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Une mère et une soeur fuient la dévastation de la Second Guerre mondiale et écoutent la fanfare de l’Armée du Salut

Adaptée de l’article original d’Andy Kalnins publié le 19 décembre 2009

Illustration de quatre membres de l’Armée du Salut jouant des instruments de musique.

24 décembre 1949, la température était presque douce depuis un certain temps à Halifax, mais après que l’obscurité soit tombée la veille de Noël elle est descendue sous zéro.

Plusieurs sont restés à la maison avec leur famille, ont mangé et célébré. D’autres se sont probablement préparés pour la messe de minuit. Beaucoup ont profité des postes de radio du grand New York, comme WOR et WQXR, qui ont diffusé sur l’Atlantique cette nuit-là, ce qui a permis aux résidents de Halifax de célébrer cette soirée comme s’ils faisaient partie eux-mêmes de la “Grosse Pomme”.

Un son agréable

Rien de tout cela n’était connu de ma sœur ou de ma mère. Quand le soleil se couchait, elles étaient toujours sur l’Atlantique, à bord ‘un navire plein de “PD”, en route pour le Quai 21, le grand terminal pour les immigrants à cette époque. Elles parlaient à peine l’anglais, mais elles savaient que « DP » désignait les « Personnes Déplacées”, un euphémisme pour ceux et celles qui n’avaient pas de chez soi. Ma mère et ma sœur avaient été contraintes de fuir leur Lettonie natale pour échapper à l’occupation soviétique, suite à la Seconde Guerre mondiale. Elles se sont morfondues dans un camp de réfugiés en Allemagne pendant quatre ans et elles étaient maintenant en direction de la seule lumière à l’horizon, le phare qui gardait l’entrée du port de Halifax.

Elles étaient reconnaissantes et pleines de ressentiment, heureuses, effrayées et tristes. Rapidement, elles sont passées devant le phare. Elles étaient là, dans une ville inconnue, dans un pays étranger. Et encore plus, c’était la veille de Noël, et comme le navire accostait le long du Quai 21, on leur a dit qu’aucun dossier de réfugié ne serait traité cette nuit-là. Elles devaient passer une autre nuit sur le navire. Si seulement il y avait un signe, peut-être un petit aperçu de ce qui allait suivre.

Sortant de l’obscurité du quai, soudainement le son d’une fanfare qui jouait des chants de Noël : Joie au monde, Ô peuple fidèle, Douce nuit. C’était une fanfare de l’Armée du salut. Je peux imaginer la joie et la sérénité qui flottaient sur les ponts de ce vieux navire rouillé.

Illustration des mêmes membres de l’Armée du Salut.

Sans doute, chaque musicien sur le quai était loin de sa famille et de ses amis ce soir-là pour jouer de la musique dans l’air glacial. Nul doute que, une fois entrés chez eux, il leur faudrait beaucoup de temps pour se dégeler les lèvres et réchauffer leurs doigts. Mais le cœur de ma mère et de ma sœur était rempli de ce qu’il n’avait pas eu depuis des années : l’espoir.

Illustrations: Dennis Currie

Article original : Andy Kalnins

http://salvationist.ca/2009/12/hope-at-pier-21/