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Cecil Foster, journaliste, romancier et universitaire, a émigré de la Barbade à la fin des années 1970. Comme il avait déjà accumulé plusieurs années d’expérience journalistique dans les Caraïbes, Cecil explique qu’il était convaincu que le Canada serait pour lui une « terre d’opportunités ». L’expérience s’est avérée plus difficile que prévu. « J’ai beaucoup peiné. Il était très difficile d’obtenir un emploi en journalisme, le domaine où je voulais m’établir », explique-t-il.

Un homme portant des lunettes s'appuie contre un arbre en souriant et les bras croisés.

Cecil Foster

Il a éventuellement trouvé sa place, et il a entre autres contribué au Globe and Mail, au Toronto Star et au Financial Post. La rédaction journalistique s’est transformée en rédaction d’auteur, puis en livres non fictifs, après quoi il est passé aux ouvrages universitaires. Cecil a travaillé fort pour réussir; il affirme qu’il est reconnaissant et conscient que son parcours fait partie d’une histoire plus vaste : « j’ai toujours dû reconnaître que je marchais dans le sillon, que j’étais porté sur les épaules de tous les autres qui m’ont précédé, qui ont fait en sorte qu’une personne comme moi puisse immigrer. »

Cecil pense entre autres aux porteurs noirs des trains du canada, pionniers et sujets de son plus récent ouvrage de non-fiction, They Call Me George: The Untold Stories of Canada’s Black Train Porters. Son livre et la conférence qu’il donnera au Musée canadien de l’immigration du Quai 21 mettront en lumière certaines de leurs histoires, se pencheront sur le travail des porteurs et montreront comment leurs efforts unis ont aidé à couler les fondations d’un Canada plus multiculturel.

« Contre toute attente, les porteurs des voitures-lits… ont mis un bâton dans les roues qui menaient le Canada vers une destination différente. » C’est ce que déclare Cecil dans l’introduction de They Call Me George « Les porteurs de train ont donné au Canada des teintes de noir, de brun et d’une foule d’autres nuances. Pourtant, ce moment important de l’histoire canadienne n’a pas encore été raconté dans son entièreté. »

Couverture du livre de Cecil Foster, <em>They Call Me George : The Untold Story of Canada’s Black Train Porters</em>, représente une photo en noir et blanc d’un porteur qui se tient à côté d’un wagon de train.

Une recherche dans la collection du Musée a révélé les premières impressions que les porteurs ont faites sur certains des nouveaux arrivants au Canada. Pour plusieurs d’entre eux, ces hommes étaient les premiers à leur souhaiter la bienvenue. L’épouse de guerre anglaise Gloria Betty Brock se souvient : « Quand je suis arrivée au Canada, la première personne qui a été bonne avec moi a été un porteur de train. Il a pris le temps de nous acheter des fruits frais et a tout fait pour nous aider à aimer notre nouveau pays. J’ai l’impression que ce porteur de train noir sera toujours mon premier ami canadien et je me demande combien d’autres nouveaux Canadiens ces porteurs ont aidés. »

Cette volonté d’aider les nouveaux arrivants ne reflétait pas la façon dont la communauté des porteurs était traitée à la frontière canadienne. Du début des années 1900 jusqu’aux années 1960, les autorités canadiennes de l’immigration décourageaient et refusaient régulièrement certains groupes d’immigrants, dont les personnes de couleur. « L’une des choses dont le livre parle, et quelque chose qui me frappe toujours lorsque je visite le Quai 21, c’est qu’il fut un temps où le Canada ne voulait accueillir que des gens qui étaient anglais d’abord et avant tout... Ceux qui provenaient de colonies noires n’étaient pas considérés comme admissibles à l’immigration au Canada », résume Cecil.

Le livre de Cecil They Call Me George décrit comment les porteurs ont reconnu les politiques d’exclusion de l’immigration et de travail injuste pour ce qu’elles étaient. Ces politiques ne cadraient pas avec le Canada qu’ils imaginaient. Ils ont commencé à réclamer du changement. « Les porteurs noirs ont commencé à faire pression sur les établissements canadiens qu’ils pouvaient changer... Ils ont commencé à revendiquer une alternative. » La pression était exercée sous forme de travail d’équipe, déclenchant des conversations et du lobbying « dans leurs communautés par des lettres renvoyées chez eux, dans leurs églises, dans leurs communications avec les leaders des droits de la personne aux États-Unis. »

Cecil explique qu’après avoir parcouru l’histoire des porteurs, il a également trouvé des raisons d’avoir espoir en l’avenir du Canada. Il veut transmettre cet optimisme aux lecteurs et aux membres de l’auditoire. « Je veux parler de la célébration du Canada et de tous les peuples qui y cohabitent, explique-t-il, pour reconnaître tous ceux qui se sont battus pour y arriver.

Souvenez-vous des porteurs noirs. Ils n’ont pas agi seuls. Ils ont formé des alliances... et ils ont développé l’idée que la citoyenneté, c’est tout un groupe de personnes qui travaillent ensemble. Je crois que c’est quelque chose dont nous devrions tous nous souvenir pour le futur. »

Photo noir et blanc de 3 hommes, un en uniforme de chef, un en costume et un en uniforme de porteur de train devant un wagon de train.

Employé de la salle à manger et bagagistes, Grand Trunk Pacific Railway.

Crédit : Attribué à William James Topley / Bibliothèque et Archives Canada / PA-011186