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Pour bien des nouveaux arrivants, leur première rencontre avec un hiver canadien évoque des sentiments mitigés, allant de la joie à la confusion en passant par le dédain du froid, de la glace et de la neige fondue. Que vous aimiez la saison froide du Canada ou que vous ne fassiez que la tolérer, voici quelques histoires hivernales de notre collection pour vous réchauffer le cœur.

« Du froid, de la neige et pas de feuilles sur les arbres. »
Daxa Popat est arrivée de l'Ouganda au début du mois de novembre 1972 en compagnie de sa mère, de son père et de ses quatre frères et sœurs. Idi Amin, le président ougandais, avait alors ordonné l'expulsion de toute la population asiatique du pays et sa famille a dû partir. Ils ont cherché refuge au Canada et sont d'abord arrivés par avion à Montréal grâce à la commandite d'un oncle.

Un groupe de personnes, dont plusieurs portent des manteaux d'hiver doublés de fourrure, se tient devant un grand drapeau canadien.

Photographie de membres de la famille Popat devant un drapeau canadien. La photo a été prise vers le 4 novembre 1972.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [ZDI2013.658.24]

Comme elle était originaire d'un pays équatorial, Daxa se souvient avoir été à la fois désorientée et excitée par la triste toile de fond canadienne : « Pas de feuilles sur les arbres… cela semblait étrange, vous savez, parce qu'il y a toujours des feuilles sur les arbres en Ouganda… parce que c'est toujours vert, explique Daxa dans son histoire. Du froid, de la neige et pas de feuilles sur les arbres. C'était à la fois vraiment incroyable et vraiment excitant. » L'une des premières choses que la famille Popat a faites a été d'habiller toute la famille de nouveaux manteaux d'hiver.

Le lendemain de leur atterrissage, ils ont pris un autre avion pour se rendre jusqu'à Halifax, puis se sont installés à Bridgewater, en Nouvelle-Écosse. Le père de Daxa a travaillé pour l’usine Michelin pendant 16 ans, puis a démarré sa propre entreprise, Popat’s Grocery, à Halifax.

Les caleçons longs sont de mise
Adriana Salazar et Orlando Garcia ont quitté la Colombie en 2007 pour immigrer au Canada. Avant de faire leur voyage, ils ont passé plusieurs mois à enquêter, à planifier et à apprendre des choses sur la culture canadienne et sur le mode de vie des Canadiens. Malgré cela, il n'y avait aucun moyen pour eux d'être vraiment prêts pour la surprise de l'hiver canadien.

Le couple est arrivé à Toronto au mois d'avril avec quatre valises « et bien des rêves ». Ils ont rapidement compris qu'ils allaient avoir besoin de couches supplémentaires, car comme l'explique Adriana dans son récit : « Il faisait froid! Je cherchais des caleçons longs thermiques dans les magasins. Les vendeurs m'ont jeté ce regard triste et m'ont dit qu'il était trop tard pour trouver des vêtements thermiques. Ma solution a donc été de porter mon manteau d'hiver! »

Une femme portant un habit jaune est enlacée par un homme qui se trouve derrière elle. Ils sourient près d'une haie enneigée.

Photographie d'Adriana Salazar et d'Orlando Garcia lors du premier hiver qu'ils ont passé au Canada. La photo a été prise entre 2007 et 2008.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [ZDI2017.1019.5]

Adriana et Orlando se sont finalement installés à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, et ont fait croître leur famille qui compte maintenant quatre membres. Ils sont devenus citoyens canadiens en 2012 et ont commandité la mère d’Adriana pour qu’elle devienne résidente du Canada.

« Tu vas avoir besoin de pantalons. »
Gayle Roberts a quitté l'Angleterre au début des années 1950 pour venir au Canada en compagnie de sa mère et de son père. Ils avaient entendu parler de la richesse du Canada et des opportunités que le pays offrait. Gayle se souvient d’un achat important qu'ils ont fait en se préparant : « Je me suis souvenue avec gratitude que ma mère et mon père m’avaient acheté mon tout premier pantalon en flanelle grise, écrit Gayle. Mon père m'avait dit : "le Canada est très froid, tu vas avoir besoin de pantalons longs". »

Une jeune personne portant un pantalon enfoncé dans des bottes d'hiver, des gants et un chapeau. Elle se trouve sur les marches avant enneigées d'une maison.

Photographie de Gayle Roberts. La photo a été prise vers les années 1950.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [XDI2014.531.4]

Le premier hiver a été très difficile pour la famille Roberts. Le temps froid ajoutait une toile de fond lugubre à leurs problèmes, car le père de Gayle avait un mal fou à trouver du travail. La famille Roberts a dû déménager plusieurs fois pour le travail dans une période de deux mois, mais rien n'a duré.

Gayle se souvient que ses parents ont finalement pesé le pour et le contre entre deux options : rentrer en Angleterre ou aller jusqu'à Vancouver par train. Ils ont choisi d'aller à Vancouver. « Le jour de l’anniversaire de ma mère, le 21 mars 1952, nous avons traversé les montagnes Rocheuses enneigées, écrit Gayle. Le lendemain matin, nous avons parcouru la luxuriante et verdoyante vallée du Fraser pour enfin arriver à Vancouver, une ville sans neige. C'était la première fois depuis mon départ de l'Angleterre que je voyais de l'herbe découverte. »

Dans son récit, Gayle explique qu'elle s'est trouvé une nouvelle admiration pour ses parents après avoir constaté leur persévérance durant le premier hiver de la famille au Canada : « Ces trois premiers mois au Canada m'ont appris le plus grand respect pour mes parents. Je ne crois pas que j’aurais eu la force émotionnelle de faire ce qu’ils ont fait, tout particulièrement avec la responsabilité supplémentaire d’un enfant. »

« Je me sentais comme un petit garçon »
En 2005, l'immigrant philippin Tracy Tenedero est tombé sur une occasion d'emploi au Canada et a décidé de tenter sa chance. Dans son récit, il écrit : « Qu'avais-je à perdre? » Après avoir rempli de la paperasse et passé des entrevues pendant plusieurs mois, son avion descendait finalement vers la ville d'Ottawa, en Ontario. Son nouveau chez lui.

Il explique qu'il a été ravi de voir de la neige pour la première fois en regardant par la fenêtre de son avion : « Je me sentais comme un petit garçon, savourant mon premier aperçu du paysage canadien à environ 30 000 pieds d'altitude, écrit-il. De la neige, des terrains accidentés, des lacs gelés, encore plus de neige… C'était au beau milieu de l'un des hivers les plus longs que le Canada ait eus. »

Une fois son avion atterrit, Tracy a couru dehors pour regarder le paysage hivernal de plus près. « Même si je ne portais que ma mince veste d'hiver, j'ai réussi à tenir un paquet de neige et à sourire pour la prise de photos. »

Un homme souriant portant un manteau rouge tient la neige dans sa main nue.

Photographie de Tracy Tenedero qui voit de la neige pour la première fois. La photo a été prise le 1er février 2006.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [ZDI2016.431.5]

Tout au long de cette première année, Tracy n’a jamais cessé de s’émerveiller face aux saisons du Canada. Il poursuit son travail d'aide indépendant à la vie autonome avec l’Arche Arnprior et est devenu un citoyen canadien en 2014.

Moose Jaw, un endroit magique

Une photographie en noir et blanc de deux jeunes femmes qui portent des manteaux d'hiver. Elles ont de la neige jusqu'aux chevilles et des arbres et des buissons sont en arrière-plan.

Photographie de Patricia et de Pamela Pye à Moose Jaw. La photo a été prise en 1942.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [ZDI2016.397.3]

Les sœurs Patricia et Pamela Pye ont quitté la Grande-Bretagne en 1940 pour venir au Canada comme enfants évacuées. Elles ont habité avec une famille de Moose Jaw, en Saskatchewan, et leur histoire comprend des descriptions grandioses des étendues sans fin qu'offre le paysage des Prairies. « Pendant la nuit, le ciel était béni par la lumière hivernale de la Voie lactée, les aurores boréales faisaient danser de vastes rubans de lumière en constant changement, d'immenses étendues de couleurs et de lumière blanche virevoltant dans le ciel, tout à fait magiques », écrit Pamela.

Au cours de ce premier hiver canadien, les sœurs ont plongé dans ce froid omniprésent : « Pat et moi étions fascinées par l’hiver et avons commencé à patiner dans la cour de l’école, raconte Pamela. Je patinais parfois de chez moi, sur la rue Lillooet, jusqu'à l'école Empire. J'aimais les grands espaces et le ciel ouvert qui s'étendait d'un horizon à l'autre, interrompu seulement par les silos et les rares élévations qui se trouvaient au loin. »

Patricia et Pamela sont finalement rentrées en Angleterre pour retrouver leur famille. Elles n'ont cependant jamais oublié les liens étroits qu’elles ont tissés avec leur famille d’accueil de Moose Jaw et elles sont souvent revenues visiter leur demeure de l'étranger.

La collection du Musée canadien de l'immigration du Quai 21 contient plusieurs autres histoires faisant référence à l’hiver canadien et à d’autres premiers moments au Canada. Explorez notre collection d'histoires depuis la chaleur de votre demeure.