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Née dans un camp de réfugiés en Autriche, Claudia Covalciuc y a vécu avec sa mère pendant les six premiers mois de sa vie. Peu après sa naissance, la mère de Claudia s’est vue donner le choix d’immigrer en Australie ou au Canada. Ayant choisi le Canada, elles ont reçu des billets aller simple pour London, en Ontario, où Claudia a résidé avec sa mère, pendant les 11 premières années de sa vie.

La vie au Canada n'a pas toujours été simple. Ayant été élevée par une mère célibataire, leur situation financière les a souvent trouvées en dessous du seuil de pauvreté. Comme les années passaient, la vie au Canada ne s’est pas améliorée. Après avoir terminé sa quatrième année, Claudia et sa mère sont retournées en Roumanie pour chercher un soutien pour l’enfant auprès du père de Claudia. Initialement, les deux avaient prévu revenir au Canada à temps pour que Claudia puisse débuter l'école à l'automne. Cependant, les circonstances ont changé et elles sont restées en Roumanie.

« Ma première réaction était de l'excitation», dit Claudia Covalciuc. « J’allais faire l'expérience de ma culture. Mais cela a été un énorme choc culturel. Grandissant comme Canadienne, je ne me voyais pas vraiment comme immigrante ou réfugiée. Même la langue et la culture étaient différentes. »

L'excitation d'être revenue dans son pays natal s’est rapidement dissipée alors que Claudia devait grandir vite. Le duo a été de nouveau confronté à la pauvreté. Sans abri et avec très peu d'argent, Claudia a travaillé pour soutenir sa mère malade et elle-même. Le but ultime de Claudia était de revenir au Canada pour retourner à l'école.

Bien qu’encore enfant, Claudia croyait que l'ambassade du Canada en Roumanie l’aiderait comme elle avait reçu sa citoyenneté canadienne, à l'âge de quatre ans. Elle a dû écrire des lettres sollicitant l'aide de l'ambassade du Canada en Roumanie. Malheureusement, en raison du fait qu'elle était mineure, ils ne disposaient pas de soutien en place pour elle et l’encourageaient à demeurer à l'école en Roumanie.

« Il m'a fallu quelques jours pour m’en remettre, étant dévastée et ayant le cœur brisé de ne recevoir aucune aide», se souvient Claudia Covalciuc. « Ce fut probablement le moment de ma vie où je me suis sentie le plus seule. Je me souviens d’avoir pensé, si je reste ici, je vais probablement finir par mourir. »

Claudia a persévéré et a continué à économiser de l'argent. Elle savait que si elle continuait à vivre dans ces circonstances, sa vie ne ferait qu'empirer.

Une seconde chance…

Claudia a atterri à Halifax, Nouvelle-Écosse, à l’âge de 16 ans. L’ami qu’elle s’était fait en ligne ne s’est jamais pointé et sans argent pour une navette ou un taxi, Claudia n’était pas sûre de l’avenir. Ayant perdu tout espoir, elle s’est assise à l’Aéroport international de Stanfield de Halifax, comme si c’était la fin du chemin. Mais une étrangère la voyant pleurer lui a offert de venir à la maison, chez les autochtones d’Eskasoni.

« Je suis arrivée à l'aéroport de Halifax, seule, avec un sac de vêtements et un passeport expiré, » raconte Claudia. «Je ne connaissais personne, je n’avais pas de repère. J’étais absolument terrifiée. »

Passant par-dessus le fait d’aider la jeune étrangère, les deux femmes autochtones qui avaient offert leur aide étaient encore un peu sceptiques ne sachant rien de la jeune fille qu'elles avaient simplement invitée à la maison.

Quand elles sont arrivées à Eskasoni, Claudia a pu prendre un peu de repos. Peu de temps après, elle a été amenée au poste de police local où elle a été interrogée par les autorités. L'officier de police a eu l’assurance que Claudia disait la vérité. Elles pouvaient la prendre à la maison.

« C’était presque une histoire de Cendrillon. Je vivais avec ma nouvelle famille, ma chambre était sous l’escalier, sans porte », dit Claudia. « Mais ce n’était pas important. J’étais tellement reconnaissante d'avoir un lit où poser ma tête. »

Après s’être installée avec sa nouvelle famille, Claudia s’est inscrite à l'école secondaire et a excellé comme étudiante méritante. Cependant, son succès à l'école est venu avec des difficultés alors que Claudia travaillait à plein temps pour subvenir à ses besoins et pour ne pas être un fardeau pour sa famille.

« Ma vie de jeune fille canadienne de 16, 17, 18 ans, était extrêmement différente de celle d'une adolescente canadienne de naissance », dit Claudia. « Après avoir passé une série de tests, ils ont voulu me placer en douzième année. Mais je me suis sentie comme si on me volait mon enfance. J’ai donc obtenu de débuter la dixième année. Je désirais faire l'expérience de l'école secondaire. »

Claudia sera toujours reconnaissante pour la compassion et la bonté qui lui ont été accordées à son arrivée à Halifax. Et avec le soutien continu de la communauté autochtone d’Eskasoni, Claudia a obtenu un baccalauréat en criminologie et en sociologie de l'Université Sainte-Marie, il y a trois ans.

"Quand je suis revenue au Canada, à la fin de mon adolescence et au début de ma vingtaine, j’ai dû me redéfinir comme Canadienne et j’ai dû rendre concret le fait que oui, je suis une Canadienne », dit Claudia. « Plus important encore, je m’identifie aux les communautés autochtones. Voilà mon principal objectif. Elles seront toujours ma famille. Mes racines sont définitivement intégrées dans les communautés, dans la culture, dans la tradition. »