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Ins Choi est arrivé au Canada avec ses parents de nationalité coréenne dans les années 1970, alors qu'il n'était encore qu'un jeune enfant. Ces jours-ci, il a un impact important sur la culture canadienne. Nous étions ravis de pouvoir lui faire visiter le Musée lorsqu'il est récemment venu à Halifax.

Kim’s Convenience, une comédie située dans un dépanneur appartenant à des Coréens, est la première émission de la télévision canadienne à mettre en vedette une distribution principalement composée d'acteurs asiatiques.

Mais ne dites pas à Ins Choi, la force motrice de la pièce et de son adaptation télévisuelle, que c'est une émission coréenne.

C'est beaucoup plus que ça.

« Je crois au plus profond de mon cœur que ce n'est pas une émission asiatique. J'espère qu'au cours de ma vie... nous en arriverons à un point où ce ne sera plus "une émission de Noirs" ou "une émission d'Asiatiques", a expliqué Choi lors d'une entrevue récente.

« Et même avec la production Kim, nous essayons de reproduire ce que nous voyons sur la rue lorsque nous choisissons les acteurs et lorsque nous écrivons. Lorsque nous sommes sur le réseau de la TTC, qui voyons-nous? Ce n'est pas tout Blanc, ce n'est pas tout Noir, il n'y a pas que des Asiatiques. À mon avis, c'est ce qu'est le Canada.

« Et ce que le Canada est de plus en plus en train de devenir et ce qu'il a historiquement été, c'est un pays constitué d'immigrants qui viennent ici pour essayer de donner une vie meilleure à leurs enfants et je crois que c'est tout à l'honneur du pays. »

L'émission se concentre sur la famille Kim, Appa, Umma et leurs enfants, Janet et Jung. Ils exploitent un dépanneur situé dans le quartier Regent Park à Toronto.

La pièce, écrite par Choi, a fait ses débuts en 2011 au Fringe Festival et est instantanément devenue la favorite du public, remportant les honneurs de la Pièce découverte.

Le théâtre Soulpepper Theatre Co. a repris la pièce l'année suivante et a récolté plusieurs éloges, dont deux prix Theater Critics à Toronto.

La pièce a été adaptée pour la télévision et la CBC a récemment annoncé qu'elle avait commandé une deuxième saison. Soulpepper fait aussi une tournée nationale avec la pièce. Elle s'est récemment arrêtée à Halifax et à Montréal. Elle passera par New York en juillet.

« Quand j'ai écrit la pièce pour la première fois, tout ce que je voulais, c'était la partager avec le public. C'est tout. Tout au long du chemin, son accueil n'a fait que me surprendre, explique Choi.

« Et le plus important en ce qui concerne sa présentation à la télévision, c'est que je ne voulais pas ruiner la réputation de la pièce. Donc, en créant l'émission télé, l'idée était plutôt d'essayer de maintenir ce qui fonctionnait dans la pièce et nous avons réussi à le faire. »

Choi est né en Corée du Sud, mais a déménagé au Canada lorsqu'il avait un an. Il a grandi à Scarborough et habite maintenant à Toronto avec son épouse et ses deux enfants.

Bien qu'il ait grandi dans une famille d'immigrants coréens, il dit que la famille Kim n'est pas nécessairement fondée sur la sienne.

Selon lui, « le sujet des immigrants est là, bien entendu, le thème des nouveaux arrivants au Canada. Mais en discutant avec beaucoup de gens, ce qui ressort vraiment c'est qu'ils sont une famille, c'est une émission à propos d'une famille. Et les raisons pour lesquelles ils aiment l'émission ont très peu de liens avec le fait qu'ils sont Coréens. Ça parle de parents et ça parle d'enfants

« Ce n'est pas autobiographique. Le personnage d'Appa n'est pas mon père, mais certains aspects de mon père se retrouvent certainement chez Appa.

« C'est un peu comme voler à tous ceux que vous connaissez et essayer de trouver la meilleure formule pour raconter une histoire et une comédie. Plusieurs personnes que je connais s'y trouvent, mais personne en particulier. »

Choi écrit présentement la deuxième saison de Kim’s Convenience et dit qu'il ne ressent aucune pression le poussant à écrire les personnages de façon à ce que le public rie avec eux plutôt que de rire de certains stéréotypes raciaux.

Il s'explique : « Il y a toujours un fond de vérité, un brin de vérité dans tous les stéréotypes, mais c'est d'utiliser ces stéréotypes et les retourner sens dessus dessous, car il ne s'agit pas d'un Coréen propriétaire de commerce qui parle mal l'anglais et qui reste au fond. En fait, c'est à propos d'un Coréen propriétaire de commerce situé à l'avant-plan, en plein milieu, qui parle et qui interagit avec les clients.

« Ce n'est donc pas uniquement un aperçu de personnage, ce qui représenterait une caricature, mais plutôt un personnage pleinement vécu. »

Il y a plusieurs années, Choi a participé à des consultations qui cherchaient à récolter des idées et des avis concernant une expansion pour le Musée canadien de l'immigration du Quai 21.

En janvier, alors qu'il était à Halifax pour le lancement de Kim’s Convenience au théâtre Neptune, Choi a eu l'occasion de faire la visite du Musée agrandi. C'était la première fois qu'il venait sur place depuis les consultations.

Il dit qu'il a été surpris d'apprendre que certaines de ses suggestions, comme le programme d'artiste en résidence qui en est maintenant à sa deuxième année, ont été adoptées.

Comme personne ayant grandi dans une famille immigrante, il a dit qu'il ressentait un lien avec le Musée et avec l'endroit lui-même.

« Ça m'a vraiment ému et je crois que c'est un musée très important, affirme-t-il.

« C'est une célébration de notre histoire. À mon avis, c'est l'histoire du Canada avec toutes ses verrues, ses ecchymoses et ses coupures. Il est ouvert de façon flagrante à propos de certaines des choses honteuses qui se trouvent dans le passé du Canada, mais est une célébration de la façon dont nous nous sommes rapprochés, tout particulièrement au cours des dernières années. »


Ins Choi visite l'exposition du Quai 21.