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Aquarelle représentant une branche, des feuilles d’automne et une bannière qui lit Before the Leaves Turn

Les pièces de théâtre de Jamie Bradley aident les publics à envisager des événements époustouflants, comme les guerres mondiales, en leur donnant accès aux vies quotidiennes privées des personnages. « Ça nous ramène à un seul élément humain », raconte Jamie, au sujet de cette technique.

Vous connaissez peut-être son nom en lien avec la comédie musicale KAMP, actuellement présenté au Neptune Theatre à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Jamie a écrit une comédie noire au sujet d'un groupe d'hommes gais dans un camp de concentration nazi pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les personnages trouvent moyen de préserver leur humanité au cœur de souffrances impensables en créant un cabaret en secret.

Ou alors, vous avez eu l'occasion de voir Before the Leaves Turn lorsque la pièce faisait la tournée du Nouveau-Brunswick ou de la Nouvelle-Écosse il y a quelques années. Pour cette pièce, Jamie a remonté dans le temps encore plus, jusqu'à la Première Guerre mondiale. Le scénario entre intimement dans la vie de deux familles qui tentent de passer à travers la terrible incertitude de la guerre. Des lectures de Before the Leaves Turn sont prévues pour le jour du Souvenir au Musée canadien de l'immigration du Quai 21.

« On commence à me connaître comme l'écrivain de guerre », dit-il. KAMP et Before the Leaves Turn ne parlent pas uniquement de la guerre comme événement, mais aussi de la façon dont les gens normaux ont enduré le chaos. « La guerre n'est pas uniquement des hommes et des femmes à l'étranger, avec des fusils et des chars d'assaut et des bombes et des lance-flammes, explique-t-il. En temps de guerre, tous sont affectés. Même la plus petite ville des Maritimes. »

Pour écrire Before the Leaves Turn, Jamie a demandé l'aide d'un chercheur, de bibliothécaires et d'historiens à Sackville, au Nouveau-Brunswick, là où se passe la pièce. Cette petite ville était, en fait, essentielle à l'effort de guerre canadien pendant la Première Guerre mondiale, et Jamie s'est lancé dans le scénario avec beaucoup de connaissances historiques. Alors qu'il écrivait et faisait ses recherches, il a néanmoins découvert quelques surprises. Notamment, il a découvert le rôle central des femmes, combien de femmes étaient à l'étranger, et combien d'entre elles y sont décédées.

Alors que les personnalités de ses personnages se sont raffinées, Jamie a réalisé que les femmes étaient devenues essentielles à l'histoire dans son ensemble. « Les deux personnages principaux, dans ma tête, sont les mères, explique-t-il. Ce sont elles qui tiennent tout ensemble. »

Les deux matriarches s'assurent que, malgré tout, la vie continue. Elles reçoivent le courrier, partagent les nouvelles importantes ou terribles, gardent l'optimisme, s'assurent que les enfants ont une routine, et plus encore. Sous les yeux du public, leurs activités quotidiennes prennent une gravité importante lorsqu'elles mènent à la compréhension. « Nous entendons toujours parler des grands combats, du nombre de personnes tuées, ou du gaz moutarde, explique-t-il. Mais les petites choses... c'est comme ça qu'on peut mieux comprendre la guerre, à travers les petites choses. »

À travers ce processus, Jamie a gardé ses publics en tête. Il écrivait pour plusieurs publics à la fois. Pour les habitants de la région, il s'est assuré que tous ses « Nouveau-Brunswick-ismes » étaient corrects. Pour les passionnés d'histoire, il a fait des recherches infatigables. Avant tout, il écrivait pour les anciens combattants. Pendant la première tournée, beaucoup de membres du public ont eu envie de partager leurs propres expériences de guerre. « Cette pièce sert à faire pleurer les vieux soldats, affirme-t-il. Il y aura des larmes. »

« Tout le monde peut comprendre la douleur de perdre un être cher. »

Vue latérale d'un train, des hommes en uniforme de la Première Guerre mondiale se penchent par les fenêtres pour dire au revoir aux femmes sur le quai

Les soldats partent en guerre, Union Station.

Archives de la ville de Toronto, fonds 1244, article 827.

La guerre est évidemment difficile, mais Before the Leaves Turn transmet aussi certains des aspects positifs de l'époque. « Il y a des éléments réconfortants, explique-t-il. C'était le début de l'émancipation des femmes. Les femmes portaient des pantalons, roulaient leurs manches, et travaillaient dans des usines. Les hommes revenaient, s'attendaient à ce que le monde soit le même, mais les femmes avaient un sentiment d'indépendance. Socialement, ça bougeait beaucoup. »

Jamie espère que les gens concluront, après Before the Leaves Turn, non seulement que « la guerre, c'est l'enfer », mais aussi que les êtres humains peuvent être incroyablement solides dans les temps difficiles, qu'ils trouvent moyen de survivre.

Et, plus généralement, Jamie espère que les gens se souviendront toujours qu'« il est facile de s'oublier soi-même en voyant des photographies en noir et blanc de soldats, ou en regardant des films... Mais il faut se souvenir que c'étaient des gens comme nous ― des gens ordinaires. »

Carrie-Ann Smith, Vice-présidente, Engagement des publics au Musée, croit que le Musée est l’endroit idéal pour accueillir Before the Leaves Turn. « Les choses se passent lorsque l’histoire et les arts de la scène s’unissent dans cet espace unique, » dit-elle, « en particulier les jours où nous nous rassemblons en l’honneur des autres. »

Deux lectures de Before the Leaves Turn de Jamie Bradley auront lieu le jour du Souvenir au Musée canadien de l'immigration du Quai 21. Visitez notre page d'événements pour plus d'information et pour réserver votre place.