe qui mène au Musée. Un bateau de croisière dépasse au-dessus du toit de l’édifice, tandis que des arbres verts et un petit jardin entourent l’allée.

Le Musée canadien de l’immigration du Quai 21.