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L'immigration vers un nouveau pays représente toute une panoplie de défis, comme s'habituer à de nouvelles coutumes, traditions et langues.

Le dur hiver canadien signifie que certains nouveaux arrivants ont un autre défi de taille à relever, ce qui peut rendre plus difficile leur transition.

Cela dit, ces nouveaux Canadiens en viennent le plus souvent à s'habituer à l'hiver et, dans bien des cas, à en rire.

Clarecia Christie est née et a grandi à Kingston, en Jamaïque, mais elle a immigré à Toronto en 2005.

Apprendre à s'habiller chaudement était l'un des plus gros défis, surtout lorsque le refroidissement éolien portait la température à -30 degrés.

« Je vous dis, si je n'avais pas eu besoin de me rendre où j'allais, je serais rentrée chez moi. C'était exactement comme— on aurait dit que le froid me brûlait le visage, c'était cela que je ressentais, a-t-elle dit lors d'une entrevue d'histoire orale.

Je me souviens avoir remonté mon foulard pour couvrir ma bouche. Je devais vraiment avoir l'air étrange― je ne sais pas― je me souviens que je marchais dans la rue, et j'ai vu ma réflexion dans une glace; c'était la vitrine d'un magasin, mais elle faisait comme un miroir. J'ai regardé, et je ne me reconnaissais pas. Je ne voyais que mes yeux. »

Maria Rosario Pagano immigrante italienne, est arrivée à Halifax avec ses enfants, Luigi Antonio et Maria Grazia, le 20 novembre 1961.

La réalité de leur nouvelle vie a frappé Maria Rosario pendant le voyage en train vers Montréal, où elle et sa famille devaient rencontrer son mari, Antonio, qui y avait déménagé en 1958.

« En chemin, il y avait beaucoup de neige. En certains endroits, la neige était très haute, et il faisait très froid, raconte-t-elle. Nous étions accoutumés à un climat tempéré; les vêtements d'hiver que nous avions apportés ne nous protégeaient pas vraiment. Je regardais sans cesse pas la fenêtre, et je me disais, "Mais où sommes-nous? En Sibérie?" »

Dorothy Van Helvert immigrante néerlandaise, est arrivée à Halifax avec sa famille en mai 1950 avant de continuer vers Port Rowan, en Ontario.

À seize ans, elle ne savait pas à quoi s'attendre une fois l'hiver venu.

« Notre premier hiver canadien était terrible, car nous n'avions pas l'habitude de voir de la neige de novembre à avril! Nous n'avions ni les bottes ni les vêtements chauds nécessaires, ni l'argent pour nous en procurer », explique-t-elle.

L'immigrant allemand Christine Schlechta est arrivé à Halifax la veille de Noël, le 1951, avant de se rendre en Ontario en passant par Montréal.

Deux enfants attachent des bras à leur mère en marchant sur une route enneigée.

La famille Schlechta à Bridgeport, Ontario.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [DI2014.393.8]

« Ce dont je me souviens le plus de Montréal, c'était le ciel bleu, l'air pur, et le froid intense qui vous glaçait jusqu'aux os, se rappelle-t-il. Un dimanche, nous avons marché jusqu'en haut du Mont-Royal et nous avons regardé des enfants faire du toboggan sur de drôles de planches en bois qui étaient courbées vers le haut à l'avant. Nous nous ennuyions de notre magnifique traîneau alpin, où nous étions assis sur un siège de tissu à 30 cm du sol. »

Née en Colombie Monica Valencia et sa famille se sont rendus aux États-Unis en 2000, mais ont plus tard déménagé à Windsor, en Ontario, en 2002.

C'est lorsqu'elle a vu de la neige pour la première fois qu'elle a commencé à se sentir canadienne.

« J'étais dans mon cours de géographie, où nous avions deux fenêtres. Et j'ai regardé à l'arrière, et j'ai vu qu'il neigeait. Et je me suis penchée vers ma voisine et j'ai dit, "Oh, il neige! C'est la première fois que je vois de la neige." Elle l'a alors dit à l'enseignante, qui a arrêté le cours, et tout le monde s'est levé. Elle m'a emmenée à la fenêtre, se souvient-elle.

Ils ont commencé à m'expliquer la neige, et les enfants ― bien, les enfants, je veux dire mes camarades de classe ― ont commencé à m'expliquer le type de vêtements qu'il faut porter. J'ai vraiment aimé cette expérience, parce que j'ai eu l'impression qu'ils se préoccupaient de mon expérience, et qu'ils voulaient partager quelque chose avec moi. Aux États-Unis, en revanche, on aurait dit que personne ne pensait à moi ou à ce que je vivais. »

Alix Pinciv a déménagé de Dijon, en France, vers la ville de Québec en janvier 1999 et, bien que certains auraient pu se plaindre de l'hiver glacial, elle a eu la réaction contraire.

« Il faisait moins quatorze ou moins quinze, un très, très beau soleil, et wow, c’était—C’était vraiment bien. À Dijon, avec mon manteau, j'aurais été mouillée et j'aurais eu froid, mais ici, il me tenait au chaud, explique Alix, qui a par la suite déménagé à Terre-Neuve.

J’ai pas changé de manteau en fait entre la France et le Québec. Et j’ai trouvé ça― non, c'était beau—la neige, ça brillait partout. J’ai trouvé ça beaucoup plus ensoleillé que là d’où je viens. Je trouvais que les gens se plaignaient un peu pour pas grand-chose, parce que c’est sec et c’est ensoleillé. Donc il n'y a pas de quoi se plaindre. »

Christine Welldon immigrante anglaise, est arrivée à Montréal en juillet 1958 et a ensuite déménagé à Thunder Bay, en Ontario.

Elle se souvient clairement que son premier hiver les a « ravis », elle et ses frères et sœurs.

« Mais je me souviens que ma mère essuyait ses larmes en faisant la vaisselle, car elle regardait par la fenêtre et il y avait 4 pieds de neige, dit-elle. Le patinage et la luge étaient de toutes nouvelles expériences, et les cieux étoilés ont été une extraordinaire introduction pour notre première année au Canada. »

De jeunes enfants patinent sur une surface glacée.

Des enfants évacuées britanniques patinent à Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard, vers 1940-1945

Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [DI2014.226.4]