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Nous avons des choses très précieuses au Musée canadien de l'immigration du Quai 21. Certaines ont des centaines d'années et d'autres sont relativement nouvelles. L'une de nos nombreuses richesses est âgée de quatre-vingt-dix ans.

Portrait de la tête et de l’épaule d’une belle jeune femme.

La photo de fiançailles de Marianne.
Musée canadien de l’immigration du Quai 21 [S2012.122.1]

Marianne Ferguson avait treize ans lorsque son père avait sauvé sa famille de l'Holocauste en obtenant la permission de venir au Canada. Ils étaient arrivés au Quai 21, le 7 mars 1939 et y avaient été accueillis par Sadie Fineberg de la Société d'aide aux immigrants juifs. Elle les avait présentés à des gens si aimables qu'ils avaient décidé de demeurer en Nouvelle-Écosse au lieu d'aller à Montréal tel que prévu. Alors que la guerre faisait rage en Europe, le papa de Marianne, pharmacien, et son élégante mère étaient devenus fermiers, et de bons fermiers.

Après avoir été si bien traitées lorsqu’elles étaient arrivées, Marianne et sa mère, étaient retournées au Quai 21 après la guerre. Elles prodiguaient de l'aide et de l'affection à ceux et celles qui avaient survécu à l'Holocauste, contrairement à leur parenté en Europe.

Plusieurs années plus tard, J.P. LeBlanc et Trudy Mitic écrivaient Le Quai 21 : la porte d'entrée qui a changé le Canada (Pier 21: The Gateway that Changed Canada) et Marianne était appelée pour une entrevue. Les souvenirs de sa mère et de leur travail bénévole après-guerre lui revenaient en mémoire lorsque Marianne rejoignait les auteurs dans le hangar, pas encore rénové du Quai 21, pour le lancement du livre. Elle avait offert d'aider la Société du Quai 21 au moment où ils travaillaient à faire de ce hangar un lieu historique national. Les années passaient pendant que J.P. LeBlanc, Ruth Goldbloom et de nombreux autres bénévoles faisaient du rêve d'un musée au Quai 21 une réalité.

En 1999, le premier travail bénévole sans prestige de Marianne consistait à déballer des boîtes de produits et à leur fixer un prix, pour la boutique de cadeaux. Une fois le musée ouvert, elle avait commencé à faire des visites intéressantes combinant son histoire personnelle avec celle du site. Elle y accueillait depuis des centaines de groupes d'écoliers jusqu’aux ambassadeurs en visite, suggérant à ses invités une véritable une vénération pour le Quai 21. Lorsque demeurer debout pendant de longues périodes de temps était devenu un défi, Marianne se donnait l'énorme tâche de dactylographier les souvenirs d'immigration écrits à la main, parfois longs comme des livres. Des centaines de souvenirs sont accessibles aujourd’hui grâce à son travail minutieux.

C’est à cette époque que le Conseil juif de l'Atlantique recevait un appel d'un survivant de l'Holocauste, à Montréal. Nathan Wasser était à la recherche d’une femme et de sa fille qui lui avaient donné 20 $ et qui lui avaient dit que tout irait bien et qu'il serait un bon Canadien. Nathan ne les avait jamais oubliées et ainsi en août 2003, ils s’étaient retrouvés au Quai 21. Ils sont demeurés des amis proches jusqu'à sa mort en 2015.

Un vieux couple souriant se trouve au musée Pier 21.

Nathan Wasser et Marianne

Marianne accueillait des visites spéciales pour les survivants du navire le Saint-Louis ainsi que des dignitaires internationaux. Elle avait traduit des documents de l'allemand, contribué à des expositions au Musée maritime de l'Atlantique et aux Archives de la Nouvelle-Écosse et, depuis 1999, elle n'avait jamais manqué de couper le gâteau représentant le drapeau, au Quai 21, lors de la fête du Canada.

Jusqu'à son quatre-vingt-dixième anniversaire, Marianne venait une fois par mois pour cuisiner pour le personnel et les bénévoles. Elle le faisait de la façon qu’elle avait toujours fait, bien et avec amour. Marianne prenait récemment sa retraite du bénévolat et sa sagesse manque à tout le monde, de même que son sourire et l'odeur de biscuits remplissant les bureaux. Nous allons maintenant vers elle pour des encouragements et de l'inspiration. Elle demeure notre plus grande richesse.

Une vieille dame souriante tient un plat de biscuits fraîchement cuits et les tient à la caméra.

Marianne dans la cuisine des employés.