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L’image archivistique d’un vieux passeport montrant une femme et trois enfants, et l’écriture italienne.

Passeport délivré à Fausta Ugolini et à ses filles, 27 octobre 1950

Musée canadien de l’immigration du Quai 21. [DI2013.1812.1a]

Dan Conlin, conservateur du Musée, se concentre sur le plan d’exposition de Liens de famille et appartenance, la prochaine exposition temporaire du Musée. Le défi du jour est de se procurer un mur séparateur supplémentaire, peut-être en l’empruntant à une autre section. Il est difficile de croire qu’à partir du 9 mars une exposition prendra vie pour le public dans cet espace muséal.

Un homme barbu portant des lunettes se concentre sur un plan d'exposition.

Dan Conlin, conservateur du musée, contemple le plan de l'exposition.

Dan a l’habitude des défis. Il affirme que l’équipe a de bons antécédents quand vient le temps « de mettre en place des présentations grandioses, impressionnantes et intéressantes pour le Musée ».

« Nous dénichons des expositions qui portent sur des sujets différents, mais qui contiennent aussi de puissantes histoires d’immigration, explique-t-il, puis nous trouvons des façons de les adapter à nos espaces et à nos thèmes. »

L’exposition Liens de famille et appartenance, produite par le Royal BC Museum de Victoria, convenait tout naturellement. À moins d'être autochtone, les histoires de famille de presque tout le monde contiennent un voyage d’immigration. Il a donc été très tentant de mettre ces histoires de l’avant. Les membres de l’équipe ont bien aimé ajouter du matériel et des histoires de la côte est à une exposition originaire de la côte ouest. Le résultat est ce que Dan appelle « une approche “bicôtière” de la définition de la famille ».

Toutes les expositions itinérantes ont leur lot de défis. L’un des casse-têtes de Liens de famille et appartenance était lié à la quantité d’éléments interactifs. « Cette exposition contient une montagne de films de famille, explique Dan. Nous avons dû trouver une façon de présenter tous ces films de famille à l’aide d’écrans suspendus et de projecteurs. » Pour ce faire, l’équipe construit une réplique grandeur nature d’une salle de séjour style années 1970 contenant plusieurs écrans et des films jouant en continu.

La salle de séjour rétro, agrémentée de sofas orange et de panneaux de bois, offre une atmosphère qui perdure tout au long de l’exposition. Tanya Bouchard, Vice-présidente des expositions, recherches et collections, explique que cet élément nostalgique représente l’une des raisons pour lesquelles Liens de famille et appartenance est une exposition universelle et accessible.

« Les gens se sentent interpelés de bien des façons, explique Tanya. Nous voulons mettre au point des expositions qui portent sur des sujets universels, afin de toucher un plus grand nombre de personnes. »

Tanya explique que Liens de famille et appartenance a été choisie en partie parce qu’elle a le potentiel d’attirer des visiteurs qui n’ont peut-être pas d’intérêt particulier pour l’immigration. En faisant des liens avec les thèmes accessibles de l’exposition, ils découvrent du même coup ces histoires fascinantes. Ils font peut-être même des découvertes liées à leurs propres familles.

« J’espère que l’exposition saura rapprocher les grands-parents, les parents et les enfants, mentionne Tanya, car c’est une exposition dans laquelle les gens partagent beaucoup. Je voudrais la visiter avec tous les membres de ma famille, puis partager et comparer avec eux nos histoires de famille. »

Des artéfacts aux films, en passant par les albums photo et les histoires, ce ne sont pas les occasions de créer des liens qui manquent. Tanya a tout particulièrement hâte de voir la pièce maîtresse de l’exposition, une présentation circulaire percutante montrant des vêtements traditionnels et des costumes d’époque datant des années 1880 à aujourd’hui.

Des panneaux d'exposition incurvés sont alignés à côté de piles de palettes et de vitrines en verre.

Ces écrans incurvés deviendront la pièce maîtresse circulaire de l’exposition.

« C’est une pièce maîtresse qui, en quelque sorte, fait le lien entre les différents thèmes. La simple apparence de la présentation attire l’attention. » Tanya explique que les mannequins utilisés pour présenter les vêtements ont été spécialement sculptés afin d’évoquer l’apparence physique du propriétaire original. C’est une façon subtile de faire vivre cette personne et son histoire unique dans la présentation. La présentation comprend un magnifique manteau de chef mi’kmaq qui représente les liens de famille des Premières Nations de l’Est, ajoutant au contenu autochtone de la côte ouest.

Comme le mot famille se retrouve dans le titre de l’exposition, il n’est pas surprenant qu’elle s’adresse aux visiteurs de tous âges. La semaine dernière, une réplique géante d’un téléviseur d’époque a été livrée pour la zone des enfants de l’exposition. Le téléviseur sera installé près d’un fort géant fait de couvertures. Des jeux et un théâtre d’ombres chinoises créeront une présentation explorant le rôle et les responsabilités uniques des enfants au sein de l’unité familiale.

La présentation préférée de Dan montre que les membres de famille ne sont pas toujours humains. Sugar était le chien de la famille Aspillaga. Il était membre de la famille; ils se sont donné beaucoup de mal pour le faire passer d'outre-mer au Canada. Comme Dan l’explique, « le chien faisait partie de la famille et [Louanne Aspillaga] était aussi excitée de le voir à l’aéroport que de voir son père. »

Un homme aux cheveux noirs vêtu d'une chemise tache-teinture berce un chien aux cheveux longs. Le chien porte une casquette de baseball.

Photo de Franklin Aspillaga tenant le chien de famille, 1993.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [DI2014.499.3]

Le collier de Sugar et son « passeport pour chien » seront présentés avec l’histoire d’immigration de la famille Aspillaga. « C’est un objet surprenant et plein de charme considérant le thème, qui se penche sur la définition de la famille. Il ne s’agit pas simplement de la famille au point de vue biologique, il s’agit de la famille par association... et par choix », explique Dan.

Une réplique surdimensionnée d'une télévision en bois d'époque se trouve dans un hall d'exposition.

Une immense réplique d'une télévision d'époque pour le théâtre de marionnettes sur l'ombre de la section des enfants.

Bien que Liens de famille et appartenance soit, de façon générale, une exposition chaleureuse, positive et parfois même amusante, elle ne manque pas sa chance de présenter certains des aspects plus mélancoliques de la famille. « Les familles séparées, les familles qui sont emprisonnées en temps de guerre, les membres de famille qui disparaissent pendant de longues périodes, les personnes qui perdent leurs familles lorsqu’ils viennent au Canada à titre de réfugiés », sont quelques-uns des exemples mentionnés par Dan. Il explique que la possibilité d’explorer ces histoires de voyage variées est une autre raison pour laquelle cette exposition allait main dans la main avec le mandat du Musée.

Comme Liens de famille et appartenance ouvre ses portes le 9 mars au Musée canadien de l’immigration du Quai 21, il ne reste que quelques jours pour tout installer, peindre les panneaux et placer les artéfacts. Une série de programmes publics seront agencés au thème de l’exposition. En tête de liste, Pleins feux sur la diversité présentera le film Kayak to Klemtu, qui offrira aussi aux gens la chance de visiter Liens de famille et appartenance, présenté par Banque Scotia, en préparation pour ce film axé sur la famille, le patrimoine autochtone et notre patrie.