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En décembre 1944, la famille d’Ausma, composée de cinq personnes avait dû fuir sa ferme en Lettonie. La guerre avait perturbé leur vie et Ausma et sa famille n'avaient eu d'autre recours que d'abandonner leur maison et de quitter leur mère patrie.

« Tout espoir d'une vie normale après quatre ans de destruction avait disparu », dit Rowberry. « Pendant trois mois, nous nous sommes abrités contre les combats et les éléments là où nous pouvions, principalement dans les bois. »

Finalement, Ausma et sa famille se sont rendus à un camp de personnes déplacées en Allemagne, où ils ont passé les quatre années suivantes. Après la guerre, Ausma et sa famille ont été parmi les millions de personnes déplacées, en Europe.

« Notre ferme était en décombres. La Lettonie n’existait plus, le retour était donc impossible! Notre patrimoine avait été détruit et ne nous appartenait plus. La principale préoccupation était de savoir comment nous allions subvenir aux besoins de la famille, où et comment nous allions assurer notre avenir », affirme Rowberry. « La vie quotidienne dans les camps de personnes déplacées après la guerre était devenue plus stable en raison de l'aide humanitaire reçue. Cependant, il y avait peu d'espoir pour les réfugiés de se reconstruire une vie dans une Europe déchirée par la guerre. »

A la fin des années 1940, de leurs proches avaient obtenu l'autorisation de venir au Canada sous les auspices de l'Organisation internationale pour les réfugiés. Après approbation, sa famille immigrait au Canada, en deux étapes : en 1948, le père et le frère d’Ausma immigraient au Canada pour travailler comme ouvriers. Un an plus tard, elle montait à bord du Samaria, avec sa mère et sa sœur.

« Les mois de séparation avaient été à la fois inquiétants et occupés. Maintenant, c’était à notre tour d'aller devant la commission et d’attendre que quelqu'un détermine si nous étions de bons candidats pour le Canada »', rappelle Rowberry. « Attendre ce verdict n’était pas moins intimidant que d'attendre lors de précédentes occasions un jugement qui permettrait de déterminer si oui ou non nous étions dignes d’obtenir de la nourriture ou un abri. »

Alors que leur navire traversait l'Atlantique, les fonctionnaires canadiens étaient occupés à organiser une cérémonie afin de reconnaître la 50 000e personne déplacée arrivant au Canada. Sachant que le prochain navire, le Samaria marquerait cette étape, ils avaient choisi une fillette lettonne de huit ans, pendant qu'elle était quelque part, au milieu de l'Atlantique, comme étant la 50 000e personne déplacée.

À l'arrivée au Quai 21, Ausma était prise à part et un grande affiche avait été accrochée à son cou pour marquer une étape importante dans le plan d'immigration du gouvernement canadien. Ausma Rowberry, née Levalds, étaient nommé la 50 000e personne déplacée arrivant au Canada.

Les journalistes et les fonctionnaires s’étaient réunis dans la salle de rassemblement du Quai 21 afin de faire des discours et des présentations. Elle recevait un certain nombre de cadeaux, une poupée, un médaillon, une Bible et d'autres livres, de la part du maire et de différents fonctionnaires d’immigration à l'époque.

« Lorsqu’une grande affiche, portant le numéro 50 000, a été accrochée à mon cou, j’étais totalement abasourdie par la procédure. J’étais confuse par toute cette agitation, inquiète et frustrée par les tentatives constantes qu'ils avaient à vouloir me séparer de ma mère et de ma sœur », dit Rowberry. « Nous avions été conduites dans une salle de rassemblement pour la cérémonie. Les flashs et les micros étaient déconcertants et exigeants! Malheureusement, j’avais été incapable de me conformer comme je ne comprenais ni ne parlais l’anglais. »

Même si elle ne comprenait pas le sens de personne déplacée depuis de nombreuses années, elle avait trouvé extrêmement douloureux d’être appelée personne déplacée. Cependant, Ausma adorait les cadeaux et les bienvenues qu’elle recevait à son arrivée au Quai 21.

« L'ultime «cadeau» ne peut pas être vu ou touché, mais vécu! Le Canada m'a permis de devenir une citoyenne canadienne, m'a donné un avenir, celui de la liberté d'expression et de religion, la possibilité de faire des choix, me permettant de déterminer mon avenir! Je suis éternellement reconnaissante au Canada pour tous ces cadeaux et privilèges! »

La valise d'Ausma Levalds Rowberry est présentée dans la salle de rassemblement, à l’intérieur la salle Rudolph P. Bratty, parce que c’est là où elle a été nommée la 50 000e personne déplacée. La valise d’Ausma présente des reproductions de sa documentation originale de l’Organisation internationale des réfugiés, une entrevue d'histoire orale avec elle et des images d'archives d’elle, au Quai 21.